Malawi : Prévenir la transmission du sida de la mère à l’enfant

Malawi : consultation anténatale
Malawi : consultation anténatale ©Julie Remy

Chaque jour, dans le monde, plus de 1 000 enfants en moyenne contractent le sida *. La plupart de ces contaminations se font de la mère à l'enfant, lors de la grossesse, de l'accouchement ou de l'allaitement. Sans prise en charge ni traitements adaptés, le taux de transmission est de 40% et 50% de ces enfants nés séropositifs décèdent avant leurs deux ans. A partir de 2008, dans le cadre de son programme de prise en charge du VIH-sida au Malawi, MSF a mis en place un volet de prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant.

En 2009, sur les 33,3 millions personnes séropositives dans le monde, 2,5 millions étaient des enfants (dont 370 000 avaient été infectés au cours de l'année, soit un nouveau cas sur sept)*.

Dans les pays riches, le dépistage est systématiquement proposé aux femmes enceintes. Des antirétroviraux (ARV) sont fournis à celles qui s'avèrent être séropositives. Ces dernières accouchent par césarienne et peuvent, par la suite, nourrir leur bébé au biberon. Autant de pratiques ayant permis de réduire le taux de transmission mère-enfant à moins de 2%.

Dans les pays du Sud, et notamment en Afrique australe, la plupart des femmes séropositives ne disposent pas d'un accès aux soins suffisant et accouchent souvent à domicile. De même, nourrir son enfant au biberon n'est pas une option praticable, ni sûre. Déjà parce que l'allaitement maternel est gratuit, alors que les laits en poudre et l'eau potable sont inabordables ou non-disponibles dans ces contextes précaires.

Une prise en charge spécifique pour la mère et l'enfant. Depuis plus de 10 ans, MSF prend en charge des patients atteints du VIH dans le district de Chiradzulu, au sud du Malawi, pays fortement touché par la pandémie. A partir de mars 2008, des volets de prévention de la transmission du virus du sida de la mère à l'enfant (PMTCT) ont été initiés dans les 10 centres de santé et est en cours de mise en place à l'hôpital du district. Les femmes enceintes séropositives bénéficient de soins ainsi que d'un régime ARV spécifiques pendant la grossesse et accouchent dans une structure médicale. De sa naissance jusqu'à ses six semaines, le bébé reçoit une dose quotidienne d'ARV pédiatriques, sous forme de sirop, afin de combattre le virus qui aurait pu être tout de même transmis pendant la grossesse ou l'accouchement.

Au début de sa vie, un enfant séropositif est extrêmement fragile et vulnérable. A Chiradzulu, depuis juillet 2009, à partir de l'âge de six semaines les bébés issus du PMTCT et/ou ceux présentant des symptômes d'infection par le VIH (pneumonie, anémie, diarrhée, perte de poids...) sont dépistés grâce à un test laboratoire très sensible et fiable. Connaître le plus tôt possible le statut sérologique d'un enfant, permet quand il est séronégatif d'espacer ses rendez-vous et son suivi médical jusqu'à ses douze mois ; Quand il est séropositif, d'être rapidement pris en charge et mis sous traitement, ce qui réduit nettement les risques de complications et de mortalité.

Des avancées positives. En 2010, L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a préconisé de nouvelles recommandations en matière de prise en charge du sida. Certaines de ces évolutions concernent le PMTCT. Le Malawi a retenu et souhaite mettre en œuvre l'option qui préconise de mettre les femmes séropositives enceintes sous ARV à vie, quel que soit le stade d'évolution du VIH dans leur organisme, et en utilisant des ARV moins toxiques et ayant moins d'effets secondaires.

Une mesure qui devrait permettre de nettement réduire les risques de transmission à leur enfant, donc le nombre de nourrissons à naître séropositifs. De plus, la période d'allaitement prolongée à 18 mois au lieu de six devrait encore faire baisser la mortalité pédiatrique due à la malnutrition, les maladies infantiles et la déshydratation.

Des négociations sont en cours avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, principal bailleur du programme national de prise en charge du VIH. MSF quant à elle souhaite également appliquer ces nouveaux protocoles à ses volets de PMTCT dont 1 700 femmes enceintes séropositives ont bénéficié en 2010.

* Chiffres ONUSIDA, 2010

Dossier "des soins pour les femmes"

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