URGENCE GAZA

Gaza : Pénurie critique de fournitures médicales
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L'expérience de MSF au Malawi

Soins à l'hôpital de district de Chiradzulu
Soins à l'hôpital de district de Chiradzulu © Isabelle Merny / MSF

MSF est présente au Malawi depuis le milieu des années 1980. Nous avons commencé à travailler sur le sida en 1995, lors du lancement de notre programme de prévention contre le VIH dans le district de Mwanza. Cette action a été suivie en 1997 par des programmes spécifiquement dédiés au VIH/sida dans les districts de Chiradzulu (section française) et de Thyolo (section belge).

Depuis 2003, ces programmes ont permis de mettre plus de 38 000 personnes sous thérapie antirétrovirale (ARV).

Des ARV en contexte défavorisé : une victoire

La première mise sous traitement antirétroviral était en août 2001. A l'époque, il s'agissait de démontrer que la thérapie antirétrovirale pouvait aisément être administrée dans un environnement aux ressources limitées ; comme c'est le cas dans le district de Chiradzulu où la pauvreté et le taux d'analphabétisme sont élevés.

Au commencement, de nombreux problèmes se sont posés : retards dans la mise en route de la thérapie, trop grande fréquence des consultations médicales et découragement des patients, stigmatisation, manque de connaissances sur le VIH/sida...

Puis des groupes de soutien ont été mis en place par les patients, pour partager leur expérience.

Ces informations ont également servi à étayer le projet de décentralisation des soins de l'hôpital vers les centres de santé, de façon à rapprocher les services médicaux du domicile des malades.

Le district de Chiradzulu a également bénéficié du programme national d'amélioration des soins et du processus de délégation des tâches (une stratégie efficace pour pallier la pénurie de personnel de santé).Enfin, autre élément positif, les patients stables ont pris plus de responsabilité à l'égard de leur traitement.

Bien que le traitement pose certains problèmes comme les effets secondaires des médicaments et la conduite à tenir en cas d'échec thérapeutique du traitement, la mise en œuvre de l'accès universel aux antirétroviraux dans le district de Chiradzulu a fait une réelle différence pour les individus, leur famille et la collectivité.

La première patiente du district de Chiradzulu sous ARV (depuis neuf ans), parle du programme MSF

"Les centres de santé sont plus proches des patients que l'hôpital. On peut y recevoir un traitement pour trois mois et cela facilite l'accès aux soins - Bien que les effets secondaires soient parfois décourageants, il faut poursuivre le traitement et en cela mon groupe de soutien m'a beaucoup aidée - Ma fille est née lorsque j'étais sous ARV mais, grâce au programme de prévention de la transmission de la mère à l'enfant, elle a maintenant quatre ans et elle est séronégative - Comme toutes les personnes vivant avec le VIH/sida, je m'implique dans les groupes de soutien des séropositifs et encourage les gens à faire un dépistage du VIH et à prendre un traitement s'ils en ont besoin."

Des difficultés persistent

Chiradzulu est un district rural où le taux de pauvreté dépasse la moyenne nationale. Ce dénuement, économique entre autres facteurs, fait qu'il est difficile pour les patients d'accéder aux soins dont ils ont besoin, les centres de soins étant souvent situés loin de chez eux et les temps d'attente étant très longs.

De plus le Malawi souffre d'une grave pénurie de personnel soignant. Or, pour que les patients déja suivis puissent continuer à avoir accès à leur traitement et que les nouveaux patients puissent entamer une thérapie ARV, il faut plus de personnel de santé . En effet, les malades ayant désormais une espérance de vie accrue, l'augmentation du nombre de patients va se poursuivre dans les années à venir. Il faut donc former plus de praticiens et de personnel soignant, leur octroyer de meilleurs salaires et leur offrir des possibilités de formation et de bonnes conditions de vie et de travail, pour les inciter à rester au Malawi.

Les ressources humaines pour faire face à la crise sanitaire :

Bien que l'Organisation mondiale de la santé fixe l'effectif minimal à 20 médecins et 100 infirmières pour 100 000 habitants, le Malawi a moins de 2 médecins et 25 infirmières pour 100 000 habitants (GoM, Rapport annuel du Malawi, secteur de la santé, 2007). Le nombre de postes à pourvoir dans les hôpitaux et les centres de soins reste élevé (Chiradzulu connaît une pénurie de personnel de 50 % à l'échelle du district). Recruter du personnel soignant dans les dispensaires ruraux pose de sérieux problèmes car il n'y a souvent aucun logement adapté, ni eau courante, ni électricité, ni transport.

En outre, le climat économique mondial actuel a incité de nombreux donateurs à  réduire, voire à geler, leurs subventions en faveur des programmes concernant le VIH/sida. Si cette tendance perdure, les patients pourraient être renvoyés des centres de soins, sans traitement ni consultation. C'est une perspective que tous les soignants redoutent.

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