Opération

Cameroun : assistance aux victimes du conflit séparatiste

© MSF

Tandis que le Nord du Cameroun doit faire face au conflit qui oppose les forces armées camerounaises à Boko Haram, une deuxième situation humanitaire se développe également dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays. Le conflit politique qui a commencé en 2016 dans les régions du Sud-Ouest du Cameroun avait d'abord pour objectif de contester les systèmes judiciaires et éducatifs du pays. Mais, en octobre 2017, des groupes armés sécessionnistes déclarent leur indépendance vis-à-vis du pouvoir central, entraînant des heurts avec l’armée camerounaise. Depuis, la violence entre les forces gouvernementales et les groupes armés séparatistes non étatiques de la communauté anglophone s'est fortement intensifiée, forçant des centaines de milliers de personnes à quitter leur foyer pour se réfugier au Nigeria voisin ou ailleurs au Cameroun.

Témoignage du Dr. Precious Mudama

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Onu, en décembre 2018 plus de 437 000 personnes s’étaient déplacées à l’intérieur du Cameroun pour fuir ce conflit. Confrontées aux violences extrêmes, de nombreuses personnes ont fui vers les zones rurales, où elles vivent dans des abris de fortune en forêt ou en brousse quand d'autres ont été forcés de se déplacer vers d'autres villes, où elles vivent à la rue ou parmi des familles d'accueil. Toutes vivent aujourd'hui dans des conditions extrêmement précaires.

Notre intervention

Au Cameroun

MSF soutient 19 structures de santé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour fournir des soins d'urgence. À Bamenda et Widikum, dans la région du Nord-Ouest, et à Buea et Kumba dans la région du Sud-Ouest, les équipes MSF assurent un service d'ambulance gratuit.

Cela permet aux patients vulnérables d'être transportés de la communauté vers les centres de santé ou l'hôpital même pendant les "lockdowns" et les couvre-feux des "villes fantômes", lorsque les mouvements et les activités normales des civils sont restreints. Entre juin 2018 et mars 2019, MSF a transporté plus de 2 500 patients en ambulance. La majorité de ces patients sont des femmes souffrant de complications obstétriques, mais aussi des enfants de moins de 15 ans et des personnes souffrant de blessures et de plaies causées par la violence. En mai 2019, 338 personnes blessées par balle ont été prises en charge par ces ambulances.

Nos équipes gèrent aussi la prise en charge des patients en situation d'urgence, en particulier les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.

Au Nigeria

Jusqu'en novembre 2019, MSF soutenait également les déplacés camerounais de l'autre côté de la frontière, au Nigeria. Depuis le début du conflit, plus de 44 000 personnes avaient fui le Cameroun vers ce pays voisin, principalement dans l'État de Cross River. En réponse à cette situation, MSF a lancé des activités d'urgence en décembre 2017. Nos équipes ont installé ou réparé des forages, des pompes manuelles et des latrines afin d’assurer des besoins en eau potable et assainissement. Les équipes ont mis en place des cliniques mobiles et effectué plus de 35 000 consultations pour prendre en charge des infections des voies respiratoires supérieures, des cas de paludisme et des maladies de la peau.

Nos équipes ont également fourni un soutien en matière de santé mentale aux réfugiés et des sessions de formation pour les travailleurs de santé nigérians.