Contexte

Avec les évènements de Kidal de mai 2014 (affrontements entre groupes armés et armée malienne et déroute de cette dernière), l’activité des groupes djihadistes et des groupes armés d’opposition, l’échec  des négociations d’Alger et la perte de popularité du président Ibrahim Boubacar Keïta, l’année aura été marquée par un regain de violence, d’insécurité et de criminalité, notamment dans le nord du pays. Ainsi, depuis le dernier trimestre 2014, on note une multiplication d’incidents de sécurité touchant les ONG et les organisations internationales présentes dans cette zone du pays. 

Le paludisme reste le premier problème sanitaire. Avec l’aide de différents partenaires, la Chimio Prévention Saisonnière (CPS) a été adoptée au niveau national. Fin octobre, sur les 25 districts initialement prévus, 11 avaient été couverts. La malnutrition est un autre problème majeur. Enfin, le 23 octobre 2014, le 1er cas d’Ebola est importé sur le territoire malien.

Projets

PROJET DE KOUTIALA

Depuis 2009, MSF travaille à Koutiala, un district de la région de Sikasso, où – alors qu’on y compte très peu de professionnels de santé - la mortalité infantile est importante, la malnutrition aigüe sévère chez les 6-59 mois est élevée et où le paludisme est la première cause de mortalité.

MSF a développé un mode opératoire simplifié, à coût maitrisé, adapté au district de Koutiala et reproductible dans des contextes similaires. Santé et nutrition sont combinées afin d’agir sur les principales causes de mortalité infantile et leurs interactions. L’objectif est d’améliorer la qualité des soins individuels apportés aux enfants des 42 aires de santé concernées (environ 575 000 habitants, dont 35 000 enfants âgés de 6 à 24 mois et  165 000 enfants âgés de moins de 5 ans).

Pour cela, MSF et le ministère de la Santé ont fait évoluer le projet autour de 4 volets principaux :

  1. Un accès aux soins primaires dans 5 aires de santé du district et une unité pédiatrique allant de 200 lits (en période creuse) à 400 lits (au plus fort du pic de paludisme), incluant une unité nutritionnelle, au sein du Centre de Santé de Référence de Koutiala.
  2. La mise en place de la Chimio prévention Saisonnière (CPS) du paludisme.
  3. Un projet pilote mis en place sur l’aire de santé de Konseguela depuis mars 2010 et visant à définir le pack minimum de soins pédiatriques - curatifs et préventifs - nécessaires à une croissance harmonieuse et permettant d’éviter un trop grand nombre de décès précoces.
  4. Un volet formation et recherche avec l’accueil de stagiaires paramédicaux nationaux et d’étudiants en médecine, ainsi que la conduite de plusieurs études par Epicentre.


En 2014, 78 410 consultations ont été dispensées, dont 33 279 pour des cas de paludisme ; 10 684 consultations de suivi de croissance pour des enfants non malades ont été menées ; 11 467 patients ont été hospitalisés, dont près de 5 000 pour cause de paludisme sévère et/ou compliqué ; pour la troisième année consécutive, la CPS a été mise en place sur 4 mois pour 183 976 enfants âgés de 3 à 59 mois ; 3 313 enfants malnutris ont été pris en charge en ambulatoire et 4 644 ont dû être hospitalisés ; de nombreux enfants ont été vaccinés, dont 6 464 contre la rougeole et 6 061 contre la polio ; 3 640 familles ont bénéficié de distributions de moustiquaires. Enfin, un nouveau laboratoire de bactériologie est fonctionnel depuis mai.

WEB DOCUMENTAIRE

Découvrez notre web documentaire sur la santé infantile au Mali et suivez les parcours de soins de trois jeunes patients.

Santé infantile Mali

 

PROJET DE TOMBOUCTOU

Depuis 2012, MSF travaille dans la zone de Tombouctou (133 000 habitants) où le fonctionnement des services de santé est chaotique (continuité, gratuité, qualité, manque de ressources humaines et matérielles) et où l’insécurité entrave l’accès aux soins.

MSF gère des dispensaires mobiles, soutient le personnel de santé de 5 centres de santé communautaires (Cescom) encore présent dans la zone afin de permettre un accès aux soins primaires (dont le dépistage de la malnutrition aiguë sévère et la vaccination pour la population résidente et déplacée). MSF intervient aussi à l’hôpital régional de Tombouctou (72 lits) sur la prise en charge médico-chirurgicale des urgences.

La dégradation du contexte sécuritaire et le braquage d’un de nos véhicules, en mars, ont nettement réduit les possibilités de supervision des Cescom éloignés, ainsi que les possibilités de mise en place d’un système de références. Les patients ont peur de venir jusqu’à l’hôpital, ou vivent trop loin, et quand ils arrivent leur état de santé est déjà très détérioré.

En 2014, 26 192 consultations ont été dispensées dont 4 612 pour des cas de paludisme ; 508 enfants ont été hospitalisés, 1 346 admissions ont eu lieu en maternité et 356 en chirurgie ; 8 33 actes chirurgicaux ont été effectués ; 9 642 consultations prénatales et 1 756 accouchements ont été menés ; 362 enfants malnutris ont été pris en charge en ambulatoire et 94 ont dû être hospitalisés ; de nombreux enfants ont été vaccinés dont 1 337 contre la rougeole.

PROJET DE YANFOLILA (EBOLA)

A Koutiala, MSF met en place un Centre de traitement Ebola (CTE) de 10 lits et forme le personnel. Dans le district de Yanfolila, un site de transit/observation est construit/réhabilité au sein du centre de santé de référence et un appui apporté aux 17 centres de santé communautaires (formation, donation de matériel et d’équipement). Dans le district de Sélingué , un site de transit/observation est construit au sein du centre de santé de référence et un appui apporté aux 7 centres de santé communautaires (formation, donation de matériel et d’équipement.)