URGENCE GAZA

RDC - Des milliers de cas de choléra

Likasi dans la province du Katanga MSF prend en charge l'épidémie de choléra
Likasi, dans la province du Katanga, MSF prend en charge l'épidémie de choléra © François Dumont /MSF

A Likasi et à Lubumbashi, dans la province du Katanga, plus de 4.600
personnes sont infectées par le choléra qui a déjà fait plus de 110
décès. Vivant sans accès à l’eau potable et dans des conditions
d’hygiène extrêmement précaires, la population des quartiers pauvres de
Likasi est particulièrement touchée. Face à cette urgence, les équipes
MSF ont mis en place des centres de traitement et des systèmes
d’approvisionnement en eau potable.

A quelques centaines de mètres des élégantes bâtisses coloniales qui ont, jadis, valu à Likasi la réputation de "plus belle ville du pays", le quartier populaire de Kikula est frappé depuis début décembre par une épidémie de choléra. 90% des malades enregistrés à Likasi proviennent de ce lieu, soit plus de 1.500 personnes pour un quartier d’environ 150.000 habitants. C’est donc à Kikula que MSF a installé un centre de traitement du choléra, mi-janvier, pour assurer le traitement et l’isolement des malades.

Likasi. Le choléra, favorisé par le manque d’accès à l’eau potable et de mauvaises conditions d’hygiène, peut tuer jusqu’à 50% des malades s’ils ne sont pas soignés. Le centre de traitement, à Likasi, est une structure temporaire qui permet de prendre en charge en moyenne entre 150 et 180 patients. Le personnel médical compte 6 médecins et 45 infirmiers. Malgré la rapidité d’apparition des symptômes et leur gravité, le rétablissement du patient est spectaculaire, avec un traitement simple qui consiste à compenser les pertes d’eau et des principaux oligo-éléments. Mais il est important que le malade soit rapidement pris en charge.


Sensibilisation. Plus de cent vingt assistants de santé employés par MSF (soit un pour 400 familles) sont chargés de détecter les cas puis de les référer pour leur prise en charge. Le travail de sensibilisation de la population est également essentiel pour contenir la propagation de l’épidémie. Il s’agit de décrire les symptômes de la maladie et d’expliquer l’importance d’amener rapidement les malades au centre mais aussi de donner les règles de base pour se protéger contre le choléra (bouillir l’eau, nettoyer les aliments, bien se laver les mains avant de manger…).

Puits contaminés. Des dizaines de milliers de personnes, installées à Likasi dans l’espoir de trouver un travail dans le secteur minier florissant, vivent amassées dans des quartiers surpeuplés, et dans des conditions d’une très grande précarité. Le système public de distribution d’eau est hors service. La population puise l’eau dans des sources et des puits contaminés. MSF prévoit un système d’approvisionnement en eau le temps que durera l’épidémie de choléra. Mais ensuite, les moyens à mettre en œuvre pour répondre au problème de l’accès à l’eau potable demandent un investissement sur le long terme qui relève des autorités politiques.

A Lubumbashi, la capitale du Katanga, MSF travaille également dans deux centres de traitement du choléra d’une capacité d’une centaine de lits chacun. Il y a eu plus de 2.500 malades du choléra à Lubumbashi depuis fin septembre 2007.

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