Niger 2005-2015 : une décennie clé dans la lutte contre la malnutrition

Région de Madaoua au Niger en 2012.
Région de Madaoua, au Niger, en 2012. ©Juan Carlos Tomasi/MSF

Retour sur les quelques moments clés de ces 10 dernières années.

2005

En août, le Niger adopte un protocole national pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère au travers de l'utilisation d'aliments thérapeutiques préparés, RUTF (pour Ready-to-Use Therapeutic Food) selon leur sigle en anglais, permettant aux enfant de recevoir un traitement ambulatoire comme un protocole standard. Avec cette nouvelle stratégie, le traitement de la malnutrition aiguë sévère s’étend largement. En 2005, 69 627 enfants sont traités au Niger, dont 40 000 dans le cadre des programmes de MSF, un chiffre jamais atteint auparavant.

Juan Carlos Tomasi Niger, 2005

© Juan Carlos Tomasi, Niger, 2005

 

2006

MSF étend ses projets au Niger, en particulier dans les régions de Zinder et de Tahoua pour lutter contre la malnutrition, un problème endémique dans le pays. Par ailleurs, en mai, le Niger introduit la gratuité des soins de santé pour les enfants âgés de moins de cinq ans et pour les femmes enceintes.

James Nichols  Projet MSF dans la région de Maradi, 2006

Projet MSF dans la région de Maradi, 2006

 

2007

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande le traitement ambulatoire de la malnutrition aiguë sévère, tandis que les agences de l'ONU et ECHO (bureau humanitaire de l’Union européenne) lancent le Plan Sahel pour la promotion de l'expansion du traitement de la malnutrition aiguë sévère dans la région. Au Niger, les autorités sanitaires forment 752 agents de la santé pour traiter les principales maladies infantiles : le paludisme, la pneumonie, la diarrhée et la malnutrition. MSF lance une campagne de distribution préventive d’un complément alimentaire novateur conçu pour répondre aux besoins nutritionnels des enfants à Maradi. 

Virginie Amehame  Distribution de compléments nutritionnels pour prévenir la malnutrition à Guidan Sori, dans la région de Maradi.

Distribution de compléments nutritionnels pour prévenir la malnutrition à Guidan Sori, dans la région de Maradi.

 

2008

MSF distribue, d’une part, des compléments nutritionnels pour prévenir la malnutrition à 30 000 enfants à Magaria, dans la région de Zinder. D'autre part, en septembre, les laits thérapeutiques sont inclus dans la liste des médicaments essentiels au Niger.

Le gouvernement adapte les nouvelles normes de croissance établies par l'OMS, tout en introduisant des tests rapides pour le diagnostic du paludisme, et revoit le protocole de traitement de la diarrhée, introduisant le zinc et les sels de réhydratation par voie orale.

Laurent Chamussy/Sipa  Traitement ambulatoire de la malnutrition aiguë sévère au Niger. Juin 2008

Traitement ambulatoire de la malnutrition aiguë sévère au Niger. Juin 2008

 

2009

Le gouvernement du Niger distribue des moustiquaires imprégnées à 2 300 000 personnes et procède à un recrutement massif de médecins, devant travailler dans les zones rurales. L'OMS émet une recommandation pour l’adoption de nouvelles courbes de croissance et l’utilisation du périmètre brachial (MUAC) comme nouveau critère de selection pour définir la malnutrition aiguë sévère.

Pendant ce temps, MSF vaccine 470 000 enfants contre la rougeole à Magaria, dans la région de Zinder, et plus de 400 000 personnes en réponse à une épidémie de méningite dans les régions de Maradi, de Zinder et de Dosso.

Olivier Asselin  Une jeune fille se fait vacciner contre la méningite à Dosso, au Niger. Avril 2009

Une jeune fille se fait vacciner contre la méningite à Dosso, au Niger. Avril 2009

 

2010

Environ 150 000 enfants reçoivent des compléments nutritionnels dans cinq districts de la région de Tahoua. Pour leur part, le Programme alimentaire mondial (PAM), l'UNICEF et l'OMS prennent position commune quant à l'importance de la qualité des aliments nutritionnels destinés aux enfants risquant de souffrir de malnutrition. Au Niger, le PAM met en œuvre sa nouvelle politique interne consistant à utiliser des aliments spécialisés enrichis en lait pour les enfants âgés de moins de 2 ans. La même année, le traitement de la malnutrition aiguë sévère est mise en œuvre au niveau national. Il concerne plus de 330 000 enfants contre 90 000 en 2009.

David Di Lorenzo  La malnutrition est détectée rapidement et facilement grâce à l’utilisation du bracelet MUAC. Région de Zinder, Niger

La malnutrition est détectée rapidement et facilement grâce à l’utilisation du bracelet MUAC. Région de Zinder, Niger

 

2011

MSF lance un programme de prévention à Maradi, qui inclut la vaccination, la distribution de moustiquaires, des examens destinés aux enfants sains, des compléments nutritionnels et le dépistage de la malnutrition. En outre, le Niger a présenté le nouveau vaccin conjugué contre la méningite A, MenAfriVac.

Alessandra Vilas Boas/MSF  Centre de nutrition thérapeutique à Guidam Roumdji, dans la région de Maradi

Centre de nutrition thérapeutique à Guidam Roumdji, dans la région de Maradi

 

2012

MSF constate une augmentation significative des cas de paludisme dans tous ses projets.

Pendant ce temps, le Niger inclut dans son protocole de lutte contre le paludisme le traitement par artésunate injectable pour le paludisme sévère et la chimioprévention contre le paludisme saisonnier. Cette stratégie est recommandée depuis peu par l'OMS pour les zones du Sahel où la prévalence de la maladie se concentre sur certains mois. De 2005 à 2012, plus de 1,2 millions d’enfants sont traités pour malnutrition aiguë sévère au Niger. 

Juan Carlos Tomasi  Hôpital Madaoua, dans la région de Tahoua

Hôpital Madaoua, dans la région de Tahoua

 

2013

Pour la première fois, la chimioprévention contre le paludisme saisonnier est mise en œuvre au Niger. Plus de 206 000 enfants, âgés de 3 mois à 5 ans, reçoivent un traitement préventif à l'époque de l’année où le plus de cas de paludisme sont observés. Les équipes de MSF travaillent en étroite collaboration avec le ministère de la Santé dans les régions de Zinder, de Tahoua et de Maradi.

Juan Carlos Tomasi  Chimioprévention du paludisme saisonnier dans le district de Madaoua, à Tahoua

Chimioprévention du paludisme saisonnier dans le district de Madaoua, à Tahoua

 

2014

Environ 480 000 enfants bénéficient de la chimioprévention contre le paludisme saisonnier. Dans certaines régions, la stratégie comprend la vaccination, la distribution de compléments nutritionnels et l'évaluation nutritionnelle. Par ailleurs, le gouvernement du Niger a introduit de nouveaux vaccins contre le pneumocoque et le rotavirus au sein de son calendrier de vaccination. Dans le même temps, il intègre les soins à domicile pour le traitement du paludisme dans son plan stratégique pour lutter contre la maladie.

Ramón Perreiro  Projet MSF à Bouza, dans la région de Tahoua

Projet MSF à Bouza, dans la région de Tahoua

 

2015

À Tama, dans la région de Tahoua, MSF lance un programme de prévention et de soins pour lutter contre les principales causes de la mortalité infantile, en décentralisant le traitement vers les zones rurales les plus reculées. À Magaria, dans la région de Zinder, MSF fait face à une forte augmentation du nombre d'admissions à l'hôpital du district et réalise une campagne pour compléter la vaccination des enfants âgés de moins de 2 ans.

Juan Carlos Tomasi  Projet MSF à Tama, dans la région de Tahoua

Projet MSF à Tama, dans la région de Tahoua

 

10 années de lutte contre la malnutrition au Niger en un coup d'oeil

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