Fonds d’urgence COVID-19

Donnez à nos équipes les moyens de faire face à l’épidémie et à ses conséquences sur nos terrains d’intervention.

Je donne

Sri Lanka - Ouverture d'un programme à Batticaloa

Face à l'intensification des combats en 2006, MSF est retournée au Sri Lanka pour apporter une aide médicale aux victimes de la guerre. Nous avons déployé notre première intervention dans le nord du pays, sur la péninsule de Jaffna, avec un programme chirurgical dans l'hôpital de Point Pedro. Et nous venons d'ouvrir un programme à Batticaloa, comme l'explique le Dr Denis Lemasson, responsable des programmes pour le Sri Lanka.

Pourquoi MSF a décidé d'intervenir dans le district de Batticaloa, situé dans l'est du Sri Lanka ?
Les déplacements de populations dans cette région peuplée majoritairement par des Tamouls sont très importants. Ces derniers mois, l'armée sri-lankaise y a lancé une vaste offensive contre le mouvement rebelle tamoul des Tigres de Libération de l'Eelam Tamoul (LTTE). L'armée a le soutien d'un ancien leader des LTTE, Karuna, dont la milice compte 2000 à 3000 hommes armés. Lors des attaques, les populations civiles ont du fuir leurs villages alors que les bombardements s'abattaient sur leurs maisons. Elles ont afflué vers le littoral pour y trouver refuge. Elles vivent dans un climat de terreur et d'insécurité généralisée. Le district de Batticaloa compte actuellement environ 120 000 personnes déplacées. Si près de 60% d'entre elles ont pu trouver refuge chez des familles ou des personnes proches qui les ont abritées, les autres se sont installées dans des zones déclarées non constructibles après le tsunami.

Quels sont les conditions de vie de ces personnes déplacées ?
Si la situation n'est pas catastrophique, elle n'en reste pas moins très fragile. Des acteurs sont déjà présents, comme la Croix-Rouge et différentes ONG qui sont venues après le tsunami mais ces dernières n'étaient pas nécessairement préparées pour faire face à une urgence de cette taille. La population bénéficie d'une assistance qui est de qualité très variable selon les sites. Les besoins ne sont donc pas les mêmes dans tous les camps de déplacés. Il est à noter que les camps peuvent être très petits et ne compter que 300 à 400 personnes.

Dans quels secteurs MSF va déployer des secours ?
Nous voulons tout d'abord fournir des soins de santé primaire, les besoins n'étant jusqu'ici couverts que très partiellement. Nous avons commencé, le 7 mai, par mettre en place des cliniques mobiles dans 11 camps situés dans le nord du district de Batticaloa regroupant quelque 15 000 personnes. La première semaine, l'équipe a déjà traité 788 patients souffrant de diarrhée, d'infections respiratoires, d'asthme aussi et, dans quelques cas, d'hépatite A. Nous allons par ailleurs renforcer les soins apportés aux femmes en envoyant une gynécologue-obstétricienne qui va travailler à l'hôpital de Valaichenai et accompagner les cliniques mobiles. Il n'y a actuellement qu'un seul gynécologue-obstétricien pour tout le district de Batticaloa qui compte plus de 500 000 personnes. Enfin, le seul hôpital de référence se trouve à Batticaloa. Mais il ne peut pas faire face aux besoins, du fait de l'arrivée massive de déplacés et de l'augmentation des violences. Aussi allons-nous développer une activité chirurgicale en support aux services existants.
Dans les camps, nous prévoyons d'améliorer l'accès à l'eau potable ainsi que les installations sanitaires, là où cela est nécessaire en construisant des latrines et des douches, et de distribuer aussi des jerrycans et du savon.

À lire aussi