Contexte

Zone de passage entre la Lybie et le Mali pour les groupes djihadistes, le trafic d’armes et de stupéfiants et zone de passage pour les migrants d’Afrique de l’Ouest cherchant à rejoindre l’Europe, le Niger est au carrefour des enjeux régionaux et au cœur des dispositifs sahéliens de lutte contre le terrorisme.

L’insécurité et les pressions exercées aux frontières sont générales (Mali, Libye, Tchad et Nigeria). Même s’ils sont basés au Mali, les groupes djihadistes AQMI, MUJAO et Al Mourabitoune sont actifs sur le territoire.

L’instabilité sécuritaire au nord du Mali continue d’occasionner des déplacements de personnes vers les régions de Tillabéry et Tahoua.

L’intensification des combats (après coalition avec le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Bénin) avec le groupe de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest (ex-Boko Haram) dans le nord du Nigeria, autour du lac Tchad et dans le sud-est du Niger a entraîné le déplacement de plus de 200 000 personnes dans la région de Diffa.

Au-delà de ces tensions sécuritaires croissantes, le Niger est confronté à une crise politique interne où majorité présidentielle et opposition s’affrontent autour des enjeux électoraux de 2016. Révocations, évictions, postes honorifiques, les recherches d’alliance et la mise à l’écart des opposants à la veille de ces élections sont légion. Les difficultés du gouvernement à améliorer les conditions de vie et à assurer le développement du pays apparaissent comme une raison de radicalisation d’une partie de la population à qui le discours islamique apporte réponses et perspectives.

Au niveau sanitaire, malgré quelques progrès enregistrés, le niveau de la mortalité des enfants au Niger (127 pour 1 000) reste tout de même l’un des plus élevés dans la sous-région. La situation nutritionnelle au Niger reste un défi majeur au regard du taux de malnutrition aiguë globale (MAG) de 15% et celui de la malnutrition aiguë sévère (MAS) de 4,5% selon les résultats de l’enquête SMART de 2015. Ces chiffres sont en augmentation par rapport à ceux de 2014 et 2013.

Projets

PROJET MÉDICO-NUTRITIONNEL ET PÉDIATRIQUE DE MADAROUNFA (RÉGION DE MARADI)

Le district de Madarounfa est situé dans la région de Maradi, frontalière avec le Nigeria. Avec 3,8 millions d’habitants, Maradi est la 3ème région la plus peuplée du Niger. Avec environ 500 000 habitants, Madarounfa est le 5ème district sanitaire le plus peuplé de Maradi.

A Madarounfa, MSF soutient différentes activités préventives et curatives pour les enfants âgés de moins de 5 ans au niveau du district sanitaire. Pendant le pic de paludisme, MSF a appuyé quatre centres de santé et mis en place une unité d’hospitalisation temporaire des cas paludisme à Dan Issa, district frontalier du Nigeria. Un appui logistique a par ailleurs permis d’assurer un approvisionnement régulier des centres de santé du district en aliments thérapeutiques.

L’activité du projet a été en hausse par rapport à 2014 : les hospitalisations ont augmenté de 8% en pédiatrie et dans les CRENI (centre de récupération et d’éducation nutritionnelle intensif) et l’activité des CRENA (centres de récupération et d’éducation nutritionnelle ambulatoire) a augmenté de 10%. Une augmentation des cas les plus graves (9% d’œdèmes contre 5,5% en 2014 et 26% de périmètres brachiaux < 115 contre 10,9% en 2014) a aussi été observée. Cette année, 31,7% des patients accueillis dans les CRENA venaient du Nigeria (contre 19,8% en 2014). La mortalité de ces enfants, arrivant souvent dans des états graves, a été de 19% au CRENI de Madarounfa.

En avril, les activités menées par FORSANI dans quatre CRENA ont été reprises par les équipes MSF. L’inclusion exclusive au périmètre brachial (MUAC) dans une aire de santé n’a pas pu être menée du fait de la réticence des autorités sanitaires. La détection précoce de la malnutrition par les mères via le MUAC a été repoussée à 2016.

En 2015, 14 682 enfants ont été nutritionnellement pris en charge dont 4 969 ont nécessité une hospitalisation. Le service de pédiatrie a admis 4 834 enfants, dont 47 % pour cause de paludisme. Pendant le pic de paludisme, 32 720 enfants ont reçu une chimio prophylaxie préventive.

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10 années de lutte contre la malnutrition au Niger en un coup d'oeil