Géorgie - Premières interventions

Géorgie 11 août 2008. Un habitant de Gori devant son immeuble détruit .
Géorgie, 11 août 2008. Un habitant de Gori devant son immeuble détruit . ©@REUTERS/GLEB GARANICH. Courtesy www.alertnet.org

Filipe Ribero, responsable de programme MSF, a mené des évaluations dans des sites de déplacés à Tbilissi et Gori. Sur le terrain, le contraste est fort entre un afflux d'aide internationale massif et des possibilités d'assistance pour le moment limitées.

Filipe Ribero, responsable de programme MSF, a mené des évaluations dans des sites de déplacés à Tbilissi et Gori. Sur le terrain, le contraste est fort entre un afflux d'aide internationale massif et des possibilités d'assistance pour le moment limitées.

Quelle est aujourd'hui la situation en Géorgie ?
La situation semble s'apaiser. Mais les populations civiles sont toujours inquiètes quant aux possibilités d'une normalisation rapide de la situation. La peur suscitée par les récents affrontements est toujours bien présente.

Les premiers jours, la situation en Géorgie était extrêmement tendue, rendant les déplacements compliqués. En revanche, depuis deux jours, nous commençons à pouvoir circuler plus facilement.

Nous constatons depuis peu l'arrivée massive d'acteurs de l'aide dans le pays, alors que, pour le moment, nos premières évaluations ne montrent pas de besoins aigus. Les structures de santé géorgiennes arrivent globalement à prendre en charge les blessés. Nous nous tenons prêts à fournir des médicaments si besoin.

Quels sont les besoins de populations déplacées par le conflit ?
Nous avons visité deux sites de 200 et 500 personnes environ autour de Tbilissi.
Hébergés dans des bâtiments publics, ils manquent surtout d'eau et de matériel de première nécessité (jerrycans, matériel d'hygiène et pour faire la cuisine).

Nous allons aussi déployer des unités mobiles pour dispenser des soins médicaux. Une vingtaine de sites comme ceux-là existeraient dans et autour de Tbilissi. Dans les prochains jours, nous prévoyons de visiter d'autres sites avec une équipe médicale et du matériel de première nécessité pour répondre immédiatement aux besoins détectés.

Nous constatons depuis peu l'arrivée massive d'acteurs de l'aide dans le pays, alors que, pour le moment, nos premières évaluations ne montrent pas de besoins aigus.
Filipe Ribeiro, MSF

Qu'avez-vous constaté à Gori ?
La ville est déserte. La majorité des populations civiles semblent avoir quitté les lieux. Au cours de cette visite rapide, nous nous sommes rendus à l'hôpital militaire, le seul qui fonctionne actuellement à Gori. Peu de blessés y sont hospitalisés : ils y sont stabilisés et la majorité d'entre eux sont transférés à Tbilissi.

Nous voulions également mener des évaluations dans des villages situés aux alentours de Gori, mais l'accès à ces zones n'a pas été possible. Nous prévoyons donc d'y retourner dès que la situation sécuritaire le permettra.

De la même manière, nous tentons toujours d'entrer en Ossétie du Sud pour poursuivre les évaluations, mais cette zone reste inaccessible à l'ensemble des acteurs de l'aide présents aujourd'hui en Géorgie.

Qu'en est-il de la poursuite de nos programmes de traitement des malades atteints de tuberculose multi-résistante (TB MDR) ?
Les activités continuent dans ces deux programmes en Géorgie, l'un étant situé sur le territoire autonome abkhaze.
A Soukhoumi (Abkhazie), notre équipe est restée sur place et continue de soigner les 80 patients admis dans le programme.
A Zougdidi (Géorgie), les volontaires MSF qui avaient évacué la ville à la demande des autorités géorgiennes sont de retour.

Toutefois, il semble qu'une partie des 120 patients admis dans le programme, ne se sont pas rendus ces derniers jours dans les centres ambulatoires pour recevoir leur traitement. La tuberculose multi-résistante étant une maladie contagieuse, ces patients représentent un risque pour leur entourage.

 

 

 

 

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