Irak : MSF déploie de nouvelles activités à Bagdad

Dispensaires mobiles pour les déplacés de la ville de Kirkuk et de ses environs  Août 2015
Dispensaires mobiles pour les déplacés de la ville de Kirkuk et de ses environs - Août 2015 ©Natacha Buhler/MSF

Les affrontements de novembre dernier, opposant les forces irakiennes et l'Etat islamique à Ramadi, chef-lieu de la province d'Al-Anbar en l'Irak, ont provoqué une nouvelle fuite de la population. Nombre de déplacés ont alors traversé le fleuve Euphrate pour venir se réfugier dans des camps situés à l’ouest de Bagdad, la capitale irakienne. MSF a initié une réponse logistique et médicale d’urgence et envisage d’autres activités.

Dans deux camps de déplacés situés près du pont de Bzebiz, principal point d’entrée dans la province de Bagdad, l’équipe MSF a distribué des matelas et oreillers, des couvertures, des bâches en plastique et de sol, des cordes et des kits d’hygiène, à environ 1 000 personnes. Sur ces deux sites, les conditions de vie déjà très difficiles se sont encore détériorées avec l’arrivée de la pluie. Une deuxième distribution est en cours de préparation.

Par ailleurs, une équipe d’urgence MSF récemment constituée a mis en place un dispensaire offrant notamment des soins d’urgence et de santé primaire 24h/24, ainsi que le transfert de patients le nécessitant vers des hôpitaux. Ce projet concerne environ 2 500 déplacés ainsi que la communauté hôte.

Au vu du nombre croissant de blessés irakiens, MSF envisage de réhabiliter une structure médicale où des activités psychologiques, des soins infirmiers, une prise en charge de la douleur, de la chirurgie, une capacité d’hospitalisation (20 lits sont prévus pour commencer) et de la kinésithérapie seraient proposées, pour les victimes de guerre, d’attentats et d’explosions sur Bagdad dans un premier temps, puis d’ailleurs en Irak par la suite, si possible.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de trois millions de personnes sont déplacées en Irak depuis janvier 2014. Or, du fait de l’insécurité, un grand nombre sont hors d’accès pour les humanitaires. Alors que le système de santé irakien, effondré, peine à faire face aux besoins, le manque d'assainissement, le surpeuplement de certaines zones, la malnutrition et la contamination de l'eau accroissent les risques de propagation de maladies, notamment hydriques.


MSF est déjà présente dans deux camps de réfugiés syriens à Erbil, au Kurdistan irakien  (Kawargosk et Darashakran).

Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), le gouvernorat d’Erbil compte environ 100 000 réfugiés syriens et 10 000 déplacés irakiens.

En 2013 et 2014, MSF a dispensé quelques 70 000 consultations dans les camps de réfugiés syriens de Kawargosk et de Darashakran. MSF continue à fournir des soins psychologiques à Kawargosk et Darashakran. En 2014, 1 073 consultations de santé mentale ont ainsi été effectuées. En 2015, MSF a étendu cette activité aux réfugiés et aux déplacés vivant en dehors des camps, dans la ville d’Erbil même, ainsi qu’aux réfugiés syriens du camp voisin de Gawilan.

En 2014 et en 2015, en réponse aux déplacements de populations des consultations ambulatoires ont été dispensées sur plusieurs sites situés entre Mossoul et Erbil, ainsi que dans plusieurs zones frontalières entre le Kurdistan et la province irakienne de Ninive.

EN SAVOIR PLUS

► Consultez notre dossier consacré à la situation en Irak

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