Ebola : en RD Congo, l’intervention d’urgence de MSF se termine

Entrée du centre de traitement ebola de MSF à Boende
Entrée du centre de traitement ebola de MSF à Boende ©Gabriele François Casini/MSF

Les autorités sanitaires congolaises ont déclaré la fin de l’épidémie samedi 15 novembre. MSF a transmis le centre de traitement qu’elle gérait aux autorités mais se tient prête à intervenir si d’autres cas devaient se déclarer. Au cours des trois mois d’intervention, MSF a pris en charge 65 personnes et organisé le suivi d’un millier de personnes ayant été en contact avec des malades.

L’épidémie d’Ebola qui s’était déclarée au mois d’août dernier dans la province d’Équateur, au nord de la République démocratique du Congo (RDC), est à présent maîtrisée. Le dernier cas dans la ville de Boende a été enregistré le 4 octobre dernier. L’équipe de Médecins Sans Frontières (MSF), composée d’environ 70 personnes, a quitté la zone, mais l’organisation reste vigilante. Au cours des dernières semaines, les équipes ont notamment travaillé pour renforcer la capacité des autorités locales à répondre à une nouvelle flambée épidémique, si besoin. Selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé, l’épidémie a touché 66 personnes, dont 49 sont décédées.  

Une épidémie d’Ebola peut-être déclarée officiellement terminée après 42 jours sans que de nouveaux cas soit confirmés.  

« Quand on ferme un projet de prise en charge d’Ebola il y a deux phases : une première de 21 jours dans laquelle on fait le suivi des derniers cas enregistrés, et une deuxième de 21 jours supplémentaires, par précaution, explique José Mas, responsable du projet de MSF dans la région d’Equateur. Nous essayons de faire en sorte que, si une nouvelle épidémie se déclare, une réponse efficace et conséquente se mette en place. Dans l’Equateur, nous avons travaillé avec les autorités pour laisser derrière nous un centre de traitement fonctionnel, et nous avons fait des donations en médicaments et en matériel d’hygiène ».   

Si l’équipe MSF a quitté la zone touchée par l’épidémie, d’autres équipes sont déployées dans différentes régions du pays. MSF travaille près de la ville de Mbandaka, sur le fleuve Congo, d’où l’on peut activer une réponse d’urgence. Cette épidémie a été enregistrée dans la province d’Equateur, celle où en 1976 le virus a été identifié pour la première fois dans les environs du fleuve Ebola, un affluent du Congo.

MSF a débuté son intervention en juillet dernier, avec l’envoi d’une équipe en charge de confirmer la présence du virus Ebola dans la région, et a par la suite mis en place deux centres de traitement à Lokolia et à Boende, en collaboration avec le Gouvernement congolais. Au total, 65 personnes ont été prises en charge dans ces centres, dont 25 cas confirmés d’Ebola ; 13 de ces personnes ont pu être guéries tandis que 12 sont décédées.

Outre la prise en charge dans les centres de traitement, les équipes ont également effectué le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades (plus de mille personnes ont été suivies), réalisé des désinfections dans les habitations et apporté le support nécessaire pour enterrer de façon sécurisée les personnes décédées. La sensibilisation de la communauté locale aux risques liés à Ebola a été une autre tâche très importante.

« La peur est toujours un problème lors d’une épidémie d’Ebola. Il y a beaucoup de malentendus, de rumeurs, un manque d’information ; or c’est justement l’information qui peut aider à comprendre la maladie et à faire face à l’épidémie »,explique Segimon Garcia, anthropologue et coordinateur des équipes de sensibilisation MSF à Boende.

A la peur habituellement liée à une flambée d’Ebola, s’est rajouté l’impact psychologique de l’épidémie sans précédent qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest. De plus, la crainte des conséquences économiques des mesures prises par le gouvernement pour circonscrire l’épidémie ont augmenté l’inquiétude et le rejet parmi la population locale.

Contrairement à la situation en Afrique de l’Ouest, l’épidémie qui vient de se terminer en RDC, la septième enregistrée dans le pays en 40 ans, est ce que l’on peut appeler une épidémie classique. « Au Congo, il y a déjà eu plusieurs flambées d’Ebola et elles ont été toutes circonscrites, notamment parce qu’elles ont eu lieu dans des lieux très reculés, en pleine forêt. Les distances sont plus importantes, les moyens de transports très limités et les gens se déplacent moins. L’épidémie est donc plus rapidement contenue, et sa propagation plus difficile, car un malade contamine beaucoup moins de personnes », explique Núria Carrera, coordinatrice du centre de traitement de Boende.

A l’élément géographique s’ajoute une intervention d’urgence efficace qui a permis de contenir l’épidémie dès les premières semaines. « Les mesures de contrôle de l’épidémie, comme le suivi des contacts, la mise en place d’un système d’alerte pour les nouveaux cas et la prise en charge médicale des patients, ont été mises en place au bon moment », conclut José Mas.

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