Birmanie : MSF s’inquiète du sort de milliers de patients après avoir été contrainte de cesser ses activités

Etat de Rakhine Birmanie février 2013. Kaung Htet
Etat de Rakhine, Birmanie, février 2013. © Kaung Htet ©Kaung Htet

La section néerlandaise de Médecins Sans Frontières (MSF) a reçu l’injonction du gouvernement de Birmanie de cesser toutes ses activités dans le pays. MSF est particulièrement choquée par cette décision unilatérale et extrêmement préoccupée pour le sort de dizaines de milliers de ses patients actuellement sous traitement dans tout le pays.

Ce vendredi, pour la première fois dans l’histoire des activités de MSF en Birmanie, les cliniques VIH/sida dans les Etats de Rakhine, Shan et Kachin, ainsi que dans la région de Rangoun, ont dû fermer leurs portes et les patients ont été dans l’incapacité de recevoir les traitements dont ils ont besoin. Les patients atteints de tuberculose, y compris ceux souffrant de tuberculose multirésistante, n’ont par exemple pas pu prendre leurs médicaments pourtant essentiels à leur survie.

La décision du gouvernement va entraîner des conséquences dramatiques pour les 30 000 patients VIH/sida et les 3 000 patients atteints de tuberculose que nos équipes soignent en Birmanie.

Dans l’Etat de Rakhine, MSF ne peut plus prodiguer de soins de santé primaire aux dizaines de milliers de personnes déplacées dans des camps à cause de la crise humanitaire en cours, ainsi que dans les villages isolés. Cette décision entrave aussi le système de référence des patients nécessitant des soins d’urgence vers les hôpitaux du ministère de la Santé et compromet nos services de planning familial et de soins maternels et néonataux. Aucune autre organisation non gouvernementale médicale ne dispose de l’envergure, de l’expérience et de l’infrastructure indispensables pour prodiguer ces soins pourtant vitaux.

En 22 ans de présence en Birmanie, MSF a démontré que ses équipes dispensent des soins de santé uniquement sur base des besoins, indépendamment de l’origine, de la religion, du sexe, du statut sérologique ou de toute affiliation politique.

Depuis 2004, MSF a traité plus de 1 240 000 patients contre le paludisme dans le seul Etat de Rakhine, où la maladie est particulièrement endémique. Tout comme le VIH/sida et la tuberculose, le paludisme ne connaît pas de frontière ethnique.

L’action de MSF est guidée par l’éthique médicale et les principes de neutralité et d’impartialité. MSF est en discussion avec le gouvernement du Myanmar afin que ses équipes puissent reprendre leurs activités dans le pays et continuer à répondre aux besoins médicaux de sa population.

À lire aussi