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Traitements anti-sida : l'indispensable adaptation

Dans son plan pour "traiter 3 millions de personnes en 2005",
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaît la nécessité
d'adapter les protocoles des traitements anti-sida aux conditions de
vie réelles des malades dans les pays pauvres.

Pourtant, en restant en retrait sur la question du coût des traitements, l'OMS compromet les chances de succès de ce plan ambitieux. Un manque d'engagement à un moment où les initiatives privées atteignent dorénavant des pays jusque-là inaccessibles, comme la Chine où MSF vient d'ouvrir son 42ème programme de lutte contre le sida.

Adapter les protocoles de traitement aux conditions de vie réelles des malades dans les pays pauvres, tel est le défi à relever pour permettre à des millions de malades du sida d'avoir accès aux traitements à même de sauver leur vie.

Ce constat de MSF est partagé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans son plan pour "traiter 3 millions de personnes en 2005" : moins de comprimés à prendre chaque jour, moins de tests de laboratoire, des médicaments dispensés dans les centres de santé périphériques et une implication de la communauté sont les axes essentiels de cette adaptation indispensable des traitements aux conditions de vie dans les pays pauvres.

Des doutes subsistent cependant sur la réalisation à terme de ce plan particulièrement ambitieux dévoilé le 1er décembre par l'OMS. En restant floue et ambiguë sur la question du prix des traitements, l'Organisation Mondiale de la Santé prend le risque de laisser un obstacle majeur en travers de la route vers l'accès aux traitements pour les malades du sida des pays pauvres. En effet, alors que certains fabricants de médicaments génériques proposent des traitements annuels à 140 $ par patient, l'OMS conserve comme prix moyen de référence un traitement à 450 $. Un coût trop élevé pour permettre d'envisager la délivrance gratuite et à grande échelle de ces traitements auprès des malades les plus pauvres des pays pauvres.

Des prix les plus bas possibles sont pourtant la condition essentielle pour garantir un véritable accès aux soins. C'est le cas au Brésil qui soigne aujourd'hui tous ses patients VIH/sida avec des combinaisons fixes délivrées gratuitement. Cette approche est aussi celle engagée par MSF dans ses différents programmes de traitements des malades du sida, démarrés depuis plus de deux ans. Aujourd'hui, plus de 9 000 malades bénéficient gratuitement d'une trithérapie dans les 42 programmes MSF menés dans 19 pays. MSF souhaite parvenir à plus de 11 000 malades sous traitement d'ici la fin de l'année et 25 000 fin 2004. Une expérience qui montre qu'il est possible de soigner des malades en danger de mort dans des pays pauvres.
Hôpital de Chiradzulu - Malawi
Au Malawi, les enfants sont particulièrement touchés par l'épidémie de sida.

20% de ceux qui sont hospitalisés à Chiradzulu sont séropositifs.

Le sida dans les programmes de MSF
Fin octobre dernier, nous avons démarré un programme de lutte contre le sida, en Chine. C'est le 42ème programme dans lequel nous décidons de lancer ce type d'intervention.

C'est aussi une première dans ce pays qui compte officiellement 840 000 personnes séropositives et où le nombre des malades du sida a augmenté de 140% en un an. En plus de la gravité de la situation, les malades souffrent de discrimination et ne se voient qu'exceptionnellement offrir des soins.
Une équipe a donc mené une mission exploratoire dans le Guangxi, troisième province la plus touchée du pays, et obtenu l'aval des autorités sanitaires pour y lancer une action curative.

Au travers de témoignages et de diaporamas, découvrez nos programmes au Cambodge, au Kenya, en Thaïlande, au Malawi, en Ouganda et au Guatemala.

Photo : Didier Lefevre / Editing - Malawi

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