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RDC - Le choléra et la malnutrition ajoutent à la souffrance extrême des populations du Nord Kivu

Déplacés dans les camps situés à l'ouest de Goma. 45.000 personnes vivent dans ces camps où l'aide humanitaire est insuffisante.
Déplacés dans les camps situés à l'ouest de Goma. 45.000 personnes vivent dans ces camps où l'aide humanitaire est insuffisante. © Guillaume Le Duc / MSF

MSF s'alarme de la situation des populations du Nord Kivu qui se trouvent aujourd'hui dans un état de vulnérabilité extrême. Les déplacements de populations sont incessants et se sont accrus avec l'intensification du conflit armé dans cette province de l'est de la République Démocratique du Congo (RDC). Signe de l'aggravation de la situation humanitaire, la malnutrition se développe et le choléra se propage dans différentes régions du Nord Kivu.

"A travers nos programmes d'aide médicale dans les territoires du Masisi et du Rutshuru, nous sommes témoins d'une situation alarmante", explique Colette Gadenne, chef de mission pour MSF. "Les personnes déplacées ont souvent dû fuir à plusieurs reprises, depuis plusieurs années, et sont aujourd'hui à bout de forces. La difficulté d'accéder aux soins, la malnutrition, les épidémies mais aussi les violences exercées contre les civils sont à l'origine de cette grande vulnérabilité."

Depuis la mi-novembre, des dizaines de milliers de déplacés sont arrivés à Masisi, Kitchanga, Rutshuru, Nyanzale et Goma. L'accès des populations aux soins de santé, déjà faible auparavant, est aujourd'hui encore plus limité. En effet, suite aux hostilités, beaucoup d'organisations d'aide ont dû suspendre leurs activités, alors que les centres de santé ne sont plus approvisionnés ou ont même été désertés par le personnel soignant.

Malnutrition. Ne pouvant plus cultiver leurs terres, et n'ayant plus accès à leurs réserves de nourriture, les personnes déplacées perdent leur seul moyen de subsistance. Faute de nourriture, la malnutrition se développe. Dans ses projets, MSF traite de nombreux cas de malnutrition modérée et sévère chez les jeunes enfants. A Nyanzale, 125 enfants sévèrement malnutris sont hospitalisés chaque mois. A Masisi, depuis l'ouverture du programme nutritionnel de MSF à la mi-octobre, 700 enfants souffrant de malnutrition aiguë ont été enregistrés et une cinquantaine sont actuellement hospitalisés. Nous craignons que cette situation n'empire dans les prochaines semaines.

L'aide humanitaire reste insuffisante dans les camps de déplacés

Choléra. A Rutshuru, c'est aujourd'hui une épidémie de choléra qui fait rage. C'est la première fois que MSF fait face à une épidémie de choléra depuis que nous avons commencé à travailler à Rutshuru en 2005. Depuis la mi-novembre, plus de 1.200 malades ont été traités par MSF dans la région et de nombreux patients continuent d'arriver.

S'il n'est pas traité, le choléra peut être mortel dans 50% des cas. "Avec les nouveaux déplacements, la population de Rutshuru a plus que doublé en l'espace d'un mois", constate Augustin Augier, coordinateur de MSF à Rutshuru. "Par conséquent, la quantité d'eau par personne a diminué et les conditions d'hygiène se sont détériorées, ce qui a favorisé l'épidémie de choléra." MSF a par ailleurs traité plus de 1.600 malades du choléra depuis le mois de septembre dans la région de Goma.

Camps de déplacés. Dans les camps situés à l'ouest de Goma, qui abritent plus de 45.000 personnes, les déplacés se plaignent du manque de nourriture. L'aide humanitaire reste en effet insuffisante dans ces camps, qui sont pourtant aisément accessibles.

Dans les hôpitaux de Masisi et de Rutshuru, 360 blessés de guerre, tant civils que militaires, ont été soignés depuis le mois de septembre. MSF offre également une prise en charge des victimes de violences sexuelles à Kitchanga, Rutshuru, Nyanzale et à Masisi. Au total, plus de 2.900 victimes ont été traitées en 2007.

Insécurité. MSF travaille dans des régions du Masisi et du Rutshuru, où elle est souvent la seule organisation internationale présente. "Même si nous travaillons au plus près des zones du conflit et si nous faisons face à d'énormes besoins humanitaires, les combats et l'insécurité laissent des milliers d'autres personnes hors d'atteinte", s'inquiète Philippe Havet, coordinateur de MSF à Masisi. "Nous sommes profondément inquiets pour tous ceux qui restent coupés de l'aide, pris au piège du conflit armé."

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