Fonds d’urgence COVID-19

Donnez à nos équipes les moyens de faire face à l’épidémie et à ses conséquences sur nos terrains d’intervention.

Je donne

Chine - Témoignages d'enfants

» Liu Kun, 17 ans

Liu Kun, 17 ans, est arrivée au centre voici deux mois. "Je n'ai jamais connu mes parents, mon grand-père était ma seule famille. Quand il est mort, il a fallu que je me débrouille seule." Jamais scolarisée à cause d'une enfance nomade, elle a dû trouver un travail. Emmenée en bus par une connaissance vers une destination inconnue, elle atterrit dans une usine clandestine. "Nous étions quatre filles à fabriquer des petites pilules blanches mauvaises pour la santé." De l'extasy... "J'étais nourrie et j'avais un endroit où dormir, mais je n'ai jamais touché un salaire, parfois celui qui nous dirigeait nous insultait, nous disait que nous n'étions rien." Lorsqu'elle manifestait son désir de partir, Liu Kun était menacée de mort. "Au bout d'un an, j'ai décidé de m'enfuir, je n'avais aucun plan, j'ai juste saisi ma chance...". Depuis son arrivée au centre, Liu Kun se montre très réservée. "Je n'aime pas parler avec les autres enfants, je préfère garder mes pensées pour moi." Mais elle peut à nouveau avoir des rêves d'adolescente. "Plus tard, j'aimerais trouver un travail, me marier et avoir des enfants."

» Dong Yu, 8 ans

"Je suis arrivé vendredi dernier, je suis content d'être ici." Dong Yu n'a que 8 ans, mais a déjà connu la vie dans la rue. Ses parents ont divorcé quand il était tout petit, et il est resté vivre avec son père. Lorsque ce dernier s'est remarié, sa belle-mère, déjà mère d'un garçon, ne voulait pas de lui. "Ils me traitaient mal, me frappaient. Un jour ils ont dit qu'ils n'avaient pas assez d'argent pour me garder, alors mon père m'a abandonné dans la rue." La vie d'enfant des rues a commencé : la faim, le froid, la solitude, le ramassage des bouteilles pour gagner quelques yuans, la charité occasionnelle des passants. Jusqu'à ce qu'un policier le ramasse et qu'il soit amené au centre. "J'aime ma vie ici, jouer avec les autres enfants, aller à l'école... Quand je serai grand j'aurai une bonne situation, pour cela il faut que je travaille bien !" L'espoir revient.

» Zhong Lei Lei, 12 ans

"Je ne sais pas par où commencer le récit de mon histoire : avant la rue ? Avant que ma mère ne quitte la maison ? C'est si long et si compliqué..." Zhong Lei Lei et sa petite soeur avaient une enfance heureuse. C'était avant que son père se mette à jouer au mah-jong et à battre sa mère. Avant que sa mère ne supporte plus les coups et décide de partir. Elle avait 7 ans. "Un mois plus tard, mon père nous a jetées dehors. "Avec sa soeur, elles errent alors dans les rues pendant de longues semaines, dormant sous les porches d'immeubles. Ramassées par la police, elles sont alors envoyées dans un premier centre pour enfants des rues. "Puis une famille nous a accueillies, mais ils n'étaient pas gentils avec nous, ils nous criaient dessus et nous battaient." En juin 2004, elles sont finalement amenées au centre de Médecins Sans Frontières à Baoji. "J'aime la vie ici. Cela fait longtemps que je n'ai pas été à l'école, j'ai hâte d'y retourner ! Et quand je serai grande, j'ouvrirai un centre pour enfants comme ici", rêve Zhong Lei Lei.

À lire aussi