Indépendance du Sud Soudan : l’immense défi de l’accès aux soins

Hôpital civil d'Aweil au Sud Soudan
Hôpital civil d'Aweil au Sud Soudan ©Cédric Gerbehaye / Magnum Foundation Emergency Fund / VU'

Alors que le pays s'apprête à célébrer son indépendance le 9 juillet prochain, il devra surmonter de nombreux obstacles pour répondre aux besoins de santé des populations. Médecins Sans Frontières (MSF) intervient notamment dans l'unique hôpital du nord Bahr el Ghazal pour réduire le taux de mortalité materno-infantile, l'un des plus élevés au monde.

Taux de mortalité record, malnutrition chronique, épidémies récurrentes. On estime que quelque 75% de la population au Sud Soudan n'ont pas accès aux soins de base. Et que 80% des services de santé sont assurés par des ONG internationales.

Mais alors que le pays célèbrera son indépendance le 9 juillet prochain, les défis restent nombreux pour cet état en construction. « C'est un moment historique pour la population du Sud Soudan, déclare Jane Coyne, responsable des programmes de MSF au Sud Soudan. Mais le nouveau pays doit faire face à de nombreux défis. La situation sanitaire est critique depuis des années. Les ressources humaines qualifiées sont inexistantes et les structures de santé trop rares pour couvrir les besoins de la population. »

Avec une population à 92% rurale, le Nord Bahr el Ghazal (NBeG) est l'état le plus pauvre du Sud Soudan. MSF travaille depuis 2008 dans le seul hôpital de cette région qui compte 780 000 habitants.

Lorsque MSF est arrivée dans l'hôpital civil d'Aweil en 2008, les équipes ont relevé des taux de mortalité maternelle extrêmement élevés, avec 50% des patientes qui mourraient des suites d'une césarienne. Aujourd'hui grâce à une offre de soins adaptés et du personnel médical qualifié, MSF est parvenue à réduire le taux de mortalité maternelle sous la barre des 1%.

Dans les régions isolées, les cas de travail prolongé sont fréquents et peuvent conduire à des problèmes d'obstruction. C'est le cas d'Ewin Aguot qui a pu bénéficier d'une césarienne. « Je suis venue à l'hôpital parce que j'avais très mal à l'abdomen depuis plusieurs jours. Je suis venue à pied, avec ma mère et ma tante. Nous avons marché plus de deux heures, je saignais et j'ai cru avoir perdu mon enfant. »

Nombre d'accouchements présentent des complications que les structures de santé existantes ne peuvent prendre en charge car elles ne disposent pas des ressources nécessaires. Il est donc essentiel de mettre à la disposition de la population un hôpital capable de gérer ces cas de manière appropriée et qui dispose du matériel et du personnel médical permettant d'assurer la santé de la mère et de l'enfant.

« Avant notre arrivée, seuls 500 des accouchements dans la zone avaient lieu à l'hôpital. En 2010, MSF a assisté plus de 2600 naissances à l'hôpital d'Aweil, ce qui représente 10% des naissances dans le Nord Bahr el Ghazal », ajoute Jane Coyne.

Avec une population de 8 millions d'habitants, le pays ne dispose que de 120 médecins environ et d'une centaine d'infirmiers. Miné par vingt années de guerre civile jusqu'en 2005, le Sud Soudan doit reconstruire des structures de santé, mettre en place des centres de formation pour se doter du personnel médical qualifié qui lui fait cruellement défaut.

Mais malgré les nombreux acteurs de l'aide dans le pays et l'établissement d'un ministère de la Santé, il faudra de nombreuses années au gouvernement du Sud Soudan pour mettre en place un système de santé répondant aux besoins des populations.

 

Diaporama photos Diaporama photos : État d'urgence : MSF soutient les nouveaux déplacés au Sud-Soudan

 

Vidéo Vidéo : Sud-Soudan : Une jeune nation qui manque de tout

À lire aussi