Mali, décembre 2009. Le paludisme y est en problème majeur pendant la saison des pluies © Barbara Sigge/MSF

Mali, décembre 2009. Le paludisme y est un problème majeur pendant la saison des pluies. © Barbara Sigge/MSF

Le paludisme, ou 'malaria', est la maladie parasitaire la plus répandue au monde, avec près de 200 millions de cas enregistrés en 2013 (source: OMS).

Due à un organisme unicellulaire, le plasmodium, qui s’attaque au globule rouge de l’hôte, il en existe 4 formes dont une seule est mortelle : le paludisme à plasmodium falciparum.

Les ACT (artemisinine-based combination therapy, 'combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine') représentent un traitement efficace et accessible, mais la récente apparition de résistances à l'artémisinine est source d'inquiétude.


SERIE DOCUMENTAIRE « GRANDES TUEUSES »

La Fondation Mérieux, l’Inserm, l’Institut Pasteur, Réseau CANOPE, MSF, Universcience, le DNDi… Les principaux acteurs français de la lutte contre les maladies infectieuses présentent la série et le webdocumentaire Grandes Tueuses, disponibles en ligne dès maintenant. Conçues comme un outil de sensibilisation pour le grand public et les acteurs de terrain, les 70 vidéos décrivent 14 grandes problématiques de santé publique et sont en open data, en libre accès et libre utilisation.

Découvrez la série sur le paludisme :

 

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Construit autour de sept pathologies, ce webdocumentaire propose à l’internaute une découverte interactive et multimédia de l’antibiorésistance, du virus Ebola, de l’hépatite C, du paludisme, de la rougeole, de la tuberculose et du VIH-Sida. Les modules vidéo sont enrichis par une sélection de liens permettant d’en savoir plus.

Causes

Le paludisme est transmis à l’homme par un moustique, l’anophèle femelle, qui pique pour se nourrir de sang et stimuler ainsi la production de ses oeufs. La ponte se fait principalement dans des eaux stagnantes (flaques d’eau, marais,... en latin, palus signifie 'marais'), ce qui explique la recrudescence de la maladie en saison des pluies.

Le moustique injecte le parasite dans le sang de la personne piquée. La parasite s’installe alors dans le foie où il se multiplie. Puis les parasites migrent dans le sang où ils font éclater les globules rouges. Quand un moustique pique une personne infectée, il devient porteur du parasite, et le transmettra lorsqu’il piquera une personne saine.

Diagnostic : quels symptômes, quelles populations à risque ?

Les symptômes du paludisme apparaissent 9 à 14 jours après la piqûre. En règle générale, le paludisme s’accompagne de fièvres importantes, frissons, douleurs articulaires, courbatures, nausées.... Il peut aussi se manifester chez l’enfant par des troubles digestifs (douleurs abdominales, diarrhées, vomissements) ou des troubles de la conscience (somnolence, délire, coma). Chez le bébé, il peut entraîner l’impossibilité de boire ou de téter. Plus fréquents chez l’adulte, les troubles rénaux ou encore l’œdème aigu du poumon sont presque toujours fatals.

En l’absence de traitement, la maladie peut être mortelle, surtout chez les personnes les plus vulnérables (enfants, femmes enceintes, vieillards, etc.).

Dépistage par test rapide

En cas de fièvre, un examen clinique doit être pratiqué pour rechercher d’autres symptômes du paludisme (anémie, maux de tête, gonflement de la rate, splénomégalie etc.). Si on trouve de tels symptômes, la suspicion de paludisme est renforcée. Pour obtenir la confirmation biologique du diagnostic, il existe alors un test diagnostique simple – pas besoin de laboratoire, il suffit de prélever une goutte de sang au bout du doigt pour la poser sur une bandelette avec un réactif – et rapide: en moins de quinze minutes, la coloration de la bandelette révèle si le test est positif ou non.

Utiliser le test de dépistage rapide du paludisme est important pour deux raisons. Un diagnostic précoce permet d’éviter l’évolution de la maladie vers une forme grave qui entraînera la mort dans près de 30% des cas. De plus, cela permet de ne traiter que les patients réellement atteints de paludisme, et limite l’apparition de résistance aux médicaments.

Epidémiologie

Le paludisme est la maladie parasitaire la plus répandue au monde puisqu'elle toucherait près de 200 millions de personnes par an. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 600 000 personnes en sont mortes en 2013.
90% des décès surviennent sur le continent africain.

Des progrès considérables... mais encore insuffisants

Après une nette augmentation du nombre de cas et de décès  dans les années '80 et '90, la lutte contre le paludisme a connu d'importants succès depuis le début des années 2000. La mortalité liée à la maladie a ainsi été divisée de près de la moitié en quinze ans, grâce notamment à des tests de diagnostic plus rapides et accessibles, et à l'utilisation de traitements à base d'artémisinine.

Cependant, l'accès aux moustiquaires imprégnées, trop chères, demeure insuffisant, tandis que l'accès aux traitements les plus efficaces reste inadéquat, notamment dans les contextes où l'instabilité et/ou le faible développement des systèmes de santé empêchent un recours rapide aux soins. Ainsi, on estime qu'en Afrique chaque minute un enfant meurt de la maladie. 

Traitement

Des traitements en danger?

L'arrivée des ACT, recommandés depuis 2001 par l'OMS pour le traitement de la maladie, a representé une avancée majeure, en ce qu'elle a permis de remplacer les anciens traitements (comme la chloroquine, la quinine ou la sulfadoxine-pyriméthamine), devenus largement inefficaces. Mais ces dernières années, des résistances à l'artémisinine ont commencé à apparaître en Asie du sud-est. L'utilisation de monothérapies (artémisinine seule, pas associée à d'autres molécules comme dans les ACT) et les interruptions de traitement (arrêt des traitements dès la disparition des symptômes) accélèrent ce phénomène. La propagation de ces résistances représente un risque majeur de santé publique, aucun nouveau médicament antipaludéen n'étant disponible avant plusieurs années.

De nouvelles stratégies préventives

Dans les régions où le paludisme est endémique et où le nombre de cas se concentre autour d'un ou plusieurs pics saisonniers, comme dans certains pays en Afrique sub-saharienne, il est possible de diminuer l'impact de la maladie par la distribution préventive d'antipaludéens ('chémioprévention saisonnière du paludisme' ou CPS). Cette stratégie, qui permet de prévenir jusqu'à 80% des cas de paludisme simple, a été introduite avec succès par MSF en 2012 au Mali et au Tchad. Depuis, elle a été adoptée par de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest. MSF a également mis en place de stratégies préventives similaires, basées sur une ou plusieurs distributions préventives de traitements, lors de crises humanitaires (réfugiés sud-soudanais en Ouganda en 2015, épidémie d'Ebola en 2014).

Par ailleurs, le premier vaccin jamais développé contre le paludisme était en instance d'homologation à l'automne 2015.