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Tuberculose : Les nouveaux défis

Hôpital de Zougdidi Géorgie. Février 2008
Hôpital de Zougdidi, Géorgie. Février 2008 © Julie Damond / MSF

Francis Varaine est coordinateur du groupe de travail sur
la tuberculose à MSF. Dans cette interview, il revient sur l’urgence de trouver
de nouveaux moyens diagnostics et de traitements adaptables à nos conditions
d’intervention, et présente les priorités pour MSF en 2008.

Où en est-on aujourd’hui du diagnostic et de la prise en charge de la tuberculose ?
On assiste aujourd’hui à un changement de discours des institutions internationales sur les enjeux liés au diagnostic et au traitement de la tuberculose. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) commence à reconnaître la nécessité de se doter de nouveaux outils et donc que soit mené plus de recherche.

A l’échelle de MSF, nous devons donc continuer à montrer nos résultats, présenter les différentes approches mises en place dans nos programmes, en démontrer l’efficacité. Mais aussi à en souligner les limites, à cause du manque d’outils de diagnostics et de traitement adaptés.

Concernant la tuberculose multi-résistante, l’OMS estime à 500 000 le nombre de nouveaux cas chaque année dans le monde. Il y a quelques années, on pensait que cette forme de tuberculose était limitée aux pays de l’ex-Union Soviétique.


On constate maintenant que, partout où l’on se donne les moyens diagnostiques, on trouve des cas! Avec le traitement actuel (qui dure 2 ans et provoque de nombreux effets secondaires), il n’est pas réaliste de penser que tous les cas pourront être correctement traités.

Un traitement plus simple et plus efficace doit donc être trouvé au plus vite.

Quelles ont été les évolutions dans les programmes MSF au cours de l’année écoulée ?
Nous avons poursuivi nos efforts pour la généralisation de l’utilisation du traitement de 6 mois à la place de celui de 8 mois, pour la tuberculose simple. Ce traitement plus court a fait la preuve d’une plus grande efficacité. Nous avons aussi opté pour le traitement auto-administré avec une bonne information et un bon suivi du patient.

De plus, afin d’augmenter notre capacité à diagnostiquer la tuberculose multirésistante, nous avons renforcé notre collaboration avec le laboratoire de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers. Une biologiste et un technicien de laboratoire MSF y travaille pour réaliser les cultures et les antibiogrammes pour l’ensemble de nos projets, en particulier pour les patients les plus à risques (en échec thérapeutique ou qui rechutent).

Quelles sont les priorités pour MSF en 2008 ?
Le diagnostic de la tuberculose chez les patients VIH est une priorité. Nous menons un projet pilote à Homa Bay, au Kenya, où nous avons introduit les cultures pour tous les patients VIH chez qui il existe une suspicion de tuberculose. Il s’agit d’un investissement important, financier et en terme de ressources humaines. La technique employée permet d’obtenir un résultat en deux semaines au lieu d’un mois avec la méthode classique. Cette réduction du délai est essentielle dans cette région du Kenya, où 80% des patients tuberculeux sont co-infectés par le VIH.

Plus spécifiquement, nous voulons améliorer le diagnostic de la tuberculose multirésistante chez les patients infectés par le VIH. Le plus souvent, ces patients meurent avant même que l’on ait pu confirmer le diagnostic par des tests (le délai pour obtenir les résultats d’antibiogrammes est de 2 à 3 mois avec les techniques classiques). Nous voulons donc explorer la faisabilité sur le terrain des techniques moléculaires (PCR). Elles permettent d’évaluer la résistance à la Rifampicine et d’obtenir les résultats en moins de 24 heures.

Autre priorité, l’amélioration du contrôle des infections nosocomiales dans nos structures de soins. Ce volet est pris en compte dans nos programmes verticaux, mais il est souvent négligé dans les autres programmes, notamment en Afrique. Nos structures de soins ne doivent pas être des lieux de risque d’infections.


Plus de 25 000 patients ont été traités pour tuberculose dans plus de 100 projets.

Dans la moitié de ces projets, la prise en charge de la tuberculose est intégrée à l’offre de soins généraliste.
Dans un quart des projets, elle est intégrée à des programmes VIH/sida.


Le nombre de malades atteints de TB MDR mis sous traitement augmente : 580 en 2007 contre 260 en 2006.

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