RD Congo : explosion des cas de paludisme dans la zone de santé de Rutshuru

Rutshuru en RD Congo.
Rutshuru, en RD Congo. ©Pierre-Yves Ginet

La zone de santé de Rutshuru, en République démocratique du Congo, connait une explosion des cas de paludisme. Depuis début juillet, plus de 24 000 cas ont été déclarés sur la zone. Médecins Sans Frontières a augmenté ses activités pour répondre à l’augmentation des cas de paludisme et a traité plus de 12 000 patients en quatre mois.

La zone de santé de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, connait une explosion des cas de paludisme depuis le début du mois d’août. Entre les semaines épidémiologiques 27 et 40, plus de 24 000  cas ont été déclarés sur la zone, avec un pic atteignant près de 3 000 cas hebdomadaires, début octobre. Ce chiffre est deux fois et demie supérieur au seuil d’alerte épidémique de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Douze décès ont également été enregistrés sur l’ensemble de la zone.

Chaque année, le nombre de cas de paludisme augmente sensiblement entre septembre et mai, mais rarement dans ces proportions. « De tels chiffres n’ont pas été enregistrés depuis de nombreuses années dans cette zone. Tous les acteurs de santé ont fait le même constat depuis plusieurs semaines mais l’épidémie n’a officiellement était déclarée que le quatre novembre », explique Francesca Mangia, chef de mission pour Médecins Sans Frontières.

La déclaration de l’épidémie dans les aires de santé de Kinyandoni, Buturande, Kibututu, Umoja et Rutshuru permet désormais la gratuité des soins pour la consultation et le traitement relatifs au paludisme, pour l’ensemble de la population. Hors épidémie, le système de recouvrement des coûts en vigueur en République démocratique du Congo représente une contrainte économique majeure qui limite l’accès aux soins.

Augmentation des activités MSF

Depuis le premier octobre, MSF a augmenté ses activités en intervenant dans deux centres de santé périphériques afin de désengorger l’hôpital mais aussi pour raccourcir le délai de prise en charge médicale des cas graves et faciliter l’accès aux soins en offrant la gratuité des consultations pour toutes les tranches d’âges. Dans ces deux structures, MSF a traité plus de 9300 cas de paludisme en six semaines d’activité. La prise en charge du paludisme représente plus de la moitié du nombre total de consultations dans ces structures et plus d’un tiers des patients traités pour paludisme sont des enfants des moins de cinq ans.  

Au sein de l’hôpital général de référence (HGR) de Rutshuru où les équipes MSF sont présentes, le nombre de patients pris en charge pour paludisme est cinq fois plus élevé que l’année dernière à la même date. Les équipes ont traités plus de 3 000 patients depuis le début du mois de juillet et 80% des admissions pour paludisme ont été enregistrées en service pédiatrique.

Les cas graves de la maladie (formes anémiques et neurologiques) sont également en hausse et représentent un tiers des patients pris en charge pour paludisme à l’hôpital. « Nous favorisons le traitement et l’observation des patients présentant un paludisme sévère dans les deux structures mobiles où nous intervenons, pour éviter d’engorger l’hôpital. Près de 1000 patients ont néanmoins été admis avec une forme grave de la maladie. Et nous déplorons quatorze décès de patients du au paludisme ; tous recensés dans le service de pédiatrie », précise Christophe Biteau, coordinateur de projet pour MSF à Rutshuru.  

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