En bref

MSF intervient dans la région de Sikasso, dans le sud-est du pays, à travers un projet qui vise à réduire la mortalité infantile, liée principalement à la malnutrition et au paludisme. L’hôpital de Koutiala a accueilli 13 000 enfants en 2011. A Konséguéla, soins curatifs et préventifs sont proposés à tous les enfants en bas âge et mis en place via des stratégies simplifiées et décentralisées qui amènent les soins jusque dans les villages.

Au printemps 2012, MSF est de retour dans le nord du pays, bouleversé par le conflit entre forces gouvernementales, rebelles touareg du MNLA (Mouvement National pour la Libération de l'Azawad), groupes islamistes et éléments liés au grand banditisme.

Dépenses 2011 : 3 525 695 €
Financements : 79 % privés, 21 % institutionnels (dont ECHO, European Community Humanitarian aid Office)
Équipe : 15 internationaux et 259 nationaux

Dossier Urgence Sahel

Dossier Urgence Sahel

Ce dossier rassemble les articles, vidéos, publications concernant la crise nutritionnelle frappant la région du Sahel.

Contexte

Malgré d'importants progrès, la mortalité infantile reste très élevée au Mali : 178 décès avant l'âge de 5 ans pour 1 000 naissances vivantes. La malnutrition aiguë touche plus de 10% des enfants dans le pays , alors que le paludisme représente toujours la première cause de mortalité infantile. La gratuité des soins pour le paludisme et la malnutrition chez l’enfant est en vigueur depuis 2007, mais elle n’est pas effective pour de vastes portions de la population, notamment dans les zones rurales.

Au printemps 2012, le Mali est confronté à une grave crise politique et militaire.
Mi-janvier, les rebelles touaregs du MNLA (Mouvement National pour la Libération de l'Azawad) lancent une offensive contre les positions gouvernementales. Avec le concours de groupes de mouvance islamiste, ils s’emparent fin mars de Tombouctou, Kidal et Gao, les trois principales villes du nord. Le pays se trouve ainsi virtuellement coupé en deux. Le 22 mars, le président Amadou Toumani Touré est déposé par un coup d'état militaire, et les élections présidentielles prévues au mois d'avril sont repoussées à une date non précisée.

Enfin l'insécurité et le risque d'enlèvements restent une menace pour les acteurs de l'aide, alors même qu’une crise nutritionnelle plus sévère que les années précédentes est annoncée dans le pays, comme dans le reste du Sahel, à l’été 2012.

Projets

Depuis 2009, MSF mène un projet pédiatrique dans la région de Sikasso, au sud-est du pays, en collaboration avec le ministère de la Santé malien. Dans 4 centres de santé, MSF assure la prise en charge de la malnutrition et des autres principales pathologies de l’enfance. MSF transfère les cas les plus sévères à l’hôpital de district de Koutiala, où le service de pédiatrie, les soins intensifs pédiatriques et le centre nutritionnel thérapeutique gérés par MSF atteignent une capacité de 350 lits entre juillet et décembre. Le paludisme est à l’origine de plus de la moitié des consultations et de deux-tiers des hospitalisations. En 2011, 53 500 consultations pédiatriques et plus de 13 000 hospitalisations ont été réalisées.

Dans une cinquième aire de santé, celle de Konséguéla, MSF met à disposition des enfants un ensemble de mesures curatives et préventives : tous les enfants de moins de 2 ans ont accès aux vaccinations de routine, reçoivent un supplément nutritionnel à base de lait ainsi que des moustiquaires, et bénéficient de consultations périodiques de suivi. Des ‘agents de santé communautaire’ dépistent et traitent les cas de paludisme simple dans 19 villages et adressent les enfants souffrant d’autres pathologies au centre de santé. Ce dispositif a permis de soigner 6 000 cas de paludisme simple en 2011, en plus des 20 000 consultations effectuées au centre de santé de Konséguéla.

L’appropriation du projet par la population se traduit par une très bonne adhésion aux activités : 95% des enfants ayant reçu une consultation de routine à 6 mois se sont présentés pour un suivi à 12 et 18 mois, alors que plus de 98% des enfants âgés de 24 mois ont reçu les trois doses du vaccin pentavalent* .

En 2012, pendant le pic annuel de paludisme, MSF prévoit de fournir un traitement préventif contre le paludisme à environ 115 000 enfants de moins de 5 ans dans le district. Cette approche, déjà introduite en voie préliminaire dans d’autres pays de la région, a permis de réduire de façon significative le nombre de cas de la maladie.

Dans le nord du Mali, où MSF était déjà intervenue en 2008, des équipes sont de retour depuis février 2012. Plus de 320 000 personnes auraient été déplacées par les combats entre rébellion touareg et armée malienne, dont environ la moitié vers les pays limitrophes. Dans les régions de Tombouctou et Kidal, MSF a mis en place des équipes mobiles et épaulé le personnel de santé encore présent afin de rétablir un accès aux soins primaires, y compris le dépistage de la malnutrition aigue et la vaccination, pour la population résidente et déplacée. Dans l’hôpital de Tombouctou, l’intervention de MSF dans le service de pédiatrie, commencée au mois d’avril, s’étoffe en mai avec un volet chirurgical d’urgence.

Des évaluations nutritionnelles étaient également menées au printemps 2012, afin d’estimer l’impact d’une période de soudure qui s’annonce particulièrement difficile dans plusieurs régions du pays.

*Diphtérie, tétanos, coqueluche, hémophilus influenzae B, hépatite B