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Faute de traitements adaptés, les enfants meurent plus que les adultes

Près de la moitié des enfants nés séropositifs décèdent avant l'âge de
deux ans. Car pour les 2,5 millions d'enfants infectés par le virus du
sida, les traitements adaptés n'existent pas, ou à des prix
inabordables.

Alors que 6 % des personnes séropositives dans le monde sont des enfants, ils représentent 17 % des décès dus au sida. Cette surmortalité a une explication tristement simple : par manque de médicaments adaptés, les enfants qui vivent aujourd'hui avec le sida ne peuvent être correctement soignés.

Si, pour les patients adultes, il existe des trithérapies simples d'utilisation (les combinaisons à dose fixe qui permettent aux malades de n'avoir à prendre qu'un comprimé deux fois par jour, et disponibles à un prix abordable), ces mêmes associations avec des dosages pédiatriques n'existent pas pour les enfants. Et, lorsque des formulations pédiatriques d'anti-rétroviraux (ARV) existent, leur coût est six fois plus élevé que pour les adultes. Ainsi un traitement pour un enfant (pesant 14 kilos) prenant trois sirops différents, correspondant à trois molécules distinctes, coûte 1300 dollars par an, contre 200 dollars pour la même combinaison pour les adultes.

Kenya, juillet 2003
Près de 20 000 malades du sida reçoivent aujourd'hui un traitement antirétroviral dans l'un de nos programmes. Parmi ces patients, 5% sont des enfants de moins de 13 ans.

© Juan Carlos Tomasi

Le choix des médicaments disponibles pour les enfants est plus restreint. Les médecins sont souvent contraints d'utiliser des comprimés pour adultes, de les écraser pour qu'ils puissent être avalés par les enfants, ou de diviser les comprimés (qui ne sont a priori pas faits pour ça) pour leur donner le bon dosage. Il en résulte une prise en charge encore plus difficile.

Les enfants, un marché non solvable

Les enfants pâtissent du manque d'intérêt des laboratoires pharmaceutiques. Dans les pays riches, très peu d'enfants naissent infectés par le VIH, grâce au succès de la prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant. Des formulations pédiatriques ont ainsi été développées pour ces enfants, notamment des sirops, à un prix inabordable pour les pays en développement, ou bien indisponibles dans ces pays où les laboratoires n'ont pas pris la peine de les enregistrer. Là encore, pour ces grands laboratoires, il ne s'agit pas d'un marché solvable.

Pourtant, on estime que 2,5 millions d'enfants vivent avec le VIH/sida dans le monde*. Faute de médicaments appropriés, près de 50 % des enfants nés séropositifs décèdent avant l'âge de deux ans.

* Chiffres 2003

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