Secours en Birmanie, de nouveaux défis

Dans les bidonvilles de Labutta and Ngaputaw dans le delta de l'Irrawaddy MSF distribue de la nourriture et donne des consultations médicales.
Dans les bidonvilles de Labutta and Ngaputaw, dans le delta de l'Irrawaddy, MSF distribue de la nourriture et donne des consultations médicales. ©MSF

Le personnel international des organisations humanitaires est maintenant plus facilement autorisé à accéder à la zone sinistrée par le cylcone Nargis, début mai. Vince Hoedt, coordinateur d’urgence MSF à Rangoun, présente les enjeux pour poursuivre les secours dans le delta de l’Irrawaddy, en Birmanie.

Les difficultés d’accès pour le personnel international se sont allégées, est-ce qu’il y a d’autres freins à la délivrance des secours?
L’accès du personnel international dans le delta de l’Irrawaddy permet de disposer sur le terrain d’une expérience de ce type d’urgence, de compétences spécifiques pour mettre en œuvre des techniques plus efficaces, appropriées aux besoins et de la garantie que l’aide reste indépendante et distribuée en priorité aux plus vulnérables. Les employés birmans ont apporté l’essentiel des secours après le cyclone, le travail a été considérable, mais les besoins restent très importants. Notre principale difficulté est l’étendue de la zone sinistrée et l’ampleur des besoins : tellement d’endroits où aller, tellement de personnes qui ont besoin d’aide ! Une quantité incroyable de matériel doit être acheminée. Il faut charger le matériel dans des camions depuis Rangoun dans le delta, le décharger dans un centre logistique, le recharger sur des bateaux de capacité moyenne puis le transférer sur de plus petits bateaux qui pourront atteindre des zones isolées. C’est une opération énorme, nous parlons de centaines de tonnes de matériel, et il faut que la machine tourne à tous les niveaux pour que la trentaine d’équipes sur le terrain puisse distribuer la nourriture, les abris, le matériel de purification d’eau aux populations.

D’autres organisations humanitaires vont pouvoir se déployer dans le delta, est-ce que les activités de MSF vont changer ?
Durant les premières semaines, notre objectif a été d’apporter de l’aide matérielle au plus vite et en couvrant la plus grande zone géographique possible. Il y a probablement encore de nombreux endroits que nous n’avons pas atteint, des villages très isolés ou très petits ou simplement des lieux que nous n’avons pas identifiés. Il est encore trop tôt pour dire que l’ensemble de la zone sinistrée a été couverte par une première aide.

Nous passons de la phase où nous avons fait tout ce que nous pouvions à une phase où nous concentrer sur des activités précises à plus long terme.
Vince Hoedt, coordinateur d’urgence MSF à Rangoun

L’évaluation se poursuit. Mais d’autres organisations arrivent maintenant, dont certaines plus expérimentées que nous pour procéder à des distributions de matériel à grande échelle. Nous allons pouvoir leur transmettre une partie de nos activités et dans les prochaines semaines, notre intervention va changer de forme pour répondre à des besoins spécifiques. Par exemple, nous développons un programme de soins psychologiques dans une des zones qui a subi des dommages particulièrement importants. Nous passons de la phase où nous avons fait tout ce que nous pouvions à une phase où nous concentrer sur des activités précises à plus long terme.

Quels sont les besoins à plus long terme dans la zone sinistrée ?
Nous avons couvert une zone très vaste mais nous n’avons répondu qu’aux besoins les plus urgents. Une grande partie de la population n’a pas seulement perdu sa maison, mais aussi leurs sources de revenus, tel que le bateau de pêche, l’élevage de crevettes ou le marais salant. D’autres activités sont nécessaires à plus long terme, après les secours initiaux d’organisations comme MSF.

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