Cinq ans de soins dédiés aux femmes et aux nouveau-nés à Peshawar, au Pakistan

Maternité de Peshawar novembre 2015.
Maternité de Peshawar, novembre 2015. ©Sa'adia Khan/MSF

En 2011, MSF a ouvert un hôpital dédié aux femmes vivant dans les zones rurales du nord-est du Pakistan. Le 18 mai 2016, l’hôpital pour femmes de Peshawar a fêté son cinquième anniversaire. Aujourd’hui, il reçoit environ 85 patientes par semaine et voit naître plus de 4 700 bébés chaque année. Grâce à des partenariats locaux, MSF propose des soins gratuits et de qualité, et prend en charge les femmes présentant des grossesses à risque, pour lesquelles il est vital de pouvoir accoucher dans un environnement sûr et sain.

« L’hôpital propose des soins obstétriques essentiels aux femmes de la province de Khyber Pakhtunkhwa, de l’agence de Kurram et des régions tribales sous administration fédérale (FATA, ou Federally Administered Tribal Areas). Beaucoup d’entre elles n’ont pas les moyens de se faire soigner dans les autres structures médicales et, dans les régions tribales, beaucoup de femmes ne disposent pas de services obstétriques compétents à proximité de leur foyer. Nous proposons également des soins aux femmes qui connaissent de graves complications pouvant mettre en péril leur propre santé et/ou celle de leur enfant au cours de la grossesse, du travail ou de la période postnatale », explique Catherine Moody, représentante de MSF au Pakistan.

Afin d’améliorer l’accès aux soins, un réseau de santé a été mis en place entre les différents centres médicaux de la région, les communautés rurales et les camps de déplacés. L’hôpital pour femmes permet également de recevoir certaines patientes soignées par les équipes médicales de MSF déployées dans les hôpitaux de Sadda et d’Alizai, dans l’agence de Kurram.

L’une des priorités de MSF au Pakistan est d’améliorer la qualité des soins pour les mères, les bébés et les jeunes enfants. L’hôpital pour femmes de Peshawar vise à faire baisser le taux de mortalité maternelle et infantile dans la région. Avec un taux de mortalité maternelle de 170 pour 100 000 naissances et un taux de mortalité infantile d’environ 86 décès pour mille chez les enfants de moins de cinq ans, le Pakistan est l’un des pays connaissant le plus fort taux de mortalité infantile et maternelle*. Les femmes continuent d’y mourir de complications évitables durant leur grossesse et moins d’une femme sur trois y donne naissance avec l’assistance d’accoucheurs qualifiés.

L’hôpital propose également des soins gratuits aux bébés prématurés ou atteints de pathologies graves dans son unité néo-natale, dotée de quinze lits.

« Du fait d’infections néonatales ou de septicémies, la plupart des bébés admis dans l’unité néo-natale nécessitent des soins intensifs, explique Dr Anokhi Ali Khan, pédiatre MSF. Nous recevons beaucoup de mères présentant des grossesses à risque qui ont besoin d’être prises en charge par un spécialiste », ajoute-t-elle.

« La rupture utérine fait partie des affections très graves dont peuvent souffrir les mères. Cela peut être une cause de stérilité, voire même de décès dans certains cas. Le risque de fausse couche est également très élevé, ajoute Dr Sobia Azeem, obstétricienne MSF. Mais lorsque la mère est prise en charge à temps, il est possible de réparer l’utérus et d’éviter la stérilité. »

Les équipes de MSF forment également le personnel médical des unités locales de soins primaires afin qu’ils puissent composer un réseau efficace en lien avec l’hôpital. Si les femmes présentant des grossesses à risque sont diagnostiquées dès leurs consultations prénatales, elles peuvent si besoin être envoyées à l’hôpital pour femmes de Peshawar, et ainsi être prises en charge par un spécialiste.

Au cours des cinq dernières années, les équipes de MSF ont vu naître 15 093 bébés à la maternité et soigné 2 137 nouveau-nés dans l’unité spécialisée de l’hôpital pour femmes de Peshawar.

 

Témoignage du Dr Anokhi Ali Khan, pédiatre

dr anokhi ali khan msf mai 2016

Au sein de l’équipe MSF, elle soigne les nouveau-nés et forme le personnel de l’hôpital pour femmes de Peshawar, au nord-est du Pakistan.

« Je suis pakistano-suisse et ai étudié la médecine à Karachi. Aujourd’hui je suis vis à Londres. Je suis arrivée ici fin février 2016. Peshawar me rappelle le Sindh où j’allais pique-niquer un week-end sur deux. La route qui mène d’Islamabad aux montagnes est absolument magnifique. À Peshawar, les gens sont très accueillants et travailleurs.

J’ai rapidement compris quelle population nous visions et comment nous allions essayer de les atteindre dans les zones environnantes de l’hôpital - par exemple dans les FATA, les régions tribales sous administration fédérale. Je suis très contente de pouvoir soigner ces populations, particulièrement les patientes originaires des régions à faible couverture médicale. Les nouveau-nés ne pourraient pas bénéficier de tels soins dans un autre hôpital car les hôpitaux publics sont surchargés.

La plupart des bébés que nous recevons souffrent d’infections. Les nouveau-nés qui viennent ici sont clairement les cas les plus graves ; quant aux mères, elles ont eu des grossesses à risque ou des accouchements difficiles. La plupart du temps, les bébés souffrent de septicémie. La septicémie néonatale est une grave infection, l’une des trois les plus meurtrières au monde pour les nouveau-nés.

Si un enfant attrape une infection bactérienne dans les 72 premières heures, elle lui aura probablement été transmise par la mère. Toutefois, ces enfants ne présentent pas forcément de symptômes le premier jour. Nous évaluons donc le risque d’infection et si l’enfant présente un risque, nous le mettons immédiatement sous antibiotiques. »

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