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Tensions croissantes autour de la colonisation

1er trimestre 2010 : tensions croissantes autour de la colonisation israélienne

Début 2010. Plusieurs familles palestiniennes du quartier arabe de Cheikh Jarrah (Jérusalem-Est), sont expulsées au profit de colons israéliens.

22 février. Le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu, annonce la volonté d'annexion, par l'État hébreu, du Caveau des Patriarches (à Hébron) et du Tombeau de Rachel (près de Bethléem). Deux lieux saints situés en en Cisjordanie occupée et vénérés aussi bien par les juifs que par les musulmans.

28 février. La police israélienne pénètre dans le complexe abritant la mosquée d'Al-Aqsa (vieille ville de Jérusalem), où des Palestiniens s'étaient rassemblés suite à des rumeurs selon lesquelles des extrémistes juifs allaient pénétrer dans l'enceinte. Sept Palestiniens ont été arrêtés, trois ont été blessés par des balles en caoutchouc, d'autres intoxiqués suite à l'inhalation de gaz lacrymogènes. Quatre policiers israéliens ont également été blessés par des jets de pierre.

3 mars. Sous l'égide des Etats-Unis, la Ligue arabe accepte le principe de l'ouverture de négociations indirectes (dites de « proximité ») entre Israéliens et Palestiniens. Mais, dans le même temps, la municipalité de Jérusalem souhaite démolir une vingtaine de maisons palestiniennes du quartier de Silwan (Jérusalem-Est), afin de réaliser un parc archéologique. Le commandant de la police de district autorise une visite du quartier par plus de 70 activistes israéliens d'extrême droite.

6 mars. Environ 3 000 manifestants, israéliens et palestiniens, se rassemblent dans le quartier arabe de Cheikh Jarrah (Jérusalem-Est). Ce rassemblement est le plus important organisé depuis plusieurs dizaines d'années contre la colonisation de la ville.

9 mars. Le ministère de l'Intérieur israélien donne son accord à un projet de construction de 1 600 logements dans un quartier de colonisation, Ramat Shlomo, habité par les juifs ultra-orthodoxes (Jérusalem-Est). En pleine visite du vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, cette déclaration déclenche un mini-scandale diplomatique, l'exaspération palestinienne et la réprobation internationale.

Du 11 au 16 mars. L'entrée dans la Vieille Ville de Jérusalem est interdite à tous les hommes palestiniens de moins de 50 ans.

11 mars. Le journal israélien Haaretz annonce la volonté du gouvernement israélien de construire 50 000 nouveaux logements, principalement à Jérusalem-Est.

15 mars. Benjamin Netanyahu affirme que l'Etat d'Israël continuera à construire dans Jérusalem comme il le fait depuis 42 ans. Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, déclare que celle-ci ne reprendra pas les négociations sans un gel complet de la colonisation. Le processus de Paix est à nouveau dans l'impasse.

16 mars. « Journée de la colère » palestinienne

Le 15 mars 2010, dans ce contexte de vives tensions politico-religieuses, a lieu la cérémonie d'inauguration de la synagogue historique de la Hourva, dans la Vieille Ville de Jérusalem. Le 16 mars, en réaction à ce qui est perçu par les Palestiniens comme une provocation supplémentaire, le mouvement islamiste Hamas appelle à une « journée de la colère » pour défendre la mosquée voisine d'Al-Aqsa et alerte la communauté internationale sur le risque d'embrasement dans les Territoires occupés palestiniens.

Alors que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, appelle « tout le monde au calme et à la retenue », en différents endroits de Jérusalem-Est de violents affrontements - les plus importants depuis plusieurs années - opposent des dizaines de manifestants palestiniens à environ 3 000 policiers et membres des forces antiémeutes israéliens. Aux jets de pierres, les forces de l'ordre répliquent en utilisant des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes. Des heurts et manifestations ont également lieu en Cisjordanie, et notamment à Hébron, ainsi que dans la bande de Gaza où le Hamas appelle à une nouvelle « Intifada » (soulèvement populaire palestinien).

Le bilan sur Jérusalem-Est fait état, le mardi 16 mars au soir, d'une quarantaine de blessés parmi les Palestiniens et de quinze autres parmi les forces de l'ordre. Une soixantaine de manifestants ont été interpellés.

 

Jérusalem : enjeu majeur de la colonisation

Jérusalem tient une place prépondérante dans les religions juive, chrétienne et musulmane, ainsi que dans le sentiment national israélien. Dès 1949, l'État d'Israël a proclamé Jérusalem comme étant sa « capitale indivisible et éternelle », désignation qui n'est reconnue par aucun membre de la communauté internationale. Lors de la guerre de juin 1967, Jérusalem-Est a été conquise par Israël qui a annexé cette partie de la ville. Une annexion qui, elle non plus, n'a jamais été reconnue sur le plan international.

Israël y a construit une douzaine de nouveaux quartiers où résident aujourd'hui plus de 200 000 Israéliens. La construction de logements à Jérusalem-Est n'est pas concernée par le moratoire* de 10 mois de la colonisation. L'Autorité palestinienne souhaitant faire de Jérusalem-Est (considérée par l'ONU comme un territoire occupé) la capitale d'un futur Etat palestinien, les Palestiniens dénoncent cette situation.

* Le gouvernement de M. Netanyahu a décrété fin novembre 09 un moratoire limité de 10 mois de la mise en chantier de logements dans les colonies de Cisjordanie occupée. Ce dernier ne concerne ni Jérusalem-est, ni les 3 000 logements en chantier en Cisjordanie, ni la construction d'édifices publics (synagogues, écoles, hôpitaux)

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