En bref
MSF intervient depuis 2009 dans la région de Sikasso, dans le sud-est du pays, afin de réduire le taux de mortalité infantile, supérieure à 250 ‰ dans la région. La prise en charge des principales pathologies affectant la jeune enfance, comme la malnutrition et le paludisme, s'effectue dans l'hôpital de district de Koutiala et dans cinq centres de santé du district.
Dans l'aire de santé de Konséguéla, également située dans la région de Sikasso, un projet intégré se propose de développer des approches innovantes pour la prévention, le dépistage et le traitement précoce des principales pathologies meurtrières de la jeune enfance.
Dépenses 2010 : 4 837 000 €
Financements : 81 % privés, 19 % institutionnels (dont ECHO, European Community Humanitarian aid Office)
Équipe : 25 internationaux et 170 nationaux
Contexte
Malgré une relative stabilité politique, le Mali est confronté à une présence de plus en plus visible de mouvements de mouvance djihadiste liés à AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique). Les zones désertiques du nord, frontalières avec le Niger, la Mauritanie et l'Algérie, constituent la base-arrière à partir de laquelle plusieurs enlèvements et tentatives d'attentats ont été menés en 2010 sur le sol malien, mais aussi dans d'autres pays de la région. Ceci a eu pour effet une réduction de la présence d'acteurs de l'aide sur le terrain, en particulier dans le nord du pays. MSF a également dû revoir son dispositif d'intervention afin de réduire l'exposition au risque de ses équipes.
Pourtant le Mali, plus particulièrement le nord, a dû faire face en 2010 à une crise alimentaire et nutritionnelle - qui a touché également plusieurs pays sahéliens - alors que le taux de malnutrition aiguë était déjà élevé (il était estimé à 15% en 2006). Le paludisme constitue aussi un facteur important de morbidité (estimée à 2 à 3 épisodes par an et par personne) et de mortalité, en particulier chez les plus jeunes.
Ces dernières années, les autorités maliennes ont adopté des mesures destinées à améliorer la situation sanitaire pour les plus vulnérables. Des programmes nationaux ont été mis en place afin de réduire l'impact des principales causes de mortalité pour les enfants en bas âge et les femmes enceintes. Malgré ces efforts, l'accès aux soins demeure compliqué ou inaccessible pour de nombreuses personnes.
Projets
Projet pédiatrique dans le district de Koutiala
Depuis juillet 2009, MSF intervient dans l'hôpital de district de Koutiala, à environ 300 km au Sud-Est de Bamako, ainsi que dans cinq zones de santé du district, afin d'appuyer le système de santé national dans la prise en charge des principales pathologies pédiatriques.
Dans les cinq centres de santé communautaire (CESCOM) de N'Togonasso, Molobala, Miéna, Mpessoba et Konséguéla, MSF offre des consultations gratuites pour les enfants de moins de 5 ans et prend en charge les cas de malnutrition sévère par des activités ambulatoires (URENAS). Les cas les plus sévères sont transférés à l'hôpital de Koutiala, où un service de soins intensifs pédiatriques et une Unité de réhabilitation nutritionnelle intensive (URENI) ont été mis en place. MSF est intervenue également pour augmenter les capacités d'hospitalisation pédiatrique, permettant d'offrir jusqu'à 350 lits au cours des six derniers mois de l'année, quand le nombre d'hospitalisations mensuelles a été parfois multiplié par dix.
En 2010, environ 48 000 consultations ont été réalisées, dont plus de 33 000 dues au paludisme. Cette pathologie a été également à l'origine de plus de 80 % des admissions pédiatriques à l'hôpital de Koutiala (6 253 au total). 7 600 enfants sévèrement malnutris ont pu être pris en charge, dont plus de 4 000 ont nécessité une hospitalisation.
Projet de recherche opérationnelle en pédiatrie à Konséguéla
En mars 2010, MSF et le ministère de la Santé malien ont démarré un projet conjoint et intégré dans l'aire de santé de Konséguéla, afin de définir des approches simplifiées et décentralisées de traitement, dépistage précoce et prévention des principales pathologies "meurtrières" de la jeune enfance (paludisme, malnutrition, infections respiratoires et diarrhées).
Tous les enfants âgés entre 6 mois et 2 ans de l'aire de santé sont inclus dans un programme de suivi qui comprend des activités vaccinales, des consultations de suivi, la distribution de moustiquaires ainsi que la mise à disposition d'un supplément nutritionnel prêt à l'emploi.
Depuis août 2010, le dépistage précoce et le traitement du paludisme sont également effectués dans les 17 villages de l'aire de santé par du personnel non-médical formé par MSF.
Des soins curatifs pédiatriques et nutritionnels sont également offerts dans le centre de santé de Konséguéla. En 2010, plus de 15 000 consultations y ont été effectuées, dont environ la moitié pour des cas de paludisme, et 1 075 cas de malnutrition sévère ont été pris en charge.
Le programme bénéficie d'une très bonne acceptation et adhérence de la part des mères : ainsi, 1 773 des 1 775 enfants ayant reçu la première dose du vaccin pentavalent ont complété le parcours vaccinal de trois doses. La population fait également part d'une diminution significative du nombre de décès liés au paludisme au cours du pic annuel de 2010. Une enquête de mortalité rétrospective est prévue en 2011 afin de préciser ces résultats.



