Kurdistan irakien : porter secours aux réfugiés et déplacés

Kurdistan irakien Frédéric Bonnot
Kurdistan-irakien Frédéric Bonnot © FrédéricBonnot/MSF

Dans la région d’Erbil, au Kurdistan irakien, Médecins Sans Frontières intervient depuis 2013 et fournit des soins de santé primaire et de santé mentale aux réfugiés syriens ayant fui le conflit dans leur pays. MSF prend également en charge des déplacés irakiens chassés de leurs foyers par les violences.

« Ils sont des dizaines de milliers à avoir tout laissé derrière eux, tout perdu, leur maison, leur terre, des membres de leur famille, des amis… », Frédéric Bonnot, infirmier, se souvient de ces personnes rencontrées dans le nord de l’Irak. À Erbil, au cours d’une mission de près de quatre mois en tant que coordinateur de programme pour le Kurdistan irakien, il a piloté la mise en œuvre des activités de santé mentale pour les réfugiés syriens et des consultations de médecine générale, via des dispensaires mobiles, pour les déplacés irakiens.

Soigner les réfugiés syriens

Pour les réfugiés Syriens qui n’ont plus rien et ont subi ou assisté à de violentes exactions, le traumatisme est immense. Une équipe composée de deux psychiatres, d’un psychologue et de deux travailleurs sociaux MSF dispensent donc des consultations de santé mentale. Deux jours par semaine, l’équipe est présente dans chacun des trois camps. Début mai 2015, près de 150 personnes étaient suivies.
« A leur arrivée, les patients voient d’abord un psychiatre qui évalue s’ils ont besoin de soins psychiatriques, psychologiques ou bien d’un accompagnement psycho-social par nos travailleurs sociaux », indique Frédéric. MSF est une des rares ONG à assurer des soins de santé mentale.

Porter secours aux déplacés irakiens

Pour pouvoir soigner les déplacés irakiens, dans le sud et l’ouest d’Erbil, MSF organise des dispensaires mobiles. Chaque semaine, deux médecins, un pharmacien et un infirmier, dispensent, en moyenne, près de 500 consultations de santé primaire. Les personnes déplacées souffrent d’infections des voies respiratoires, particulièrement fréquentes en hiver, mais également de maladies chroniques. Du fait de la perte de revenus ils n’ont plus accès aux médicaments nécessaires pour soigner leur diabète ou leur hypertension. « En raison de la précarité des conditions de vie des déplacés, notre équipe médicale voit également de nombreux cas d’infections cutanées et notamment de gale », souligne Frédéric.

Alors que les combats continuent, en Syrie comme en Irak, pour répondre au manque de soins, MSF envisage l’extension éventuelle de son programme de santé mentale, dans les zones urbaines, pour les déplacés irakiens et continue d’étendre ses dispensaires mobiles dans des zones proches de la ligne de front afin d’accéder au plus grand nombre de personnes déplacées.


En 2015, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés, plus de 100 000 Syriens seraient présents dans la région d’Erbil. Près de 27 000 d’entre eux ont trouvé refuge dans les camps de Kawargosk, Darashakran et Gawilan. A cela s’ajoutent, dans la même région, plus de 10 000 Irakiens déplacés dans leur propre pays. Ils ont fui les violences, notamment depuis la chute de Mossoul, et tentent de survivre dans des conditions très précaires.

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