Népal : "c'est surtout l'accès à l'eau potable qui pose problème"

Katmandu quelques jours après le séisme
Katmandu quelques jours après le séisme ©Jean-Paul Delain/MSF

Christophe Garnier est logisticien pour MSF. Il était au Népal lors du tremblement de terre et il a rejoint Katmandou par la route en provenance de Pokhara. Joint au téléphone, il livre ses premières impressions dans un pays qui oscille entre la survie, la peur et un début de retour à la vie « normale ».

« Le samedi 25 avril nous avons assez peu ressenti la secousse dans la région de Pokhara, à plus de 200 km au nord-ouest de Katmandou, la capitale du Népal. En traversant la ville de Pokhara et sur la route, il y avait très peu de dégâts. En revanche, nous avons eu beaucoup de témoignages sur des villages presque entièrement détruits, plus profondément dans les vallées.

A l’arrivée à l’entrée de Katmandou le trafic était plus dense que d’habitude, mais la ville connaît toujours des embouteillages. Bien sûr, les bus étaient pleins de gens qui voulaient rejoindre leur village pour se mettre à l'abri, avoir accès à l’eau, à de la nourriture ou retrouver leur famille. J’ai plusieurs amis népalais qui vivaient à Katmandou et qui sont tous rentrés dans leur village pour mettre leur famille à l’abri.

Nous n’avons vu les premières destructions et des gens sous des tentes qu’à environ 40 km de la capitale. Les immeubles ont plutôt bien résisté et même si des maisons et certains bâtiments se sont effondrés en centre-ville, Katmandou n’est pas un champ de ruines.

L’électricité fonctionne plutôt correctement. Côté réseaux de communication, c’est un peu plus compliqué, mais on y arrive. C’est surtout l’accès à l’eau potable qui pose problème. Dans les quartiers, il y a pas mal de gens qui dorment dehors, mais plus par peur de rentrer chez eux que parce que leur maison a été détruite.

Notre équipe chirurgicale est à pied d'oeuvre à l'hôpital de Bhaktapur

Aujourd’hui, mercredi 29 avril, les équipes MSF se mettent en place. Demain, je vais me rendre, avec notamment un autre logisticien et un médecin, à Arughat, une ville située au nord-ouest de Katmandou, à environ 140 km mais à plus de 7 heures de route. Selon le ministère de la Santé et de la Population népalais, avec lequel nous coordonnons nos actions, cette ville a été très gravement touchée. Nous allons étudier la possibilité d’installer notre hôpital gonflable, parti de notre base logistique de Bordeaux hier.

De son côté, notre équipe chirurgicale est à pied d’œuvre à l’hôpital de Bhaktapur, à l'est de Katmandou. Elle va prodiguer des soins dans cette structure du ministère de la Santé, le temps d’acheminer et d’assembler notre hôpital gonflable. Nous avons déjà 33 expatriés sur le terrain.

Ici, dans la soirée, l’atmosphère est plutôt calme. La vie reprend peu à peu son cours même si la plupart des magasins sont fermés car beaucoup de gens ont eu très peur et sont partis. Les répliques contribuent à une situation de stress et créent un risque pour les bâtiments déjà ébranlés par le séisme du samedi 25 avril dernier. Dans les prochains jours, nous allons poursuivre nos explorations vers les zones les plus reculées pour mieux évaluer les dégâts et les besoins d’intervention. »

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