Mali, décembre 2009. Le paludisme y est en problème majeur pendant la saison des pluies © Barbara Sigge/MSF

Mali, décembre 2009. Le paludisme y est un problème majeur pendant la saison des pluies. © Barbara Sigge/MSF

Le paludisme, également appelé « malaria », est la maladie parasitaire la plus répandue au monde puisqu’elle touche de 300 à 500 millions de personnes par an.

Due à un organisme unicellulaire, le plasmodium, qui s’attaque au globule rouge de l’hôte, il en existe 4 formes dont une seule est mortelle : le plasmodium falciparum.

On dispose aujourd’hui d’un traitement très efficace : les ACT (artemisinine-based combination therapy), alors que la maladie est devenue résistante aux anciens médicaments comme la chloroquine.

Causes

Le paludisme est transmis à l’homme par un moustique, l’anophèle femelle, qui pique pour se nourrir de sang et stimuler ainsi la production de ses oeufs. La ponte se fait principalement dans des eaux stagnantes (flaques d’eau, marais,...), - en latin, «palud» signifie «marais»- ce qui explique la recrudescence de la maladie en saison des pluies.

En piquant l’homme, le moustique injecte le parasite dans le sang de la personne piquée. La parasite s’installe alors dans le foie où il se multiplie. Puis les parasites migrent dans le sang où ils tuent les globules rouges. Quand un moustique sain pique une personne infectée, il devient à son tour porteur du parasite, et le transmettra lorsqu’il piquera une personne saine.

Diagnostic : quels symptômes, quelles populations à risque ?

Les symptômes du paludisme apparaissent 9 à 14 jours après la piqûre. En règle générale, le paludisme s’accompagne de fièvres importantes, frissons, douleurs articulaires, courbatures, nausées.... Il peut aussi se manifester chez l’enfant par des troubles digestifs (douleurs abdominales, diarrhées, vomissements) ou des troubles de la conscience (somnolence, délire, coma). Chez le bébé, il peut entraîner l’impossibilité de boire ou de téter. Plus fréquents chez l’adulte, les troubles rénaux ou encore l’œdème aigu du poumon sont presque toujours fatals.

En l’absence de traitement, la maladie peut être mortelle, surtout chez les personnes les plus vulnérables (enfants, femmes enceintes, vieillards, etc.).

Dépistage par test rapide

En cas de fièvre, un examen clinique doit être pratiqué pour rechercher d’autres symptômes du paludisme (anémie, maux de tête, gonflement de la rate, splénomégalie etc.). Si on trouve de tels symptômes, la suspicion de paludisme est renforcée. Pour obtenir la confirmation biologique du diagnostic, il existe alors un test (paracheck ou care start) fiable, simple – pas besoin de laboratoire, il suffit de prélever une goutte de sang au bout du doigt pour la poser sur une bandelette avec un réactif– et rapide – au bout de quinze minutes, la coloration de la bandelette révèle si le test est positif ou non.

Utiliser le test de dépistage rapide du paludisme est important pour deux raisons. Un diagnostic précoce permet d’éviter l’évolution de la maladie vers une forme grave qui entraînera la mort dans près de 30% des cas. De plus, cela permet de ne traiter que les patients réellement atteints de paludisme, et limite l’apparition de résistance aux médicaments.

Epidémiologie

Le paludisme est la maladie parasitaire la plus répandue au monde puisqu'elle touche entre 300 millions à 500 millions de personnes par an. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus d'un million de personnes décèdent du paludisme chaque année.
90% des décès surviennent sur le continent africain.

Une maladie qui gagne du terrain

Depuis une vingtaine d’année, le paludisme s’étend. Il commence à réapparaître dans des régions dont il avait totalement disparu, comme en Turquie ou au Moyen-Orient... En Afrique aussi, il gagne de nouvelles zones, comme les collines du Burundi. Par ailleurs, il se manifeste de plus en plus souvent sous une forme aiguë catastrophique, épidémique. De 1997 à 2002, 35 régions ont connu des épidémies de paludisme. De nouvelles flambées sont récurrentes à chaque saison des pluies.
Par conséquent, les décès se sont multipliés. Le taux annuel de mortalité due au paludisme, en baisse régulière du début du vingtième siècle jusqu’au début des années 1980, a augmenté de façon spectaculaire en Afrique au cours des deux dernières décennies. Le nombre annuel moyen de cas déclarés était quatre fois plus élevé entre 1982 et 1997, qu’entre 1962 et 1981. Et le nombre de morts a été multiplié par trois.

Le paludisme, un frein au développement

En Afrique, le coût économique et social du paludisme est considérable. A l’échelon individuel, une famille pauvre africaine peut consacrer un quart de son revenu annuel à la prévention et au traitement du paludisme. A l’échelon du continent, les pertes annuelles liées à cette maladie sont estimées à 12 milliards de dollars. "Conséquence de l’effet cumulatif sur trente-cinq ans, le Produit intérieur brut des pays africains est aujourd’hui inférieur de 32% à ce qu’il aurait été sans le paludisme", déclarait l’OMS en avril 2000, lors du lancement de la campagne "faire reculer le paludisme".

Combattre le paludisme : une urgence négligée

En 2001, l’OMS créait une journée africaine contre le paludisme, chaque année le 25 avril. L’objectif, d’ici 2005, était que "60% des personnes souffrant du paludisme aient accès rapidement à un traitement adéquat, que 60% des femmes enceintes aient accès à un traitement préventif et que 60% de la population à risque utilise des moustiquaires." On est aujourd’hui loin du compte. Les moustiquaires imprégnées d’insecticide, coûteuses (3 à 4 dollars l’unité, donc hors de portée de la majorité des Africains), sont utilisées par moins de 5% des personnes « à risque » (femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans). Dans la majorité des pays africains, les malades continuent d’être soignés avec des traitements inefficaces. Seule une volonté politique permettra de renverser la tendance, de traduire les promesses en actions.

Traitement

Un traitement efficace contre le paludisme : les ACT (artemisinine-based combination therapy).

En effet, la maladie a développé des résistances aux anciennes molécules, devenues inefficaces, notamment la chloroquine (également connue sous son nom commercial, la Nivaquine®), ou la sulphadoxine-pyriméthamine (ou Fansidar®).

L'artémisinine est un dérivé d'une plante chinoise dont de nombreuses études ont prouvé l'efficacité. Ce produit est facile d'utilisation (par voie orale et sous forme injectable) et d'action rapide, éliminant les parasites présents dans le sang plus vite que les autres molécules disponibles. C'est donc un atout en phase épidémique, puisque cela "casse" le cycle de transmission de la maladie.

Si l'on parle de combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine (ACT), c'est que l'artémisinine est administrée en association avec une autre molécule encore efficace (généralement amodiaquine ou méfloquine). Cette combinaison a pour effet de prolonger et de renforcer l'effet du traitement, mais aussi de retarder l'apparition de résistances.

Depuis 2001, MSF utilise systématiquement les ACT pour ses patients atteints du paludisme, qui est la pathologie que nous rencontrons le plus fréquemment dans nos programmes en Afrique.