Ukraine : à Kiev la population fait face à une augmentation exponentielle des attaques de drones

Kyiv Attack - 2 July 2026
Station d’ambulance endommagée dans la nuit du 2 juillet 2026 pendant laquelle l’armée russe a mené une attaque massive contre Kiev. Ukraine. Juillet 2026 © Anhelina Shchors/MSF

Depuis plus d’une semaine, l’armée russe mène des frappes intensives jour et nuit contre Kiev et ses environs immédiats. Nombre de ces attaques de missiles et de drones ont touché des immeubles résidentiels, des structures médicales ainsi que des entrepôts de produits pharmaceutiques, alimentaires et de biens de consommation. Les équipes MSF témoignent de l’aggravation de la situation. 

Entre le 27 août et le 3 septembre, selon les derniers rapports des autorités de la ville et de la région, au moins 51 personnes ont été tuées et près de 100 blessées dans la région de Kiev. 

« J’ai senti le sol trembler, puis vu mon sang couler et j’ai commencé à ramper vers un abri », se souvient Artem*, un patient de MSF blessé lors d’une attaque contre le village de Pohreby, dans la région de Kiev. Il travaillait dans un entrepôt alimentaire touché par un drone. « J’étais en route vers un abri et je parlais au téléphone. Je n’y suis pas arrivé : je me suis retourné et j’ai vu quelque chose foncer vers moi, puis je suis tombé. » Artem a été pris en charge par les équipes MSF pour des soins de réadaptation dans l’un des plus grands hôpitaux de Kiev suite à des blessures aux deux jambes et des lacérations dus à des éclats d’obus. 

Les alertes aériennes et les explosions, devenues presque permanentes à Kiev et dans sa région, affectent aussi l’état psychologique des patients. « C’est extrêmement éprouvant. Les gens essaient de poursuivre leur travail, mais ce sentiment d’épuisement est très visible et ils sont de plus en plus fatigués. D’autant plus qu’il est actuellement impossible de se déplacer normalement dans Kiev : des ponts sont fermés et certaines stations de métro sont hors service.» explique Lesia Martseniuk, superviseure des activités de santé mentale de MSF. « Les patients nous racontent que leurs familles subissent un niveau de stress considérable. Les activités scolaires et celles des jardins d’enfants sont interrompues lors des alertes, tandis que les parents s’inquiètent constamment pour leurs enfants et leur sécurité », poursuit-elle. 

Les nuits rythmées par le bruit d’explosions massives ainsi que l’anxiété permanente affectent toute la population de Kiev. L’impact sur la santé mentale se double de l'impact physique spécifique de ce type de blessures, dont les conséquences se mesureront à long terme. 

« Notre principale mission est de rendre le patient autonome et indépendant, de lui donner les outils nécessaires et de l’accompagner dès que son état est stabilisé et qu’il a subi son intervention chirurgicale» explique Maksym Riabokon, superviseur en physiothérapie pour MSF. 

 

* Le prénom du patient a été modifié à sa demande afin de préserver son anonymat. 

Notes

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