Contexte

Le Niger est directement confronté aux problèmes de sécurité de ses voisins (Mali, Libye, Tchad et Nigeria). Ainsi, en 2014, l’expansion de Boko Haram dans le nord du Nigeria a conduit à l’arrivée de 100 000 déplacés sur la région de Diffa, au sud-est du Niger. Du fait de son engagement dans la lutte anti-terroriste et de la présence de bases militaires, françaises et américaines, le Niger est aussi régulièrement menacé de représailles par les différents groupes djihadistes. Au niveau national, la perspective des élections présidentielles de 2016 présente un risque d’accroissement des tensions politiques entre le parti au pouvoir et l’opposition.

Sur le plan sanitaire, chaque année, au Niger, près de 1 000 000 d’enfants sont atteints de malnutrition, modérée ou sévère. C’est surtout vrai lors de la période de soudure et du pic annuel de paludisme, de juillet à novembre. Le paludisme, les infections respiratoires et les diarrhées  constituent les trois premières causes de morbidité et de mortalité. Or le retard pris dans le paiement des factures des structures de Santé entraîne parfois une rupture des approvisionnements en médicaments essentiels.

Pourtant, le Niger bénéficie d’un appui financier conséquent de la part de la communauté internationale. Mais, chaque année, plus de 300 000 enfants malnutris sévères sont pris en charge à travers le pays (et ce quel que soient les résultats des campagnes agricoles et malgré tous les projets de sécurité alimentaires et de prévention de la malnutrition mis en place par les différents partenaires/acteurs humanitaires et l’État). Cependant, il faut noter qu’entre 1990 et 2012, la mortalité des moins de 5 ans a été réduite des deux tiers.

Projets

PROJET DE MADAROUNFA

Le district sanitaire de Madarounfa, dans la région de Maradi, est le 4ème district sanitaire le plus peuplé la région de Maradi , frontalière avec le Nigeria. Dans la zone, les prévalences de la Malnutrition Aigüe Globale (MAG) et de la Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) restent au-dessus des seuils d'urgence définis par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

MSF vient en appui au district de Madarounfa afin de réduire la mortalité des enfants âgés de 0- 5 ans : activités préventives et curatives dans 11 aires de santé du district. La MAS est prise en charge dans 2 centres de récupération nutritionnelle ambulatoire (CRENAS) et 1 centre de récupération nutritionnelle intensive (CRENI = unité d’hospitalisation). 4 autres CRENAS sont gérés par l’ONG nigérienne Forum santé Niger (FORSANI), sous la supervision de MSF. MSF soutient également l’unité pédiatrique de l’hôpital de Madarounfa et fournit une aide logistique sur l’ensemble du district, afin d’assurer un approvisionnement régulier en aliments thérapeutiques des centres de santé . De juillet à novembre, pendant le pic annuel de paludisme, MSF appuie des centres de santé pour la prise en charge des cas (soutien logistique et en ressources humaines). En 2014, 11 centres ont ainsi été appuyés. A Dan Issa, dans le sud du district, tous les ans au moment du pic, une unité d’hospitalisation temporaire est ouverte afin de décharger l’hôpital de Madarounfa et de prendre en charge les cas les plus sévères, dont ceux en provenance du Nigeria. Des activités préventives (chimio-prophylaxie saisonnière du paludisme, suivi des vaccinations, distribution d’aliments nutritionnels complémentaires et de moustiquaires) sont mises en place sur le district afin de réduire le nombre et la sévérité des cas de malnutrition associée. Enfin, ces activités - curatives et préventives - sont complétées par un réseau de relais communautaires.

En 2014, 137 053 enfants ont été dépistés pour la malnutrition ; 14 527 ont été admis dans nos centres nutritionnels (CRENAS et CRENI) ; 66 288 consultations ont été dispensées (près de 52% pour des cas de paludisme) ; 2 927 enfants ont été hospitalisés, dont 1 887 cas de paludisme sévère ; 38 936 patients âgés de 3 à 59 mois ont bénéficié de la chimio-prophylaxie saisonnière du paludisme, 288 534 doses d’aliments nutritionnels complémentaires et 7 850 moustiquaires ont été distribuées et 54 482 doses de vaccins ont été administrées. 

PROJET D'ABALA

Ce projet, ouvert en mai 2012, faisait suite à l’arrivée de plus de 10 000 réfugiés maliens dans le nord-ouest du Niger. L’objectif : offrir un accès aux soins, primaires et secondaires, aux populations réfugiées et autochtones (52 328 personnes) et répondre aux urgences dans la zone. En juin 2014, nos activités ont été passées au Croissant Rouge Qatari.

Au total, 61 796 consultations générales - essentiellement pour des cas de paludisme et d’infections respiratoires - 6 261 consultations anténatales et 1 001 consultations postnatales ont été dispensées ;  1 168 accouchements ont été menés ; 10 677 enfants ont été dépistés pour la malnutrition, 751 ont été admis dans nos centres nutritionnels ; Et 2 706 patients ont été hospitalisés.

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10 années de lutte contre la malnutrition au Niger en un coup d'oeil