Paludisme : plus de 5.000 patients soignés par semaine

Prise en charge de la malaria camp de Doro; Soudan du Sud
Prise en charge de la malaria camp de Doro; Soudan du Sud ©Corinne Baker/MSF

Les équipes MSF présentes à Akuem, une localité du comté d'Aweil Est dans la province du Bahr-el-Ghazal, au sud du Soudan, font face à un important afflux de malades du paludisme dans leurs centres de santé depuis la fin du mois de juin. Plus de 52 000 personnes ont déjà été soignées ces 4 derniers mois, dont plus de 800 cas sévères.

"Le paludisme est endémique dans la région, mais nous assistons cette année à une augmentation soutenue du nombre de cas par rapport aux années précédentes", note Greg Elder, coordinateur médical de MSF. "En juillet, le nombre de consultations et d'hospitalisations dues au paludisme a explosé à Akuem. Nous avons soigné près de 5 fois plus de malades que l'année dernière à la même époque." Cette augmentation du nombre de cas intervient également tôt dans l'année, le pic de paludisme pendant la saison des pluies étant généralement observé en août.

MSF a augmenté sa capacité de prise en charge et l'a étendu au comté d'Aweil nord. Les équipes soignent dans 4 structures fixes MSF à Akuem, Mangar Angui, Madhol (Aweil Est) et Gok Machar (Aweil Nord). Des cliniques mobiles ont également été créées pour pouvoir soigner les malades isolées : les pluies, particulièrement abondantes cette année, ont transformé toute la région en marécages, empêchant les malades de rejoindre les structures de santé. Depuis fin août, 15 équipes mobiles ont permis de soigner 29 000 personnes, dont la moitié sont des enfants de moins de 5 ans.

Dans chaque village, les équipes diagnostiquent soignent et délivrent des médicaments à des centaines de personnes lors de chaque passage. "Ces équipes mobiles sont le seul moyen de soigner directement dans leurs villages tous les malades isolés dans ces régions devenues inaccessibles à cause de la montée des eaux", explique Greg Elder. "Elles évitent ainsi la mort d'enfants et de personnes vulnérables qui seraient, sans cette aide, restés bloquées chez elles." Plus de 52 000 personnes ont déjà été traitées ces 4 derniers mois, dont plus de 800 cas sévères. En moyenne, 5000 personnes sont soignées chaque semaine dans les structures fixes de MSF et grâce aux cliniques mobiles.

Cette recrudescence de cas de paludisme fait suite à une importante crise alimentaire qui a touché la province depuis le mois d'avril. En plus du Centre Nutritionnel Thérapeutique (CNT) déjà ouvert au sein de l'hôpital d'Akuem, Médecins Sans Frontières a ouvert deux autres CNT et 3 Centres Nutritionnels Supplémentaires (CNS) à Madhol et Gok Machar. Sur 6 mois, 1400 personnes sévèrement malnutries ont été prises en charge dans les CNT et 12 000 dans les CNS. La diminution du nombre de cas a permis de transformer ces structures de prise en charge de la malnutrition en centre de soins pour le paludisme.

Les enfants de moins de 5 ans, déjà affaiblis par la malnutrition, se sont trouvés encore plus vulnérables cette année. Deux ans de sécheresse suivis cette année d'une saison des pluies plus intense que les années précédentes ont favorisé la création d'un environnement favorable à la multiplication des moustiques, vecteurs du parasite du paludisme. Les équipes de Médecins Sans Frontières s'attendent à devoir soigner un nombre élevé de malades du paludisme jusqu'à la fin de l'année.
 

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