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Faute d'un test de dépistage efficace, plus de la moitié des malades ne sont pas soignés

Sans un test de dépistage rapide et simple d'utilisation pour la tuberculose, le personnel soignant dans les pays en développement va continuer de passer à côté de près de la moitié des malades. Pour Médecins Sans Frontières, cela mine tous les efforts de prise en charge du plus grand nombre de malades possible.

"Je n'en peux plus de voir mes patients mourir de la tuberculose, explique le docteur Martha Bedelu, médecin MSF en Afrique du sud. J'ai l'impression de pratiquer la médecine avec les deux mains attachées dans le dos. Et comme je dois utiliser un test diagnostique du 19ème siècle qui donne un résultat erroné dans plus de la moitié des cas, c'est comme si j'avais aussi les yeux bandés".

Un test diagnostique obsolète
Le diagnostic de la tuberculose dans les pays en développement repose sur l'examen microscopique des crachats, une méthode mise au point il y a 123 ans. Ce test ne permet de détecter le bacille de la tuberculose que chez 45 à 60% des malades. Et il est encore moins efficace pour les patients co-infectés par le sida, soit 30% des 40 millions de séropositifs. "A l'heure de la pandémie de sida, quand on sait que la tuberculose est la première cause de mortalité chez les personnes infectées par le VIH, c'est intenable, s'alarme Martha Bedelu. Autre lacune de ce test, il ne marche pas chez les enfants."
Examen au microscope
Le diagnostic de la tuberculose dans les pays en développement repose sur l'examen microscopique des crachats, une méthode mise au point il y a 123 ans. Ce test ne permet de détecter le bacille de la tuberculose que chez 45 à 60% des malades.

Près de 9 millions de personnes développent la tuberculose chaque année. La grande majorité d'entre elles vivent dans les pays en développement où surviennent 99% des décès et où se trouvent 90% des personnes infectées par le virus du sida. Et pourtant, la plupart des tentatives actuelles pour mettre au point un nouveau diagnostic se concentrent sur les marchés plus lucratifs que représentent les pays occidentaux.

A MSF, nous participons au développement de nouveaux outils diagnostiques en évaluant si leur utilisation est possible ou non dans nos programmes. "Il nous faut un test diagnostique comparable à celui que nos équipes utilisent aujourd'hui pour le paludisme : un test simple à utiliser, qui donne rapidement le résultat et peut être utilisé par n'importe quel technicien de laboratoire ou personnel soignant, sans avoir besoin d'un laboratoire. Mais nous craignons que les recherches actuelles ne s'orientent pas vers cela", déplore le docteur Francine Matthys, de la Campagne d'accès aux médicaments essentiels de MSF.

Pour une recherche adaptée aux besoins des pays pauvres
"La recherche doit se pencher sur l'exploration de nouvelles méthodes diagnostiques, ajoute le Dr Matthys. Il est nécessaire de soutenir la recherche et le développement visant à simplifier et réduire le coût des diagnostics existants, mais aussi de travailler sur des méthodes plus rapides, plus simples, mieux adaptées à des contextes précaires." Nos équipes travaillent étroitement avec des experts dans cet objectif.

MSF renforce ses équipements de laboratoire, en développant les moyens de microscopie, en introduisant une méthode diagnostique et de suivi des traitements basée sur la culture du bacille de la tuberculose, les antibiogrammes (pour détecter les éventuelles résistances) ainsi que l'utilisation de radiologie et la formation du personnel. "Mais plus longue sera la mise au point d'un outil réellement utile et simple d'utilisation, plus grand sera le nombre de malades qui mourront sans soins", conclut Francine Matthys.

Photo de Une: © Alexander Glyadelov

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