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Kenya - Sida : Convaincre d'autres acteurs de s'engager dans le traitement des malades

Le
24 et 25 avril, un colloque à l'initiative de Médecins Sans Frontières
a réuni les principaux acteurs impliqués dans la lutte contre le Sida
au Kenya. Représentants du Ministère de la Santé kenyan,
chercheurs, médecins, associations de malades : près de 150 personnes
se sont retrouvées pendant deux jours pour tenter de trouver des
solutions concrètes pour les patients kenyans en attente de traitement.


SIDA AU KENYA : UNE OFFRE DE SOINS ET DE MEDICAMENTS DERISOIRES
2,2 millions de Kenyans, soit près de 13% de la population adulte, sont séropositifs. Pour ceux qui ont déjà déclaré la maladie, l'offre de soins et de médicaments reste dérisoire.

Ainsi 7.000 patients seulement peuvent aujourd'hui bénéficier de traitements par antirétroviraux (ARV), soit un nombre extrêmement restreint de patients, sur les 220.000 malades en danger de mort qui devraient pouvoir bénéficier d'une trithérapie.

A l'occasion de ce colloque, seront présentés différents programmes spécialisés dans le traitement des malades du Sida : une opportunité pour tous les acteurs concernés d'échanger leur expertise et d'élaborer des réponses concrètes à l'urgence de soigner.
Hôpital de Homa Bay - juin 2002
MSF propose dans le cadre du volet VIH/Sida à l'hôpital d'Homa Bay un service de conseil et de dépistage gratuit, la prévention de la transmission du virus (laboratoire, hygiène), le support au service des maladies infectieuses, le support aux soins infirmiers et à l'hygiène des malades, le suivi médical des patients, le traitement des maladies opportunistes.

Ainsi à l'hôpital d'Homa Bay, au sud du Kenya, MSF traite aujourd'hui près de 400 patients. Ce programme, initié en 2001, a permis de mettre en place une structure complète de prise en charge médicale : du dépistage jusqu'aux traitements par antirétroviraux. Des traitements qui permettent aux patients de reprendre une vie quasi-normale, de recommencer à travailler, de s'occuper de leurs enfants...

Les obstacles qui empêchent aujourd'hui de traiter au Kenya un plus grand nombre de patients et les moyens de les surmonter seront également évoqués lors de ce colloque. Au premier rang figure le coût des traitements : les médicaments de marque restent en effet à un prix très élevé, inabordable pour la plupart des Kenyans.

Les médicaments génériques disponibles (15,675 Ksf, soit 209 US$) sont 5 fois moins chers que les produits sous brevets proposés à prix réduits par les laboratoires pharmaceutiques, mais ils restent encore d'un coût élevé pour la grande majorité des malades.

De plus, la loi kenyane permet depuis quelques mois l'importation d'ARV génériques, pourtant, il reste encore certaines barrières légales à franchir, notamment l'enregistrement de ces médicaments par les autorités pharmaceutiques kenyanes.

Avec cette initiative, Médecins Sans Frontières espère convaincre d'autres acteurs de s'engager à ses côtés pour traiter plus de malades, des malades en danger de mort.

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