Soyez là où votre don sauve des vies

France - Fiche projet migrants

En France, les demandeurs d'asile et les migrants sans papiers rencontrent des problèmes d'accès aux soins psychologiques en raison de la précarité de leur statut et de leur condition de vie, autant que de la barrière de la langue. Un grand nombre d'entre eux ont fui la violence, les persécutions pour finalement se retrouver eux-mêmes sans abri et complètement démunis en France.
L'addition des traumatismes vécus dans leur pays, durant leur dur exil et la situation d'exclusion vécue en France où ils venaient chercher protection et refuge, causent de sévères troubles psychologiques comme anxiété sévère, la dépression... Vivre dans la rue entraîne aussi des problèmes de santé physique.
En 2007, MSF a monter un nouveau programme à Paris dont le but est d'offrir une assistance médicale, des soins de santé mentale et un soutien social aux demandeurs d'asile sans papier.

Contexte

>Contexte


La situation pour les migrants, en général, notamment pour les demandeurs d'asile, en France comme en Europe, ne cesse de se dégrader. Les trajectoires pour atteindre l'Europe sont de plus en plus dangereuses et se font souvent au péril de la vie.

Les personnes cherchant refuge et protection en France, mais n'ayant pas de titre de séjour en raison de l'application du règlement Dublin II (la demande d'asile devant être faite dans le premier pays européen traversé), ou parce qu'elles sont déboutées de leur demande d'asile, vont rencontrer de par l'absence de statut administratif et ses conséquences sociales (pas de résidence, disqualification de leur présence), un véritable problème d'accès aux soins et aux services psychologiques français, voire un refus si elles ne sont ni francophones ni anglophones.

 

MSF en France

Le Centre d'Ecoute et de Soins, ouvert à Paris le 1er mars 2007, propose des soins psychologiques à des personnes en souffrance, venues chercher asile et protection en France. La plupart ont fui une zone de conflit ou des violences politiques. Parmi le public, communément appelé « réfugiés », le programme cible plus particulièrement les personnes sans titre de séjour et non francophones.

Certains patients sont arrivés en France récemment, d'autres sont présents sur le territoire depuis plusieurs années. Pour nos patients, comme pour la population générale des demandeurs d'asile, l'accès aux soins et services psychologiques existants est entravé par plusieurs facteurs : la nature et l'intensité des troubles (nécessitant parfois des prises en charge rapides et adaptées), la précarité sociale et administrative (ce qui crée des barrières aux soins dans certaines structures, et nécessite souvent une prise en charge pluridisciplinaire), la barrière linguistique (nécessitant le recours à l'interprétariat dans la langue du patient).

Composé d'une équipe pluridisciplinaire, le Centre d'Ecoute et de Soins propose une prise en charge adaptée à chaque patient, le suivi thérapeutique étant étayé par des références et orientations médicales, sociales, et juridiques.

Depuis l'ouverture de ce centre, il y a deux ans et demi, plus de 650 personnes y ont été prises en charge. Au total, le personnel médical de MSF a réalisé plus de 10 000 consultations : 50 % en soins psychologiques ; 25 % en soins médicaux et 25 % en suivi social.

Une des spécificités du programme est de soigner des patients cumulant une histoire personnelle éprouvante, faite le plus souvent de traumatismes répétés et cumulatifs (dont l'exil), interagissant avec une situation sociale actuelle précaire, vécue parfois comme sans issue et pouvant constituer une « caisse de résonance » des violences précédemment vécues.

Les profils psychologiques sont très marqués par un phénomène d'angoisse et d'anxiété extrêmement élevé. L'activité de soins s'avère donc indispensable, évitant des décompensations majeures et des passages à l'acte. 41% des patients suivis déclarent, en effet, avoir des idées suicidaires.

Si toutes les problématiques ne sont pas solubles dans le soin, celui-ci soulage, valorise, reconstruit, pose de nouveaux repères et perspectives, permettant - si ce n'est une guérison - la rémission ou l'atténuation des troubles les plus manifestes et les plus invalidants.

Aussi, durant l'été 2009, MSF a aussi organisé un week-end de traitement de la gale pour les réfugiés afghans qui vivent dans les rues de Paris. En novembre, MSF a apporté des fournitures d'urgence aux sans abri et aux migrants démunis pour les aider à passer l'hiver.


Au Centre d'Ecoute et de Soins de MSF

L. est né en Afghanistan, il y a 30 ans. Comme la majorité des Afghans, il est arrivé en France après un long et pénible périple au travers de l'Afghanistan, l'Iran, la Turquie, la Grèce et l'Italie. Une partie de sa famille a péri dans une explosion en Afghanistan. L. a fui son pays avec sa femme et ses enfants et a cherché refuge en Iran parce qu'il avait peur : il a ensuite entrepris de rejoindre la France seul.

Il redoute en permanence d'être renvoyé en Afghanistan. Il a procédé à une demande d'asile mais elle a été rejetée et il n'a plus le droit de rester sur le territoire français.

L. est soigné au centre d'écoute et de soins de MSF depuis un an et suivi par un psychologue de MSF. Son agressivité envers lui-même témoigne de sa détresse. Chaque jour, ses pensées sont hantées par ce qu'il a subi en Afghanistan. Des idées suicidaires lui traversent souvent l'esprit jusqu'à élaborer des plans pour mettre fin à ses jours.
La violence dont il fait preuve à son propre égard témoigne de sa détresse. Chaque jour, il est hanté par ce qu'il a vécu en Afghanistan.

 

"Les problèmes dans ma tête sont le reflet de tout ce que j'ai vécu, de l'inhumanité et de la guerre. La guerre, ça rend fou."
Une femme tchétchène.


"Les soins de santé ne peuvent pas résoudre tous les problèmes mais ils soulagent, renforcent, reconstruisent ; ils ouvrent de nouvelles perspectives et donnent de nouveaux repères ; il se peut qu'on n'arrive pas à complètement se rétablir, mais c'est en tout cas une amélioration et un début de solution aux problèmes les plus criants et débilitants."
Jacky, psychologue et coordinateur médical.

 

 

À lire aussi