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Irak – Kurdistan : soigner les grands brûlés

Médecins Sans Frontières travaille dans la région du Kurdistan au nord de l'Irak depuis juillet 2007. Le centre de grands brûlés et de traumatologie de MSF propose principalement des soins médicaux et chirurgicaux.
Médecins Sans Frontières travaille dans la région du Kurdistan au nord de l'Irak depuis juillet 2007. Le centre de grands brûlés et de traumatologie de MSF propose principalement des soins médicaux et chirurgicaux. © Valerie Babize.

Neuf mois après le début de ses activités au nord de l’Irak, MSF a pris en charge plus de 1000 patients brûlés dans un hôpital situé en zone kurde. Julien Collette, chef de mission, explique les orientations du programme et ses premiers résultats.

Quels sont les objectifs de ce projet ?
Notre équipe a démarré son programme au sud de la région du Kurdistan en juillet 2007. Nous travaillons dans un hôpital géré par le ministère de la Santé, afin de fournir des soins médicaux et chirurgicaux à des patients brûlés. Ce projet a également commencé à accueillir des blessés en provenance des provinces voisines affectées par le conflit.

L’hôpital dispose de 93 lits (dont 60 alloués aux brûlés) et de quatre blocs opératoires entièrement équipés. Il se divise en quatre services, trois pour les brûlés et un pour la traumatologie. Il existe également une unité de soins intensifs dans chacun d’eux. MSF assure la gestion de tout l'hôpital avec 12 volontaires expatriés et 300 salariés locaux (dont une douzaine de chirurgiens et d'anesthésistes) nécessaires pour assurer les nombreux soins quotidiens des patients brûlés.

Qu’avons-nous mis en place dans l’hôpital ?
Aujourd’hui, parmi les 130 à 140 admissions que nous enregistrons par mois, plus de 90 % sont liées à des brûlures (dont 15 % de cas aigus). Au début du programme, nous avons concentré nos activités sur la réhabilitation de la structure pour mieux l’adapter aux besoins des patients.


Beaucoup d'énergie a été dépensée pour la formation du personnel afin d'assurer un environnement stable aux patients, sujets aux infections. Un effort important a été produit pour établir des protocoles médicaux spécifiques (comme la gestion de la douleur) et des règles d'hygiène de base. Ce travail est toujours en cours.
Début 2008, nous avons mis l'accent sur le support psychologique apporté aux patients.

MSF a également mis en place un centre de traumatologie d’une trentaine de lits pour les victimes du conflit. A ce jour, une cinquantaine de cas orthopédiques (essentiellement victimes de blessures par balle ou d’explosions) ont été traités au centre de traumatologie. Les patients viennent des provinces du Nord de l’Irak, où la violence est quasi-quotidienne.

Quelles étaient les difficultés et quelles sont les prochaines étapes ?
C’est la première fois qu’une intervention de cette ampleur est menée par MSF dans un centre de grands brûlés. Bien que nos équipes aient déjà traité des brûlés dans d'autres programmes en Asie ou en Afrique, cela n'avait jamais été pratiqué à cette échelle.

En neuf mois d’activités, nous avons pris en charge plus de 1000 patients brûlés. Nous avons dû mettre en place des protocoles médicaux et d'hygiène qui n'existaient pas localement.

Pour l'année 2008, MSF a pour objectif de renforcer ses activités au Nord de l'Irak par la formation du personnel, le développement d'un laboratoire dans l’hôpital et la standardisation médicale et chirurgicale des procédures, la greffe précoce par exemple.

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