Projets

SOUTIEN MEDICAL EN SYRIE DU SUD

Depuis 2013, MSF soutient des structures médicales au sud de la Syrie depuis la Jordanie, notamment via des donations de kits chirurgicaux et pédiatriques.

Avec pour objectif d’améliorer l’accès au soin des Syriens vivant au nord-ouest de Dera’a ou ayant été contraint de s’y déplacer, MSF soutient quatre structures de santé ainsi qu’une banque de sang. Ce soutien consiste en des donations ainsi que du soutien technique à distance. Ces opérations, menées à distance restent complexes surtout depuis la fermeture de la frontière en 2016. 

SOUTIEN DES REFUGUES A IRBID

Plus de 136 000 Syriens ont trouvé refuge dans le gouvernorat d’Irbid, au Nord de la Jordanie. Depuis novembre 2014, ils n’ont plus accès aux soins gratuits, les coûts de ces derniers étant devenus difficilement supportables pour le gouvernement jordanien. Selon une étude de MSF, 51,9% des femmes qui ont accouché dans le gouvernorat d’Irbid l’ont fait dans une structure soutenue ou dirigée par une organisation humanitaire. Le coût moyen dans une structure  privée, 305 Dinars jordaniens (380€), étant bien au-dessus dès moyens de la majorité des réfugiés. Dans la structure de MSF, 3663 accouchements ont été réalisés sur l'année 2016.

En octobre 2013, MSF a ouvert une maternité et un service de soins intensifs de néonatalogie. En novembre 2014, l’organisation médicale a lancé un service de soins en santé mentale  puis des consultations pré et post-natales en 2015.

MSF a augmenté la capacité d’accueil de la maternité de 16 à 24 lits et fournit des soins prénataux six jours par semaine. MSF est le principal acteur en soins de santé reproductive dans le gouvernorat d’Irbid pour les réfugiés syriens. 

MSF prodigue également un soutien psychologique aux populations réfugiées à travers des sessions individuelles et en groupe. Les sessions individuelles sont principalement dédiées aux jeunes et aux enfants de moins de 18 ans, profondément marqués par le conflit, à leur difficulté de s’adapter et de trouver une place dans la société jordanienne. 

PROJET CHIRURGIE RECONSTRUCTIVE, AMMAN

Le project de chirurgie reconstructive d’Amman est dédié aux soins des blessés de guerre et des victimes de violence originaires de pays de la région touchés par des confits (Irak, Yémen, Syrie et Palestine). Depuis l’ouverture de l’hôpital en 2006, les équipes ont traité près de 4500 patients et effectué plus de 10 000 opérations chirurgicales.

La fermeture de la frontière syro-jordanienne ainsi que celle de l’aéroport de Sana’a alors que celui d’Aden rouvrait ont complexifié le travail de nos équipes pour faire venir des patients de ces pays.

L’année 2016 a été celle de changements majeurs comme le déménagement du projet vers l’hôpital Al-Mowasa. Ce déménagement a eu un impact sur le volume des activités de MSF qui a admis 536 patients et a effectué 1078 interventions chirugicales lorsqu'un patient reste en moyenne 138 jours dans l'enceinte de l'hôpital. 

En parallèle, un nouveau système de dossiers médicaux électroniques a été implanté dans le programme, permettant une meilleure gestion des patients et de leur suivi à Amman. L’année 2016 a également marqué l’ouverture d’une clinique dentaire spécialisée dans le placement d’implants dentaires. 

Comment fonctionne notre hôpital à Amman?

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PROJET RÉSEAU

La gestion du réseau destiné à identifier des patients pour l’hôpital d’Amman s’est améliorée en 2015 grâce à un nouveau poste de responsable médical, ce qui a permis de renforcer l’identité médicale du réseau et de transmettre des informations médicales aux partenaires potentiels. Néanmoins, il a été particulièrement difficile de maintenir le niveau d’activités en 2015.

Les Syriens comptent pour plus de 58 % des patients participant au programme, tandis que les Iraniens et les Palestiniens représentent respectivement 30 % et 7 %.

La guerre civile au Yémen a commencé en février 2015, aggravée par la campagne de bombardements aériens menée par l’Arabie saoudite. Par conséquent, nous avons eu beaucoup de difficultés à rapatrier les patients yéménites déjà à Amman, et bien évidemment à les faire venir du Yémen vers Amman. Les transferts depuis le Yémen ont été affectés par la guerre et interrompus pendant plusieurs mois. Les patients yéménites ne représentaient que 5 % des admissions en 2015.

En Irak, certaines zones du pays restent très difficiles d’accès ce qui empêche d’alimenter correctement un réseau déjà très affaibli.

Nous avons créé des passerelles avec la Palestine afin de mettre au point des procédures permettant d’admettre un plus grand nombre de patients issus de la bande de Gaza. Malgré les difficultés et les mesures de haute sécurité, 24 Palestiniens ont été admis en 2015, un nombre jusqu’alors jamais atteint.

PROJET MATERNITÉ ET NÉONATOLOGIE D’IRBID

Selon le HCR, 25 % des réfugiés syriens en Jordanie vivent dans le gouvernorat d’Irbid (estimés à 141 000). La majorité d’entre eux sont éparpillés dans des zones rurales et urbaines et vivent dans une grande précarité. Ils louent et partagent des logements, et essayent d’avoir accès à des services de base comme l’éducation et la santé. Cette situation aggrave leurs difficultés économiques et sociales.

En janvier 2015, le projet a été transféré de l’hôpital islamique à l’hôpital spécialisé d’Irbid, où nous avons pu commencer les accouchements d’urgence par césarienne en février 2015.

Le service ambulatoire pédiatrique a été fermé en mars ce qui a libéré des chambres pour les patients hospitalisés.

L’agencement des soins prénatals a été réorganisé afin d’améliorer la qualité des soins avec une chambre, un appareil d’échographie et un poste de sage-femme supplémentaires. L’unité de soins intensifs en néonatologie a accru sa capacité à huit lits, quatre incubateurs et quatre lits d’enfants. Néanmoins, les protocoles de MSF se sont très vite avérés insuffisants pour faire face à l’activité.

En septembre, l’équipe d’Irbid a reçu son premier patient pour un traitement de ventilation nasale en pression positive continue (NCPAP) et nous avons commencé à mettre en place avec succès la méthode de soins kangourou.

Activité :

  • Maternité : 3987 admissions et 224 césariennes
  • Consultations prénatales : 13 779
  • Unité de soins intensifs en néonatologie : 498 nouveau-nés admis
  • Santé mentale : 81 % des patients traités ont entre 4 et 12 ans. Avoir été témoin de morts violentes constitue le principal facteur de stress.


Les objectifs pour 2016 consistent à développer la couver- ture de soins obstétriques et de soins psychosociaux en pédiatrie dans les autres gouvernorats qui doivent faire face à un afflux important de réfugiés. Il est également prévu d’améliorer la qualité de l’accueil de l’unité de soins intensifs en néonatologie et d’augmenter sa capacité à douze lits.

SOUTIEN MÉDICAL DANS LE SUD DE LA SYRIE

La situation dans le Sud de la Syrie pose de nombreux défis à MSF, non seulement en termes de capacité à déployer des opérations mais aussi en termes de moyens.

Depuis trois ans, des dons sont envoyés tous les mois à cinq hôpitaux situés dans le Sud du pays, comprenant des kits chirurgicaux pour 30 blessés et des kits pour consultations pédiatriques. En 2015, nous avons envoyé environ 70 kits pour les cinq hôpitaux de Syrie du Sud pour une valeur totale de 260 000 euros.

Une collecte de données insuffisante, un manque de proximité et l’absence de ressources humaines dédiées ont freiné le développement des activités en 2015.

Au bout de deux ans de dons transfrontaliers, l’équipe coordinatrice et le desk se sont mis d’accord pour renforcer la collaboration, fondée sur la confiance et  l’expertise, avec au moins un hôpital de niveau secondaire dans le gouvernorat de Deraa, dans le Sud de la Syrie.

Les objectifs 2016 consistent à procéder à une évaluation des hôpitaux et des établissements de santé potentiels, et à apporter un soutien total à au moins une structure médicale de niveau secondaire, ou à un service dans plusieurs hôpitaux, dans le gouvernorat de Deera.

Les accès aux frontières syriennes ou les déplacements dans le pays sont toujours plus restreints, et il devient de plus en plus difficile d’approvisionner régulièrement les hôpitaux. Les passages aux frontières étant incertains et les hôpitaux étant pris pour cible, il est primordial de diversifier le soutien entre les différents hôpitaux et de les décentraliser en différents services.

Le besoin potentiel de mettre en place un entrepôt et d’implanter une présence avec une équipe en Syrie se fait sentir de manière plus aiguë. L’élargissement du projet dépend de la situation sécuritaire en Syrie et des changements politiques susceptibles d’intervenir au cours des prochains mois.