Fonds d’urgence COVID-19

Donnez à nos équipes les moyens de faire face à l’épidémie et à ses conséquences sur nos terrains d’intervention.

Je donne

Kenya - Des réfugiés somaliens livrés à eux-mêmes

Réfugiés Somaliens dans un camp de fortune en périphérie du camp de Dagahaley Dadaab Kenya.
Réfugiés Somaliens dans un camp de fortune en périphérie du camp de Dagahaley, Dadaab, Kenya. © MSF

Chaque jour, des centaines de réfugiés somaliens fuyant les combats dans leur pays continuent d'affluer au Kenya où des camps surpeuplés ne peuvent pas les accueillir. Alors qu'Ifo II, un nouveau camp prévu pour eux, n'a toujours pas ouvert ses portes, les nouveaux arrivants n'ont pas d'autre choix que de construire des abris de fortune.

Le camp de réfugiés d'Ifo II a été construit pour accueillir le flux constant de réfugiés fuyant la guerre et la sécheresse en Somalie. Pourtant, deux mois après la date prévue pour le transfert des réfugiés (le 2 novembre), le camp d'Ifo II reste vide. Et des milliers de personnes vivent dans des conditions effroyables autour du camp déjà surpeuplé de Dagahaley à Dadaab.

Au cours des deux premières semaines de janvier, quelque 6 000 réfugiés ont effectué le périlleux voyage entre la Somalie et Dadaab. Au lieu d'y trouver l'assistance et la protection escomptées, les réfugiés subissent les conséquences du blocage des négociations pour l'ouverture du camp et sont bloqués à l'extérieur, livrés à eux-mêmes.

« Les réfugiés ont un accès limité à l'eau, à la nourriture, aux biens de première nécessité et à un abri. L'absence de latrines augmente le risque de propagation de maladies. En particulier au sein d'une population vulnérable qui fuit des années de guerre », déclare Elena Estrada, volontaire MSF.

En novembre dernier, MSF avait déjà dénoncé la situation critique des réfugiés qui s'installaient à l'extérieur du camp de Dagahaley. De fortes pluies avaient alors détruit leurs abris et leurs réserves de nourriture, détériorant encore leur état de santé et leurs conditions de vie.

L'insécurité est un autre problème auquel ces réfugiés doivent faire face. La plupart des nouveaux arrivants sont des enfants, des femmes et des personnes âgées. Leur installation à l'extérieur des camps les prive de protection et les expose à la violence. A Ifo II, les organisations d'aide attendent de pouvoir installer les réfugiés dans de nouvelles structures dotées d'installations sanitaires, d'un accès sûr à l'eau potable, à des soins de santé et à des écoles. Depuis octobre dernier, une équipe de MSF est prête à accueillir les patients dans une structure médicale temporaire, en attendant qu'un hôpital de 45 lits soit terminé.

Les camps de Dadaab ont été construits en 1991 pour accueillir 90 000 réfugiés. En 2008, ils ont atteint leur capacité maximale d'accueil. Aujourd'hui, les camps abritent 308 000 réfugiés. Après des négociations entre les communautés locales, les élus, l'administration provinciale et des membres du parlement, l'UNHCR (l'Agence des Nations unies pour les réfugiés) a reçu l'autorisation, en décembre 2009, d'étendre le camp d'Ifo pour y accueillir 80 000 réfugiés.

En juillet 2010, MSF s'est engagée à y fournir des soins de santé. Malgré son engagement et le redéploiement de ressources, l'organisation n'est pas en mesure de porter assistance aux réfugiés tant que le camp d'Ifo II ne sera pas opérationnel.

MSF appelle tous les acteurs impliqués dans les négociations à permettre le transfert immédiat des réfugiés du camp de Dagahaley au camp d'Ifo II à Dadaab.

 

MSF vient en aide aux Somaliens depuis 1992. L'organisation médicale humanitaire a commencé à travailler dans le camp de Dagahaley en mars 2009, fournissant des soins médicaux, y compris des soins maternels et chirurgicaux, au sein d'un hôpital d'une capacité de 110 lits. Les quatre centres de santé MSF offrent des vaccinations, des soins anténataux et de santé mentale, effectuant en moyenne 10 000 consultations par mois.

 

Minisite "Un jour à Dadaab, un an plus tard"

Cliquez pour écouter les récits de quatre réfugiés somaliens vivant dans le camp de Daghaley, au Kenya

Dadaab, un an plus tard


 

À lire aussi