URGENCE GAZA

Rouvrir une clinique dans la ville de Gaza :
« Nous avons vécu les jours les plus difficiles de notre vie »

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Le point sur l'actualité et nos activités à Gaza

La situation très critique qui prévalait déjà dans les Territoires palestiniens -notamment à Gaza - depuis plusieurs mois perdure.
Le point sur les pertes humaines et matérielles, sur l'état du système de Santé palestinien, sur les problèmes d'apprivoisement en eau et électricité et sur la réponse apportée par MSF.

Entre le 28 juin, début de l'opération « pluie d'été », et le 18 juillet 2006, à Gaza, 101 Palestiniens (dont 18 enfants, 9 femmes et 3 personnes handicapées) ont été tués : près de la moitié étaient des civils et on compte plus de 300 blessés au cours des incursions et attaques.

Des infrastructures civiles (ponts, ministères...), ainsi que la centrale électrique qui alimentait toute la bande de Gaza ont été détruits. L'ouverture du point de transit des marchandises de Karni reste aléatoire et tous les carrefours sont partiellement ou complètement fermés, ce qui signifie que Gaza est sous embargo quasi-total.

Santé

Gaza compte 22 hôpitaux et 58 centres de Santé primaires. 22 de ces centres disposent de générateurs électriques et 21 ont été assignés aux urgences.

Les personnels de Santé n'ont pas été payés depuis cinq mois et leur quotidien personnel et familial est très difficile. Malgré cela, et malgré les pénuries de matériel médical, d'électricité et de fuel, médecins et infirmières continuent de travailler : 75% des services hospitaliers sont assurés, 12 centres de Santé fonctionnent 24 heures sur 24 ; quatre 12 heures par jour. Cependant, il est difficile d'assurer tous les niveaux de soins, notamment les moins urgents.

Quotidien des populations

L'électricité est rétablie, en moyenne, 6 à 8 heures par jour. Les générateurs sont très difficiles à trouver localement. Il n'y a pas eu du tout de courant à Rafah entre le 7 et le 13 juillet.

L'eau est quant à elle fournie 2 à 3 heures par jour, mais - faute d'électricité et de fuel - elle ne peut être ni pompée ni stockée. L'approvisionnement du Nord-Ouest de la bande de Gaza a été longuement interrompu après que les tuyaux aient été détruits lors d'une incursion : à chaque incursion, ce sont de nouveaux réservoirs d'eau qui sont détruits et l'accès aux puits qui est rendu impossible.

Le réservoir contenant les eaux usées (situé au Nord de la bande de Gaza) est plein depuis que sa vidange n'est plus possible (toujours par manque de fuel et d'électricité). De plus, il n'y a plus eu de ramassage d'ordures depuis plusieurs semaines dans quelques zones de la bande.

L'intervention MSF

Médical

Suite à la suspension de l'aide financière à l'Autorité Palestinienne, des ruptures de stock pharmaceutiques ont eu lieu. MSF a donc effectué des donations de médicaments aux principaux hôpitaux et des commandes plus spécifiques - notamment pour le traitement des maladies chroniques - ont été passées. Depuis, des médicaments et du matériel médical d'urgence ont encore été distribués et aussi pré-positionnés pour les hôpitaux situés en première ligne et accueillant les blessés.

Nous restons en contact étroit et continu avec les hôpitaux, afin d'intervenir sur les besoins médicaux, les éventuelles demandes en ressources humaines et l'approvisionnement des services d'urgence et des unités de soins intensifs.

Les besoins de soins de santé mentale sont conséquents. Malgré les difficultés de circulation, des patients sont tout de même venus jusqu'à nous, pour demander la reprise des thérapies. En effet, le contexte actuel, la violence et les conséquences des incursions et des tirs d'obus quotidiens génèrent stress et traumatismes devant être rapidement pris en charge. Nos trois psychologues ont pu reprendre leurs consultations (à domicile et dans des points fixes).

Enfin, un chirurgien va venir renforcer l'équipe, afin d'établir une collaboration de court/moyen terme avec les hôpitaux de la zone.

Logistique

Des réservoirs et de l'eau ont été fournis à un groupe de réfugiés fuyant les bombardements sur Al Shoka (près de l'aéroport). Les besoins en nourriture sont couverts par l'UNRWA, le PAM et le CICR*.

MSF prend en charge, de manière ponctuelle, les besoins de certaines populations déplacées - à l'intérieur de la bande de Gaza - par les incursions et ceux de certaines communautés plus particulièrement affectées par le manque d'eau et d'électricité : dans les tours El Fara où nous étions déjà intervenus en 2005 ; dans le village bédouin de Beit Lahya situé près du réservoir d'eaux usées et coupé du réseau électrique ; et dans le Nord, là où beaucoup de réservoirs individuels ont été détruits par des éclats d'obus.

Début juin, nous avions rencontré et aidé les 200 familles vivant dans ou près de la ligne de front et des zones de bombardement. Elles ont depuis été régulièrement et fréquemment touchées par les tirs et éclats d'obus. Aujourd'hui, MSF suit étroitement la situation (nombre de blessés, de maisons détruites, de personnes ayant fui la zone, de patients soufrant, notamment, de troubles psychologiques et de personnes ayant reçu - ou non - de la nourriture et du matériel) et se tient prête à intervenir.

* Respectivement : organisme des Nations Unies en charge des réfugiés palestiniens - Programme Alimentaire Mondial - et Comité International de la Croix Rouge

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