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Gaza : devant le Conseil de sécurité de l'ONU, MSF dénonce
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Gaza : les déplacés de guerre à Rafah manquent de tout

Gaza – MSF Activities in Rafah (South Gaza)
Un agent de santé MSF oriente les patients dans la salle d'attente de la clinique Al-Shaboura (Rafah, Gaza). © Mohammad Abed

Le 9 décembre, une équipe de Médecins Sans Frontières a rouvert la clinique Al-Shaboura à Rafah fermée depuis le début de la guerre. Dans cette localité à la pointe sud de la bande de Gaza qui reçoit un flux massif de personnes déplacées, les conditions de vie sont devenues épouvantables et l'état de santé général de la population ne cesse de se dégrader.

Depuis sa réouverture le 9 décembre, la clinique Al-Shaboura, située dans le centre-ville de Rafah reçoit entre 250 et 300 patients par jour. Alors que Rafah comptait environ 300 000 habitants avant le 7 octobre, date du début de la guerre, elle est depuis devenue la zone la plus densément peuplée de la bande de Gaza. 85 % de la population gazaouie s'est déplacée, dont la moitié vers Rafah.

« Avec les ordres d'évacuation émis par l'armée israélienne et les bombardements, les gens sont poussés toujours plus loin vers le sud. Et nous nous déplaçons avec eux, explique Nicholas Papachrysostomou, coordinateur d'urgence de MSF à Gaza. Le ministère de la Santé a estimé qu'il faudrait 1 000 lits d’hôpitaux supplémentaires. Mais, même si on les avait, où est-ce qu’on les mettrait ? »

Enormes besoins dans les camps de déplacés

Yasmine avec l'un de ces cinq enfants sous une tente à Rafah. 
 © Mohammad Abed
Yasmine avec l'un de ces cinq enfants sous une tente à Rafah.  © Mohammad Abed

Tout autour de la clinique Al-Shaboura, les abris de fortune se multiplient. Alors que l'hiver est désormais bien installé, les familles qui ont dû fuir leur lieu d'habitation se retrouvent à manger et à dormir sous des tentes dans des conditions extrêmement précaires. 

« J'ai cinq enfants et nous vivons dans des tentes faites de bâches en plastique. La nuit, il fait froid et tout est trempé, explique Yasmine qui a dû quitter sa maison courant décembre. Nous manquons cruellement d'eau potable et de nourriture, et les conditions d'hygiène sont mauvaises. Mes enfants tombent malades. Cette situation est mentalement épuisante. J‘aimerais désespérément retourner chez moi, me reposer, donner le bain à mes enfants et leur mettre des vêtements propres. Ici, nous n’avons rien. » 

« Dans ces camps, les besoins sont immenses, alerte Nicholas Papachrysostomou. Tout manque : les couvertures, les matelas, le carburant, le gaz pour cuisiner… » Ces populations déplacées font également face à un manque d’accès aux latrines. Dans certaines zones, on ne compte qu'une seule toilette pour 600 personnes. 

Maladies respiratoires, diarrhées et infections 

La salle d'attente principale de la clinique Al-Shaboura qui reçoit jusqu'à 300 patients par jour. 
 © Mohammad Abed
La salle d'attente principale de la clinique Al-Shaboura qui reçoit jusqu'à 300 patients par jour.  © Mohammad Abed

À la clinique Al-Shaboura, l'équipe médicale constate une forte détérioration de l'état de santé de la population. Un patient sur deux souffre d'une infection des voies respiratoires due à une exposition prolongée au froid et à la pluie. « Les maladies respiratoires se propagent, les cas de gastro-entérites sont fréquents. Ils représentent la plupart des cas que nous recevons en consultation, détaille Sara, coordinatrice MSF des activités médicales à Gaza. La situation se dégrade de jour en jour. Si la situation ne s'améliore pas et que cette guerre ne prend pas fin je ne sais pas où nous irons… »

Au sein de l'unité d'obstétrique et de gynécologie, la clinique a commencé à dispenser des consultations prénatales. Et avec l'effet du bouche-à-oreille, le nombre de patientes augmente de jour en jour. « Elles n'ont pas eu accès à des services médicaux depuis un certain temps. Elles ont besoin d'avoir des informations médicales sur leur état de santé et celui de l’enfant qu'elles portent », précise Sara. 

Les infirmiers de la clinique changent les pansements et soignent les plaies. En cas d'urgence, ils font aussi des interventions chirurgicale mineures sur les blessures qui le nécessitent. 
 © Mohammad Abed
Les infirmiers de la clinique changent les pansements et soignent les plaies. En cas d'urgence, ils font aussi des interventions chirurgicale mineures sur les blessures qui le nécessitent.  © Mohammad Abed

Dans ce contexte de guerre, la clinique assure une prise en charge des blessures causées par les bombardements, les attaques au sol ou encore par les accidents domestiques. Une quarantaine de patients reçoit chaque jour des soins chirurgicaux tels que des changements de pansements sur les brûlures et le nettoyage de plaies infectées. « Normalement, cela se fait à l'hôpital, souligne Nicholas Papachrysostomou. Mais, étant donné le contexte, on doit le faire ici avec les moyens dont on dispose. »

L’équipe MSF propose également un soutien en santé mentale et une trentaine de consultations sont réalisées tous les jours.

Accès insuffisant à l'eau potable

Les équipes MSF cherchent à améliorer l'accès à l'eau potable en particuliers pour les personnes déplacées. 
 © Mohammed ABED
Les équipes MSF cherchent à améliorer l'accès à l'eau potable en particuliers pour les personnes déplacées.  © Mohammed ABED

Au-delà de la clinique, les équipes MSF ont contribué à l'ouverture de trois points de distribution d'eau, situés à proximité de camps de fortune, ce qui permet de fournir de l'eau potable à plus de 10 000 personnes. Cela reste malgré tout en deçà des besoins réels et les équipes MSF travaillent à améliorer cet accès à l’eau potable.

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