Vaccination contre la rougeole au Katanga en RDC, en janvier 2011 © Northan Hurtado / MSF

Vaccination contre la rougeole au Katanga en RDC, en janvier 2011 © Northan Hurtado / MSF

On la croit bénigne. Pourtant, la rougeole représente un danger majeur, surtout chez les enfants de moins de cinq ans. La mortalité liée à cette maladie a fortement diminué ces 30 dernières années (145 700 décès en 2013, soit près de 400 décès par jour, alors qu'ils étaient 733 000 en 2000 et 2,5 millions en 1980), mais l'objectif fixé par l'OMS en 2000 - la réduction de 95% du nombre de décès à l'horizon 2015 - n'a pas été atteint.

La stratégie poursuivie pour faire diminuer la mortalité liée à la rougeole s'appuie sur la vaccination des enfants, avec deux doses (deux injections). Un vaccin peu coûteux (moins de 0,30 euros) existe depuis 30 ans. Il est efficace pour environ 85% des enfants vaccinés et confère une protection de plusieurs dizaines d'années. La vaccination de la grande majorité des enfants limite également la circulation du virus et par conséquent les risques pour la population non protégée, dont les plus âgés.


SERIE DOCUMENTAIRE « GRANDES TUEUSES »

La Fondation Mérieux, l’Inserm, l’Institut Pasteur, Réseau CANOPE, MSF, Universcience, le DNDi… Les principaux acteurs français de la lutte contre les maladies infectieuses présentent la série et le webdocumentaire Grandes Tueuses, disponibles en ligne dès maintenant. Conçues comme un outil de sensibilisation pour le grand public et les acteurs de terrain, les 70 vidéos décrivent 14 grandes problématiques de santé publique et sont en open data, en libre accès et libre utilisation.

Découvrez la série sur la rougeole :

 

► Allez plus loin avec le webdocumentaire Grandes Tueuses

Construit autour de sept pathologies, ce webdocumentaire propose à l’internaute une découverte interactive et multimédia de l’antibiorésistance, du virus Ebola, de l’hépatite C, du paludisme, de la rougeole, de la tuberculose et du VIH-Sida. Les modules vidéo sont enrichis par une sélection de liens permettant d’en savoir plus.

Causes

La rougeole, maladie virale, se propage par les gouttelettes infectées émises par les éternuements, la toux, par contact direct avec les sécrétions nasales ou oropharyngées des personnes infectées et par le contact avec les objets contaminés. La rougeole compte parmi les maladies les plus contagieuses: on estime qu'une personne malade peut contaminer jusqu'à 18 autres personnes (contre 10 pour les oreillons et 2 pour Ebola).

La rougeole touche en premier lieu les enfants et provoque de la fièvre et des éruptions cutanées. Les risques de complications sont importants : infections de l'oreille, pneumonies, diarrhées, malnutrition ou encéphalite (inflammation du cerveau). Ces complications peuvent entraîner des convulsions, une cécité, des retards mentaux et même la mort.

Bien que les décès déclarés soient souvent inférieurs à 1 ou 2% des cas, des enquêtes réalisées entre 2003 et 2005 ont montré que 2,8 à 7% des malades décèdent. Cette proportion peut être encore plus importante dans les situations où l'accès aux soins est faible. En l'absence de traitement et dans certains environnements précaires, la rougeole peut provoquer la mort de 5 à 20% des malades. Et ceux qui ont pu être soignés restent exposés à un fort risque de mortalité pendant les douze mois suivant la maladie. En revanche, une personne qui a eu la rougeole est immunisée contre la maladie à vie.

Epidémiologie

Les épidémies restent fréquentes dans de nombreux pays. La couverture vaccinale (proportion d'enfants vaccinés sur l'ensemble de la classe d'âge qui devrait l'être) doit être très élevée et maintenue à ce niveau pour limiter le nombre de cas et décès et contrôler la survenue d'épidémies.

L'efficacité du vaccin est d'environ 85% : sur 100 enfants vaccinés, 15 seront non-répondants, donc non protégés. Si ces non-répondants ne reçoivent pas une seconde dose et si, de plus, une partie des enfants n'ont pas été vaccinés, un groupe de plus en plus large se constitue au fil des ans et devient suffisamment important pour qu'une épidémie se déclenche.

En moyenne, une couverture vaccinale de 80% va se traduire par des cas et des décès occasionnels et des risques d'épidémies espacés tous les cinq ans ou plus. A 60%, les cas et les décès sont plus importants, les épidémies reviennent fréquemment, tous les trois ans environ.

Lorsque MSF intervient sur des épidémies de rougeole, nos équipes assurent la prise en charge des malades (traitement des symptômes, de la malnutrition consécutive à la rougeole, etc.) et mettent en place des campagnes de vaccination.

Traitement

Il n'existe pas de traitement contre le virus de la rougeole. Pour soigner les malades, il faut prendre en charge leurs symptômes et prévenir les complications. Le traitement est simple et repose sur le paracétamol, les antibiotiques, les pommades ophtalmiques et la vitamine A pour prévenir les complications oculaires. Un support nutritionnel peut être nécessaire, car la rougeole est un facteur de risque grave de malnutrition.

Le meilleur moyen de diminuer la mortalité liée à la rougeole reste de renforcer la prévention. La stratégie actuelle recommande deux doses (deux injections), dans le double but de conférer une immunité aux enfants qui n'ont pas bénéficié de la première dose lors de la vaccination de routine ('rattrapage') et de donner une chance supplémentaire de protection vaccinale aux 'non-répondants' à la première dose (l'efficacité du vaccin est de 85%).

Cet objectif est poursuivi à travers :

  • le renforcement de la vaccination de routine visant les enfants de 9 à 11 mois ;
  • des campagnes nationales de vaccination à intervalles réguliers (entre deux et quatre ans) : SIAV (Supplementary Immunization Activities Vaccination) pour les enfants âgés de 9 mois à 5 ans.