Médecins Sans Frontières accueille favorablement la décision de Roche de baisser de manière significative le prix de ses médicaments contre le SIDA dans les pays pauvres.

Médecins Sans Frontières a commencé un programme de traitement des malades du sida par antirétroviraux (ARV) à la Blue House une structure de santé qui accueille des patients vivant dans le bidonville de Matharé à Nairobi.
©Chris de Bode

Depuis le mois d'avril dernier, Médecins Sans Frontières demandait instamment à Roche, le laboratoire pharmaceutique suisse, de diminuer de manière significative le prix d'un de ses médicaments contre le sida, le nelfinavir (Viracept®), utilisé pour les traitements de seconde ligne. Le nelfinavir était en effet à un prix hors d'atteinte pour la plupart des patients des pays pauvres, mais surtout proposé plus cher dans des pays comme le Guatemala (8 358 US$ par patient et par an ) et l'Ukraine (7 110 US$ par patient et par an) qu'en Suisse (6 169 US$ par patient et par an).

L'annonce faite par Roche hier démontre que l'entreprise a pris ces demandes en considération. Le prix proposé par le laboratoire aux pays les moins avancés - de 899 US$ par patient et par année- est équivalent à une réduction d'environ 85 % par rapport au prix pratiqué en Suisse. Les pays à revenu moyen bénéficient d'un prix de 2967 US$ par patient et par an, soit une réduction de 48%. Les prix annoncés par Roche ne comprennent cependant pas les coûts additionnels pour l'envoi, les taxes et la distribution, ce qui peut majorer le prix annoncé d'environ 20%.

MSF regrette toutefois que ces mesures ne surviennent que près de 3 ans après la signature de l'initiative « Accélérer l'accès à la prise en charge du VIH/SIDA» de l'ONUSIDA (*), par laquelle 5 entreprises pharmaceutiques s'étaient engagées à réduire leurs prix de manière significative. Roche restait la compagnie qui proposait les offres les moins avantageuses aux pays en développement.
Toutefois, le moyen le plus efficace pour faire baisser les prix reste la compétition des génériques. C'est pourquoi MSF demande la mise en place d'un système international garantissant l'accès pour les pays pauvres des médicaments aux prix les plus bas possibles (c'est-à-dire incluant, entre autres mesures, le recours aux génériques et un mécanisme effectif et durable de prix différenciés).

*Initiative lancée par ONUSIDA en 2000. Plutôt que d'imposer des réductions pour les pays les moins avancés et ceux à revenus moyens, il appartient aux pays de négocier le prix de chaque médicament avec les multinationales ayant adhéré à l'initiative : Roche, Merck, Boehringer, Ingelheim, GlaxoSmithKline et Bristol-Myers Squibb.

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