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Pakistan : améliorer la santé materno-infantile, un engagement à long terme

Une équipe MSF procède à un accouchement par césarienne
Une équipe MSF procède à un accouchement par césarienne © Seb Geo

Médecins Sans Frontières a ouvert en mars 2010 un service de consultation interne à l'hôpital de Dera Murad Jamali, proposant des soins obstétriques d'urgence gratuits incluant accouchements non-chirurgicaux, césariennes, soins néonataux, anténataux et postnataux.

Une crèche adjacente au service d'hospitalisation accueille les nouveau-nés qui ont besoin de soins intensifs après l'accouchement. La plupart d'entre eux sont admis pour prématurité, asphyxie à la naissance ou tétanos.

Depuis le mois de mars, MSF a procédé à 337 accouchements, dont 242 compliqués desquels 41 effectués par césarienne. MSF a également admis 247 nouveau-nés à la crèche.

Des pratiques inadaptées

Nos équipes observent un manque critique d'information pendant la grossesse et un accès aux soins restreint, notamment dans les zones rurales. De fait, les femmes présentent plus de risque de fausse-couche ou de complications pendant l'accouchement.

Gulatun, une patiente de la maternité MSF, doit accoucher dans deux mois, mais le placenta bloque son utérus. « J'ai commencé à m'inquiéter car cela faisait plusieurs jours que je saignais ». Elle devra accoucher par césarienne.

D'ordinaire, les femmes donnent naissance à domicile avec l'aide d'une sage-femme privée (dai), équipée de matériel peu ou pas stérilisé. Les nouveau-nés sont donc plus exposés aux risques infectieux.

A cela s'ajoute une utilisation excessive d'un médicament appelé ocytocine, une hormone naturelle qui est libérée dans la circulation sanguine pendant l'accouchement. Administrée avec une posologie adaptée, l'ocytocine synthétique peut accélérer un accouchement naturel retardé. Cependant, donnée au mauvais moment et au mauvais dosage, elle peut provoquer des contractions démesurées nuisibles au bébé et peut également causer la rupture de l'utérus, souvent fatale à la mère ou à l'enfant.

« Au Pakistan les gens croient à tort qu'un bon accouchement doit être court. Les praticiens n'hésitent donc pas à administrer de grandes quantités d'ocytocine - parfois huit fois plus que la dose normale - afin d'avoir des accouchements plus rapides, mais aussi plus compliqués et dangereux », explique Linnea.

A l'hôpital, les équipes MSF accompagnent les soins obstétriques d'informations sur la grossesse, les risques d'un accouchement à domicile et des conseils pré et postnataux. Cette sensibilisation est nécessaire pour améliorer la santé materno-infantile sur le long-terme.

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