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Cisjordanie : les Palestiniens confrontés à une montée des violences et à un regain des restrictions

Vue de Masafer Yatta au sud d'Hébron. 2024.
Vue de Masafer Yatta au sud d'Hébron. 2024. © Candida Lobes/MSF

En Cisjordanie, les attaques contre la population palestinienne se multiplient et les restrictions de déplacements se renforcent, limitant l’accès aux services de bases et notamment aux services de santé. Depuis le 7 octobre 2023, 462 Palestiniens, dont 16 enfants, ont été tués en Cisjordanie par l’armée israélienne. Un tiers vivaient dans les camps de réfugiés situés à proximité de Tulkarem ou de Jénine, où les équipes MSF travaillent.

« Nous marchons pendant des heures pour atteindre les structures de santé. Parfois, nous utilisons les ânes pour transférer les malades à l'hôpital ou à la clinique, explique Mahmud Mousa Abu Eram, un Palestinien originaire d'Hébron, en Cisjordanie. Il n'y a plus de transport dans cette zone depuis longtemps, et même si une voiture pouvait nous déposer dans une clinique, elle serait confisquée par l’armée israélienne. » 

Selon l’Onu, 61 % de la Cisjordanie est aujourd’hui interdite aux Palestiniens. Les points de contrôle, les barrages routiers et les incursions tant de l’armée israélienne que des colons isolent les villes et les villages les uns des autres et empêchent les Palestiniens d’accéder aux services de base, notamment aux soins de santé et aux marchés alimentaires. On compte environ 630 000 colons israéliens sur ce territoire. 

Dans le district de Masafer Yatta, à Hébron, les fréquents barrages routiers, les raids militaires et les attaques des colons rendent l'accès aux établissements de santé de plus en plus difficile. En outre, aucune organisation locale ne peut fournir des services de santé de base en raison du manque de financements, des restrictions imposées par l'armée israélienne et du mauvais état des infrastructures routières qui limitent l'accès à la ville. 

Une consultation médicale lors d'une clinique mobile MSF à Masafer Yatta. 2024.

 
 © Candida Lobes/MSF
Une consultation médicale lors d'une clinique mobile MSF à Masafer Yatta. 2024.   © Candida Lobes/MSF

Dans ce contexte, de nombreux Palestiniens n’osent plus quitter leur foyer. « La plupart du temps, il est interdit de se tenir à la fenêtre. Un jour, alors que j'étais à la fenêtre, un colon m'a vu et s'est plaint aux soldats, raconte un patient de MSF qui souhaite garder l'anonymat. Les soldats ont pris d'assaut ma maison et ont tout détruit. » 

Même lorsque les habitants de Cisjordanie peuvent accéder aux établissements de santé, leur sécurité et celle du personnel soignant n’y est pas garantie. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, depuis octobre 2023, les autorités israéliennes ont été responsables de plus de 447 attaques contre des structures de santé en Cisjordanie. 

Dans les districts de Jénine et de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, les forces israéliennes mènent régulièrement des raids terrestres accompagnés de frappes aériennes, aux conséquences meurtrières. À ces incursions militaires s’ajoute la violence des colons dans la vie quotidienne des Palestiniens. Les équipes MSF présentes dans ces zones ont renforcé les soins d'urgence et soutenu les ambulanciers volontaires avec des dons et des formations. 

Le 21 avril, dans les camps de Tulkarem et de Nur Shams, un secouriste volontaire a reçu une balle dans la jambe alors qu'il était en service. En raison des hostilités, il lui a fallu sept heures pour atteindre l'hôpital. Lors d'un autre incident, l'un des membres de notre personnel a effectué un massage cardiaque sur un enfant de 16 ans après qu'il a reçu une balle dans la tête, mais n'a pas pu le sauver. 

 « La plupart du temps, les ambulances sont bloquées aux points de contrôle. Même en cas d'urgence médicale et lorsque la sirène est allumée, explique un médecin du camp de réfugiés d'Al Arrub, situé dans le sud de la Cisjordanie, entre Hébron et Bethléem. Ce n’est pas en fonction de l’urgence médicale qu’ils décident de lever le blocage, mais cela se fait plutôt en fonction de l’humeur des soldats. Ils nous font attendre une ou deux heures... Ou bien ils nous font prendre une autre route. Si le patient a été blessé par l'armée israélienne, ils peuvent l'arrêter et même confisquer l'ambulance. Nous ne savons pas alors ce que devient le patient, s’il est emmené à l’hôpital ou en prison, s’il recevra des soins médicaux ou pas. » 

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