Hypocrisie de L'UE

Les gouvernements européens ne cherchent pas à sauver la vie des migrants et des réfugiés en mer. Leur unique obsession est de fermer leurs portes et de renforcer leurs frontières.

Lire l'article

Un port sûr

« Nous sommes une organisation humanitaire, nous ne ramènerons en aucun cas les passagers en Libye : ils seront débarqués dans un port sûr », Aloys Vimard

© MSF juin 2018

Ebola au Liberia : il faut aussi traiter le paludisme

Distribution de médicaments antipaludéens à Monrovia © Armelle Loiseau/MSF ©MSF/Armelle Loiseau

Chaque année, le paludisme fait des victimes au Liberia. Cette pathologie y est endémique. Mais avec l’épidémie d’Ebola, il est devenu très difficile voire impossible de se faire soigner. Face à cela, MSF a lancé à Monrovia une distribution de traitements contre le paludisme. Environ 300 000 personnes vivant dans des quartiers défavorisés de la capitale doivent en être les bénéficiaires. 

Les équipes de MSF ont commencé, le 25 octobre, à distribuer des traitements contre le paludisme dans l’ouest de la capitale libérienne. Cette distribution a lieu dans les quartiers les plus défavorisés où la densité de la population est très forte et où l’accès aux soins, déjà très restreint avant l’épidémie d’Ebola, n’est pratiquement plus assuré.

Pour pallier l’effondrement du système de santé, MSF distribue un traitement antipaludéen à quelque 300 000 personnes à Monrovia. Ce traitement (artésunate/amodiaquine) est destiné aux enfants de plus de six mois, mais aussi aux adultes.

« Les premiers symptômes du paludisme sont les mêmes que ceux d’Ebola : fièvre, céphalées, fatigue intense, indique le Dr Chibuzo Okonta, responsable adjoint des programmes d’urgences à MSF. Nous avons décidé de donner aux enfants comme aux adultes ce traitement antipaludéen qui est à la fois curatif et préventif. Car l’objectif est aussi d’éliminer le risque que des patients fiévreux considérés comme des cas suspects Ebola se retrouvent dans des centres de traitement Ebola en contact avec des personnes contaminées. »

Avant la distribution, des volontaires habitant le quartier et formés par MSF vont voir les familles pour leur expliquer les modalités de l’opération. Et ils remettent un ticket à chaque famille, entendue comme le nombre de personnes vivant dans une même pièce, qui permettra de recevoir les médicaments. C’est une femme de la famille qui vient sur le lieu de distribution pour y retirer un sachet renfermant les traitements.

Le 29 octobre, 20 000 familles, soit 100 000 personnes, habitant le quartier de New Kru avaient déjà reçu un traitement. La distribution doit se poursuivre quelques jours dans d’autres quartiers. Et elle se répétera les deux mois suivants aux mêmes endroits, avec le même traitement et une moustiquaire.

Dans le contexte de la crise Ebola, la vigilance est de rigueur. Pour protéger la population comme le personnel contre les risques de contamination, la distribution a lieu tôt le matin, quand les rues sont encore désertes, et elle est organisée de manière à éviter tout contact physique en maintenant une distance entre tous les participants. Et l’opération est fractionnée sur pas moins de 55 sites.

Ensuite, après chaque distribution, les volontaires formés par MSF s’assurent que le message a bien été entendu. Ils font du porte à porte pour vérifier si tous les membres de la famille ont bien pris les médicaments même s’ils ne sont pas malades puisque le traitement est curatif et préventif.

EN SAVOIR PLUS

À lire aussi