Opération

Mali : assistance aux populations des zones d’instabilité

© Paolo Marchetti

Médecins Sans Frontières apporte une assistance médicale d’urgence aux populations du centre et du nord du Mali, dans des régions soumises à une crise sécuritaire qui s’est aggravée en 2019, notamment avec une escalade des violences entre les communautés Peuls et Dogons. 

Les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent dans la région de Gao et de Kidal, où elles soutiennent des structures de santé et offrent une prise en charge du paludisme, et dans la région de Mopti, notamment à Ténenkou et Douentza où elles travaillent à la réduction de la mortalité maternelle et infantile.

Les armées française et malienne mènent en 2013 une offensive militaire au nord du Mali. Début février 2013, elles ont repris les trois principales villes aux mains des groupes armés islamistes : Gao, Tombouctou et Kidal. Durant toute la crise malienne, y compris lors de l'offensive militaire, des équipes MSF sont restées au nord du pays, afin de maintenir un accès aux soins minimum pour la population. Des unités médico-chirurgicales à Tombouctou, Douentza et Ansongo ont permis de prendre en charge les personnes blessées lors des bombardements. Une équipe est aussi arrivée à Konna à la fin du mois de janvier 2013.

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

Le coup d’Etat du 22 mars 2012 et la période de transition qui a suivie ont favorisé la prise de pouvoir au nord du pays de groupes armés. Les affrontements dans cette région ont poussé des milliers de personnes à se déplacer dans le pays ou à se réfugier dans les pays voisins.

En 2015, malgré la signature des accords de paix, la crise s’est déplacée vers le centre du Mali, qui reste un foyer grandissant d’insécurité et de violence. La population locale, première victime de la violence, se trouve graduellement coupée de tout accès aux soins.

Dans ce contexte, Médecins Sans Frontières apporte une assistance médicale d’urgence aux populations victimes de ces conflits et continue de soutenir plusieurs structures médicales dans le nord du Mali.

Notre intervention

Les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent dans trois régions du Mali en proies aux conflits. 

À Ansongo, dans la région de Gao, les équipes de Médecins Sans Frontières soutiennent l’hôpital de référence et gèrent les consultations ambulatoires, les services d’urgence, d’hospitalisation, de chirurgie, offrent des soins de santé maternelle, de santé mentale aux victimes de violences, ainsi qu’une prise en charge pour les victimes de violences sexuelles. MSF déploie également des activités communautaires et de prise en charge des maladies communes chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes auprès des populations nomades dans les périphéries. Médecins Sans Frontières assure aussi le transfert depuis les zones rurales du district d’Ansongo jusqu’à l’hôpital de référence de la ville et travaille à la prévention du paludisme à travers le soutien à un réseau d’agents communautaires en charge de diagnostiquer le paludisme et de traiter ses formes simples.  

Dans la région de Kidal, Médecins Sans Frontières soutient plusieurs centres de santé de la ville et de sa périphérie. En 2016, les équipes de Médecins Sans Frontières ont mis en œuvre une stratégie de chimioprévention du paludisme pour la première fois dans cette région. 

A Tenenkou, dans la région de Mopti au centre du Mali, Médecins Sans Frontières offre depuis 2016 des soins de santé maternelle et infantile, avec un service ambulatoire et le soutien au centre de santé de référence de la ville, pour les enfants, les femmes et adolescentes. Nos équipes parcourent les villages autour de Ténenkou pour fournir des consultations médicales aux populations qui font actuellement face à de grandes difficultés pour accéder aux structures de santé encore fonctionnelles et se déplacer, en raison des contraintes sécuritaires et logistiques. 

Dans la région de Douentza,particulièrement frappée par les violences, Médecins Sans Frontières appuie l’ensemble des services du centre de référence de la ville. Intervenant également à Boni, Hombori et Mondoro, les équipes de MSF se déploient aussi rapidement que possible auprès des populations victimes d’attaques dans la région. Suite au massacre de Ogossagou, le 23 mars 2019, dans lequel au moins 160 habitants du village ont péri, Médecins Sans Frontières s’est rendu sur place pour apporter une assistance médicale et psychologique aux rescapés.