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Grave épidémie de rougeole au Burkina Faso

Prise en charge d'un enfant malade de la rougeole dans un centre de santé à Ouagadougou mai 2009.
Prise en charge d'un enfant malade de la rougeole dans un centre de santé à Ouagadougou, mai 2009. © François Ransquin / MSF

MSF soigne les malades de la rougeole et demande que la campagne de vaccination massive annoncée débute le plus rapidement possible.

Le Burkina Faso est frappé par la plus grave épidémie de rougeole que le pays ait connue depuis plusieurs décennies.

Selon les chiffres du ministère de la Santé, 45 000 personnes atteintes de rougeole ont été recensées depuis le début de l'année, dont près de 300 morts, principalement des enfants de moins de cinq ans.

Aujourd'hui, si le pic de l'épidémie semble être passé, quelque 2 600 patients par semaine sont encore enregistrés dans le pays.

Depuis le mois de mars, MSF a fourni des traitements et a pris en charge gratuitement les personnes atteintes de rougeole dans cinq centres de santé publics de la capitale, Ouagadougou.

Dans trois districts de l'est du pays, depuis le début du mois de mai, trois structures de prise en charge gratuite des malades de la rougeole ont été mises en place, ainsi qu'un soutien aux centres de santé du ministère de la Santé (donations de traitements et référence des cas compliqués vers les structures de MSF).

« Environ 850 nouveaux malades sont encore soignés chaque semaine dans les structures soutenues par MSF, explique François Giddey, chef de mission de MSF au Burkina Faso. Cependant, dans bon nombre d'autres structures de santé, la gratuité n'est pas systématique, ce qui limite l'accès aux traitements, notamment pour les populations les plus vulnérables. »

Et même lorsque les soins sont gratuits, la population n'en est pas toujours informée. « Nous craignons que de nombreux malades ne se rendent pas dans les structures médicales par crainte de devoir payer leur traitement, ajoute François Giddey. Le bilan de l'épidémie de rougeole, déjà dramatique, pourrait, en réalité, être bien plus élevé. »

Déjà 300 morts, alors qu'il existe un traitement simple et un vaccin efficace

Sans traitement, on estime qu'environ 10% des malades de rougeole décèdent. La rougeole tue chaque année près de 200 000 personnes dans le monde, principalement des jeunes enfants dans les pays à revenu faible. Pourtant, il s'agit d'une maladie connue, contre laquelle il existe une prise en charge simple mais aussi un vaccin efficace. La réalisation rapide de campagnes de vaccination limite la mortalité liée à de telles épidémies de rougeole en Afrique.

Si on avait vacciné deux mois plus tôt, on aurait évité bien des morts."

- François Giddey, chef de mission de MSF

 

Alertée par la rapide augmentation des cas de rougeole, MSF avait mobilisé début mars une équipe d'urgence et proposé sa collaboration au ministère de la Santé du Burkina Faso pour une vaccination dans les cinq districts de Ouagadougou.

Cette région, la plus touchée par l'épidémie, représente une population cible d'environ 1,4 millions de personnes. La proposition de MSF n'a finalement pas été retenue. Et cinq mois après l'apparition des premiers malades, la vaccination n'a encore débuté dans aucun district.

« Suite à des discussions avec les autorités, l'Organisation mondiale de la Santé et les bailleurs de fonds, une campagne de vaccination de masse contre la rougeole a été annoncée pour le mois de juin, explique François Giddey. Aujourd'hui, peu importe qui vaccine, nous espérons juste que la vaccination sera faite au plus vite. Si on avait vacciné deux mois plus tôt, on aurait évité bien des morts. »

 

MSF travaille au Burkina Faso depuis 1995, où l'organisation gère aujourd'hui des programmes nutritionnels et de prise en charge du VIH/sida. En 2007, MSF a lancé un programme pour décentraliser le traitement de la malnutrition dans les districts de Yako et Titao, au nord du pays. A Ouagadougou, le programme VIH/Sida de MSF a instauré des services de prise en charge pour près de 5 000 patients, dont 4 000 sous traitement antirétroviral. Un programme de soins médicaux et psychologiques pour les filles et adolescentes de la rue, lancé en 2005, vient d'être remis à une ONG locale.

 

 

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