En bref

Initialement dédié aux victimes du conflit en Irak, le projet de chirurgie reconstructive ouvert en 2006 à Amman, Jordanie, est devenu un programme régional. Si les patients irakiens représentent encore près de la moitié des admissions, des blessés syriens, yéménites, libyens, égyptiens, gazaouis etc. y bénéficient désormais aussi de soins de chirurgie orthopédique, maxillo-faciale et plastique. En outre, notre approche thérapeutique, centrée sur le patient, comprend des soins psychologiques, ainsi qu’un soutien social visant à faciliter leur réinsertion.

Dépenses 2011 : 5 376 000 €
Financements : 100 % privés
Équipe : 11 internationaux et 105 nationaux

Contexte

En Irak, les tentatives de (re)construction politique hasardeuses qui ont étayé les huit années d’occupation américaine ne sont pas parvenues à mettre en place des bases politiques « saines ». Le pays est toujours profondément divisé et les civils restent otages d’un jeu politique extrêmement violent et coûteux en vies humaines. Les importantes ressources du pays (près de huit milliards de dollars par mois) ne parviennent pas à contrebalancer une situation de quasi incapacité institutionnelle qui prive les populations d’un accès convenable aux services de base (médical, électricité, eau etc.). Par ailleurs, la destruction des circuits économiques ruraux et la marginalisation politique de certaines zones condamnent des pans entiers de population au dénuement. Le système de santé a, pour sa part, subi deux importants chocs structurels : l’embargo et les années de guerre qui ont fini de déstructurer les services et systèmes de référence. De plus, la violence exercée à l’encontre du personnel médical a généré une « fuite des cerveaux ». Si le pays est bien en deçà des seuils épidémiologiques d’urgence, l’accès aux soins est précaire et fortement conditionné par la capacité économique du patient.

La Jordanie demeure un pays stable cerné par des zones de forte tension géopolitique (Israël, Syrie, Irak…) Une stabilité qui en fait une plateforme opérationnelle efficace, susceptible de pouvoir accueillir des dispositifs opérationnels impossibles à mettre en place au cœur des conflits de la région.

Projets

En Irak, MSF soutient le « Central Toxic Center » de Bagdad : donations d’antidotes et formation des médecins travaillant aux urgences de cette structure.

Chirurgie en Jordanie

Lancé en 2006 et initialement dédié aux blessés irakiens, ce projet a progressivement élargi son secteur géographique de référence afin de répondre aux besoins croissants et aux changements contextuels liés, notamment, aux « printemps arabes ». L’hôpital reçoit désormais des blessés venant d’autres pays en conflit dans la région (Yémen, Libye, Syrie, Egypte, Gaza...)

L’identification des patients irakiens et les modalités de leur transfert vers Amman s’effectuent à partir de l’Irak grâce à un réseau de médecins locaux. Dans les autres pays, des partenariats ont été mis en place avec d'autres projets MSF et d’autres organisations - internationales ou locales - qui identifient les patients, documentent leurs profils médicaux et relaient les références.

Notre objectif est que ces personnes mutilées retrouvent un visage, leur mobilité ou leur capacité à effectuer des gestes du quotidien. Ce programme offre des soins chirurgicaux et médicaux de très haute qualité comprenant trois spécialités chirurgicales principales : orthopédie : 35% de notre activité ; maxillo-faciale : 15% de notre activité ; et plastique : 50% de notre activité. 40% de ces procédures chirurgicales sont considérées comme des opérations très lourdes nécessitant entre deux et dix heures d’intervention. Le traitement des infections constitue également un volet important du projet : 30% des patients souffrent en effet d’infections graves, souvent résistantes aux antibiotiques.

Le traitement et le suivi des patients sont complexes et requièrent un séjour de plusieurs mois dans un environnement spécialisé. En raison de la très longue durée d’hospitalisation des patients (pouvant aller de quelques semaines à deux ans), MSF a loué tout un hôtel pour pourvoir les accueillir. Chaque patient bénéficie de soins de kinésithérapie quotidiens, indispensables pour recouvrer rapidement différentes fonctions motrices et réduire les conséquences des chirurgies. Enfin,  la santé mentale et le soutien social sont des composantes essentielles du programme.

Fin 2011, plus de 1 700 victimes avaient été prises en charge dans ce projet, la plupart étaient irakiennes. Chaque mois, environ 50 nouveaux patients sont accueillis à Amman.