Contexte

Contexte politique et sécuritaire

En 2015, plusieurs évènements ont marqués le contexte, retenu notre attention, et eu un impact sur le suivi sécuritaire de nos projets. On peut les appréhender sous 2 aspects, principalement :

Signature des accords de paix d’Alger en juin 2015
L’aboutissement des négociations de cet accord de paix en milieu d’année s’est fait après de nombreux rebondissements et dans un climat de forte tension entre groupes rebelles de la CMA et milice pro-gouvernementale de la Plateforme. La situation sécuritaire s’est dégradée dans tout le nord du pays, à partir d’avril 2015 et ce jusqu’en octobre où les rencontres intercommunautaire amorcées ont permis de faire avancer les ententes. Les grands enjeux à venir seront la mise en œuvre du plan de paix, le cantonnement et le désarmement des groupes armés et le retour progressif des réfugiés. Le processus de paix reste fragile car les récents évènements (Radisson Blu) montrent bien la force de nuisance de certains groupes radicaux tenu à l’écart des négociations.

Augmentation des incidents de sécurité dans le centre et le sud du pays
Au premier semestre 2015, le contexte sécuritaire s’est fortement détérioré dans l’ensemble du pays en général et dans le sud en particulier. Ainsi on a pu noter une recrudescence des incidents de sécurité dans la région de Gao et le sud de la région de Tombouctou (principalement sur l’axe Goudam – Tombouctou) et une multiplication des actions des groupes islamique armés dans le centre (FLM) et le sud du pays (Ansar Eddine Sud). Les attaques terroristes et incidents de sécurité qui étaient principalement focalisés, jusqu’à fin 2014, dans les régions du Nord Mali se sont propagées dans tout le pays avec des attaques attribuées aux djihadistes à Bamako (la Terrasse le 7/03 et le Radisson Blu le 20/11), dans le centre du pays (hôtel Byblos à Sévaré en août et plusieurs attaques de diverses localités) et dans la région de Sikasso. La grande nébuleuse djihadiste a évolué au cours de l’année avec le développement de groupe au sud et centre du pays (FLM, Katiba Khalid Ibn Wallid) et le ralliement du groupe Al Mourabitoune au sein d’AQMI. La France, ses alliés et les intérêts occidentaux restent les principales cibles de ces derniers.

Les derniers attentats au Mali et au Burkina Faso marquent bien un changement de mode opératoire. Le risque d’attentats dans les autres capitales de la sous-région n’est malheureusement qu’une question de temps.

Contexte Sanitaire

Au global, le contexte sanitaire a été stable en 2015 (fin de l’épidémie d’Ebola), mais il est à noter un nombre de cas de paludisme plus important que les autres années dans le nord du pays. De plus, plusieurs cas de méningite ont été rapportés (69 en 2015) et une vigilance toute particulière doit être faite au Mali pour cette année par rapport au risque d’épidémie de méningite C. Enfin, il y a eu plusieurs cas de fièvre jaune dont certains dans le district de Koutiala ou nous avons appuyé le ministère de la Santé dans sa réponse.

De nombreux acteurs humanitaires et de développement sont encore présents dans le pays. Les ONG ont une présence de plus en plus soutenu dans le Nord du pays. Pour autant, elles sont toutes dépendantes de financements extérieurs qui restent encore fluctuant par rapport aux besoins humanitaires des populations. MSF et le CICR restent les seules organisations à pouvoir apporter une réponse d’urgence et à avoir un déploiement conséquent dans le pays.

Projets

PROJET KOUTIALA

Contexte et description du projet

L’activité hospitalière s’est stabilisée et on peut noter une nette amélioration de la qualité de prise en charge des enfants. Des efforts sur le plan de la vaccination de routine doivent être encore faits. En 2015, les principales avancées ont porté sur la formation et la responsabilisation du personnel infirmier, la redéfinition des postes (répartition responsabilités médecins / infirmiers) et le respect des critères d’admissions et de sorties.

De plus, il y a eu un changement organisationnel avec l’officialisation des pôles avec des médecins seniors nationaux et la redéfinition du poste référent pédiatre senior expatrié. Cela a permis le renforcement du transfert de compétences et la responsabilisation de façon plus globale du personnel national.

Bilan des activités à l’Hôpital de Koutiala

Tableau Koutiala

  • 78 % des urgences sont hospitalisées
  • On note une nette diminution des brûlés en 2015 avec 68 ad- missions contre 104 en 2014 (sans explications significatives).
  • La mortalité en néonatologie reste toujours un challenge malgré une nette amélioration en 2015 : 8,9% de mortalité contre 15% en 2014.
     

Bilan des activités externes

  • Le nombre de consultations externes a  augmenté  de 10% avec 86 529 consultations sur les 5 centres de santé soutenus par MSF.
  • Les admissions en centre nutritionnel ambulatoire (UREN ont diminué de 21% (5321 admissions)
  • Le programme de recherche RONI sur les paquets de soins pédiatriques à Konséguela est stable avec 1744 admissions
  • 190 000 enfants ont bénéficié de la chimio-prévention saisonnière contre le paludisme cette année avec 20 centres de santé communautaires sur 42 directement gérés par les équipes du ministère de la Santé.
  • Extension du programme RONI sur les 4 autres centres de santé communautaires soutenus par MSF.


Raisons d’interventions, contexte

Le projet de Koutiala reste pertinent au regard d’une part de l’activité médicale, du nombre d’enfant pris en charge mais aussi au vu de toutes les recherches opérationnelles en cours et des formations mises en place. Nous devons par contre prendre en considération le volume opérationnel et le risque de détérioration du contexte sécuritaire. Les récents discours d’AQMI et d’Iyad (Ansar Eddine) appelant à la mobilisation anti Français ainsi que la présence près de Sikasso de la katiba Khalid Ibn Walid, affiliée à Ansar Eddine, puissante et ayant des liens dans toute la région et sous-région nous obligent à renforcer notre vigilance.

Pour 2016, les raisons d’intervention de MSF dans le district de Koutiala restent inchangées. Par contre les activités externes sont en cours de révision et feront l’objet d’une proposition opérationnelle courant 2e semestre.

PROJET TOMBOUCTOU

Contexte et description du projet

MSF est présente à Tombouctou depuis 2012 suite à l’occupation de la région par les groupes radicaux. Le contexte de la région de Tombouctou a peu évolué en 2015 que ce soit sur le plan sanitaire et sécuritaire. Mais l’année marquée par un nombre de cas de paludisme important pour le nord. MSF a déployé une vingtaine d’agents paludisme dans une dizaine de villages pour répondre à cette situation. MSF est présent à l’hôpital général de Tombouctou (86 lits), dans 3 centres de santé communautaires du cercle et apporte un support à la consultation maladie chronique du centre de santé de référence.

Bilan des activités à l’Hôpital de Tombouctou

tableau mali tomboucoy