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Inondations en Inde – Paroles de victimes

Araria et Supaul, deux des districts les plus rudement touchés par les inondations. MSF y fournit une aide médicale à des dizaines de milliers de personnes déplacées par la catastrophe. Certaines ont dû fuir leur maison au milieu de la nuit, d'autres se sont trouvés coincées plusieurs jours avant d'être secourues par l'armée. Mais, un mois après la rupture d'une digue sur la rivière Kosi qui a ravagé toute la région, les sinistrés restent sans abris et dépossédés de tout. Témoignages.

Camp de Chuni, dans le district de Supaul


Nitesh Shain, 60 ans.
« Je viens d'un village proche d'ici, appelé Asanpur. Nous vivons à 5 ou 6 sous le même abri. Nous l'avons construit nous-mêmes avec du bambou et tout ce que nous avons pu trouver.

Notre village a été totalement inondé et nous avons tout perdu, y compris nos récoltes, le blé et le riz. Il ne reste plus que deux ou trois maisons, seules les plus grosses ont tenu. Aujourd'hui on ne peut plus labourer car les champs de paddy (riz non décortiqué) sont inondés. Je ne sais pas ce que l'on va pouvoir faire. Nous n'avons rien pu emporter, ni vêtements, ni nourriture.

MSF nous a donné des bâches en plastique et des biens de première nécessité comme des containers, mais nous n'avons rien reçu du gouvernement.


Des paquets d'aide alimentaire ont été largués par avion mais ce n'est pas suffisant. Nous avons besoin de plus de nourriture, de vêtements et de médicaments. Ma femme est malade, alors elle est allée voir les médecins de MSF. Depuis trois jours, elle souffrait de maux de tête, de maux de ventre, de fièvre et de diarrhée. Nous voulons rentrer chez nous mais c'est encore trop tôt et il nous faudra probablement patienter encore ici deux ou trois mois. »


Yadu Handan Poddar. « Je rendais visite à des proches quand la catastrophe a eu lieu. Je vis à Forbesganj. De nombreux villages de la région de Chattipur ont été rudement touchés car cette zone est proche de la digue qui a cédé.

Ce barrage n'était pas entretenu, c'est ce qui a causé la catastrophe. C'était effrayant, les inondations ont débuté la nuit et, en 48 heures, les eaux sont montées et le courant était très fort.

Les enfants dormaient, il y a eu un mouvement de panique et tout le monde a essayé de fuir. Ils couraient, nageaient, grimpaient sur les toits ou les arbres, tentaient d'atteindre un endroit sec lorsque cela était possible.



Dans certains villages, des personnes sont restées sur les toits très longtemps. L'armée a secouru de nombreux villageois et les a amenés à Chuni, dans ce camp. Ici, nous avons un centre de distribution de nourriture et nous pouvons cuisiner les aliments qui nous ont été largués par avion. Des centaines de familles attendent ici. »

Camp de Raniganj, dans le district de Araria


Manbhar Sharma, 55 ans, originaire du village de Badhatepur, dans le district de Araria. « Au cours de la nuit, les eaux n'ont pas cessé de monter, alors, au matin, nous avons décidé de partir. Il y avait environ 30 cm d'eau à l'intérieur de la maison et le niveau n'arrêtait pas de monter.

Avec six autres familles, nous avons marché les pieds dans l'eau, portant les enfants et tout ce que nous avons pu sauver. Nous avons réussi à emporter des coffres, quelques objets, mais pas grand chose. Nous avons pu emmener avec nous le troupeau qui est ici, avec nous.

Nous avons dû marcher longtemps avant d'atteindre la terre sèche et nous avons eu souvent très peur en raison des serpents et du fort courant. Mais nous n'avons pu emporter aucune nourriture.

Le gouvernement nous en a fourni un peu ici, surtout du aloo (pommes de terre), du dhal (lentilles) et des céréales, mais nous ne savons pas quand aura lieu la prochaine distribution. Les médecins envoyés par le gouvernement viennent ici de temps en temps mais nous manquons de médicaments.

Dans le camp, c'est sale et surpeuplé, nous sommes entourés d'eau et il y a des moustiques. Il n'y a pas d'eau propre et les gens sont tombés malades avec de la fièvre, des maux de tête, des douleurs variés et de la diarrhée.

Avant que MSF n'arrive, nous n'avions pas d'abris en plastique et n'avions rien reçu, excepté de la nourriture. Lorsqu'il pleuvait, nous nous réfugions tous sous les abris dont les toits étaient les plus résistants. Les gens les avaient construits grâce à du bambou, des saris et tout ce qu'ils ont trouvé. Jusqu'à présent, il a beaucoup plu et les gens ont maintenant des bâches en plastique à mettre au-dessus de leurs têtes. »

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