Le G8 propose un plan d'inaction sur la santé

Les malades du sida dans les pays en développement sont privés des innovations thérapeutiques qui pourraient leur sauver la vie. MSF refuse la pratique courante des sociétés pharmaceutiques qui commercialisent en Afrique en Asie et en Amérique Latin
©MSF

Médecins Sans Frontières dénonce le Plan d'Action sur la Santé publié par le G8 et critique le sabotage délibéré des mesures qui auraient permis d'accroître l'accès aux médicaments essentiels. Ce Plan ne répond qu'aux seuls intérêts politiques et commerciaux des Etats membres du G8.

« Afin de s'assurer une poignée de main du président Bush sur la photo officielle, Jacques Chirac a sacrifié le droit de millions de malades de disposer des médicaments dont ils ont besoin pour survivre. Il a abandonné ses engagements, largement médiatisés, en faveur de l'amélioration de l'accès à des médicaments qui pourraient sauver des vies, et l'ensemble des autres Etats membres lui ont emboîté le pas » note le Dr Jean-Hervé Bradol, président de la section française de Médecins Sans Frontières.

« Le plan d'inaction sur la santé présenté le 2 juin est une pilule bien amère pour les populations des pays en développement qui savent que, dans les coulisses, les Etats membres du G8 ont délibérément bloqué l'accès à des médicaments à des prix abordables au cours de négociations commerciales. En conséquence, les fonds attribués à la santé vont se retrouver directement dans les poches des compagnies pharmaceutiques occidentales, plutôt que de contribuer à un approvisionnement pérenne et à long terme de médicaments abordables », ajoute le Dr Bernard Pécoul, directeur de la Campagne pour l'accès aux médicaments essentiels de Médecins Sans Frontières.

La première proposition de Plan d'action sur la santé préparée par la France comprenait des mesures concrètes pour favoriser l'accès à des médicaments génériques à un prix abordable, grâce à l'application de la déclaration de Doha de l'Organisation Mondiale du Commerce sur les accords Adpic (accords sur la propriété intellectuelle ) et la santé publique ; accroître la disponibilité de médicaments sous brevet à prix différenciés ; stimuler la production locale et le transfert de technologie ; et mettre en place un système de financement pérenne pour le Fonds global contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Des recommandations ultérieures visaient à combler le déficit de Recherche et Développement pour les maladies négligées.

Le seul paragraphe du Plan d'action final qui fait l'objet d'un engagement concret concerne le Sras. Les pathologies qui affectent majoritairement les malades pauvres et les pays de peu de poids à l'échelle de l'économie mondiale ne sont pas traitées avec le même empressement.

« Le G8 trahit les promesses de la déclaration de Doha visant à répondre aux besoins de santé publique et ce sont les malades qui vont continuer d'en payer le prix », déclare Ellen 't Hoen, responsable du département Politique et Recherche de la Campagne de Médecins Sans Frontières. « Il est clair que les pays en développement ne peuvent pas compter sur le G8 pour protéger les intérêts des populations pauvres. »

Le 3 juin 2003 lors du dernier jour du sommet du G8, Médecins Sans Frontières a présenté un événement public " La Vie suspendue " à Morzine, qui symbolise la situation des patients des pays en développement qui meurent faute de réussir à obtenir des médicaments inaccessibles. Cet événement a représenté les 19 000 personnes qui meurent chaque jour de VIH/sida, de tuberculose, de paludisme, de maladie du sommeil et de leishmaniose que la réunion du G8 d'Evian a totalement ignorées.

Dossier spécial accès aux médicaments essentiels

Pour plus d'informations sur les difficultés concernant l'accès aux médicaments essentiels, consultez notre dossier spécial "Menace sur l'accès aux médicaments essentiels"

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