En bref

Pour venir en aide aux blessés irakiens, MSF a ouvert un programme chirurgical en août 2006 à Amman, en Jordanie. Ce projet de chirurgie réparatrice - orthopédique, maxillo-faciale et plastique - s'adresse aux patients irakiens victimes de violences et atteints de graves séquelles qui nécessitent une ou plusieurs interventions chirurgicales complexes.

Dépenses 2010 : 5 061 000 €
Financements : 100 % privés
Équipe : 12 internationaux et 106 nationaux

Contexte

Après plus de huit années de violences en Irak, les élections du 7 mars 2010 ont conduit à une impasse politique durant huit mois. En novembre, un accord a enfin été trouvé et un gouvernement a pu être composé. Même s'il est peu probable que le niveau de violences atteigne celui de 2006 et 2007, des pics de violences ont encore eu lieu sporadiquement en 2010. La relative accalmie a permis le retour progressif d'une présence internationale et, plus particulièrement, d'activités humanitaires dans des régions plus stables du pays. Néanmoins, les équipes d'expatriés sont toujours soumises à de nombreuses contraintes sécuritaires.

Le système de santé irakien, même s'il a été largement détruit, prodigue des soins médicaux et chirurgicaux essentiels. Cependant, il n'est pas capable d'offrir des soins complexes permettant de garantir la complète guérison de personnes gravement mutilées. 

Projets

Chirurgie réparatrice pour les blessés irakiens en Jordanie

Ouvert en août 2006, le programme de chirurgie réparatrice à Amman, en Jordanie vise à pratiquer des interventions chirurgicales complexes sur des personnes victimes de violences en Irak. L'identification des patients irakiens ayant besoin de ce type de chirurgie ainsi que les modalités de leur transferts vers Amman s'effectue à partir de l'Irak grâce à un réseau de médecins irakiens.

En 2010, 316 personnes ont été admises dans le programme dont 95 réadmissions. Les chirurgiens MSF ont pratiqué 892 opérations (24% orthopédiques, 11% maxillo-faciales, 62% plastiques). L'objectif est que ces personnes mutilées retrouvent un visage, leur mobilité ou leur capacité à réaliser des gestes simples du quotidien. Le traitement et le suivi des patients sont complexes et demandent plusieurs mois d'hospitalisation dans un environnement spécialisé. 125 patients par mois sont accueillis en moyenne. En raison de la durée des hospitalisations pour chaque patient, MSF a loué un hôtel entier pour les accueillir. Chacun bénéficient également de soins de physiothérapies (plus de 19 000 sessions individuelles en 2010) et de soins psychologiques si nécessaire.

Projet en Irak

Après plusieurs mois de retard, le projet d'ouverture d'un programme chirurgical à Wassity, un quartier de Bagdad, a finalement été abandonné en avril 2011. De manière générale, l'implantation d'opérations MSF pertinentes en Irak reste un problème pour toutes les sections, notamment en raison des difficultés à définir avec précision la nature des besoins - hormis des besoins high-tech en chirurgie, cardiologie ou cancérologie - et la difficulté de trouver des ressources humaines.