Tsunami Asie - Un mois après le tsunami, l'heure des premiers comptes

Indonésie Janvier 2005
Indonésie Janvier 2005 ©Christian Aslund

Le budget de nos opérations auprès des victimes du tsunami atteint pour l'instant 25 millions d'euros. Les sommes collectées pour cette urgence (plus de 90 millions d'euros) sont supérieures aux dépenses envisagées. Le dire est une question d'honnêteté et de transparence, car nos actions dépendent des besoins, et non des fonds disponibles. MSF contactera donc individuellement des donateurs pour leur demander s'ils acceptent que leur don soit dépensé sur d'autres crises et d'autres urgences. Dans le cas contraire, nous les rembourserons.

Le tsunami a suscité un élan de générosité sans précédent. Les différents bureaux de MSF à travers le monde ont reçu plus de 90 millions d'euros de dons privés affectés à nos opérations de secours auprès des victimes de cette catastrophe. Nous sommes extrêmement touchés et reconnaissants de cette générosité qui permet à nos équipes d'apporter une assistance médicale, sanitaire, logistique et psychologique aux personnes les plus vulnérables pour les aider à reprendre le fil de leur vie. Pour la première phase opérationnelle, le budget de nos activités atteint pour l'instant 25 millions d'euros. Ces dépenses se concentrent principalement sur l'Indonésie et le Sri Lanka, où 10 millions d'euros (8 en Indonésie, 2 au Sri Lanka) ont déjà été dépensés pour répondre aux besoins immédiats.

Budget opérationnel de MSF :

- Indonésie : 13,0 M€
- Sri-Lanka : 2,7 M€
- Inde : 0,85 M€
- Malaisie : 0,06M€
- Thaïlande : 0,1 M€
- Divers : 7,5 M€ (principalement Indonésie et Sri Lanka)

TOTAL = 24,21 M€

Plus de dons que de dépenses envisagées

Vu l'ampleur de la catastrophe et son étendue géographique, il est encore trop tôt pour arrêter des budgets définitifs sur le moyen et le long terme. Ainsi, des missions d'évaluation sont toujours en cours sur le terrain. Elles pourraient déboucher, en fonction des besoins spécifiques détectés par nos équipes, sur des dépenses supplémentaires pour soutenir les victimes du tsunami dans une deuxième phase étalée dans la durée.

Néanmoins, vu l'importance des dons dédiés à cette urgence en Asie - nous avons reçu autant que l'ensemble du budget 2003 pour nos activités cumulées en Angola, en Afghanistan, en République Démocratique du Congo, au Liberia et au Soudan (les cinq pays où MSF est le plus intervenue cette année-là), et plus du double du budget 2004* de nos opérations d'urgence dans la région du Darfour au Soudan -, les sommes collectées sont supérieures aux dépenses envisagées pour nos opérations de secours liées au tsunami. C'est pourquoi, une semaine après la catastrophe, dans un esprit de transparence et d'honnêteté vis-à-vis de nos donateurs, nous avons pris la décision de suspendre la collecte pour cette urgence. Le 4 janvier, au vu des dons déjà encaissés (plus de 40 millions d'euros), nous estimions déjà avoir reçu suffisamment pour couvrir le coût de nos interventions dans la région.

Aider en fonction des besoins, pas des fonds disponibles

Bien que MSF reste engagée à travailler, dans le futur, dans la province d'Aceh et dans d'autres régions dévastées par le tsunami, MSF contactera individuellement des donateurs pour leur demander s'ils acceptent que leur don dédié au tsunami soit dépensé sur d'autres crises et d'autres urgences. Ce sont les besoins des populations qui déterminent les activités que mène MSF. Se baser sur les fonds disponibles pour gonfler artificiellement nos activités constituerait une dérive dangereuse. Cela se ferait au détriment de la pertinence et de l'efficacité de nos opérations, au détriment également de besoins urgents et massifs qui ne seraient pas pris en charge sur d'autres crises. En outre, les Etats ainsi que d'autres organisations sont souvent plus adaptés pour mener à bien des programmes de reconstruction ou de développement à long-terme et à grande échelle.

MSF est avant tout une organisation humanitaire médicale d'urgence dont les volontaires viennent en aide aux populations les plus vulnérables dans le cadre de conflits ou de catastrophes à travers le monde. Notre association mène des programmes dans plus de 70 pays et a toujours besoin d'argent pour financer ses projets dans des zones qui suscitent une attention médiatique bien moindre - par exemple les conflits en République Démocratiques du Congo ou en Somalie - et auprès des victimes des grandes pandémies comme le sida, le paludisme et la tuberculose. Le soutien des donateurs privés du monde entier est essentiel pour MSF. C'est ce qui nous permet de réagir rapidement et efficacement lors d'urgences. MSF est convaincue que ses donateurs comprendront la demande d'utiliser leur argent pour d'autres crises. Notre décision est la conséquence directe de notre engagement d'utiliser nos fonds de manière éthique et efficace, pour apporter une aide médicale appropriée aux populations les plus vulnérables. Néanmoins, si des donateurs contactés préféraient être remboursés, nous respecterions bien entendu leur souhait.

Dossier spécial Tsunami

Pour plus d'informations sur les différentes actions menées par MSF lors de cette catastrophye, consultez notre dossier spécial Tsunami.

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