Birmanie : une population traumatisée

Aux besoins matériels urgents s'ajoute pour une partie de la population une demande d'aide psychologique
Aux besoins matériels urgents s'ajoute, pour une partie de la population, une demande d'aide psychologique ©Michel Peremans/MSF

Si un renfort massif des aides d'urgence (nourriture-abris-eau) reste la priorité en Birmanie, une partie de la population victime du cyclone Nargis, souffre aussi de traumatisme psychologique. MSF a intégré un volet psychosocial à la réponse d'urgence dans le delta de l'Irrawaddy.

Certaines des communautés les plus touchées continuent à demander de l'aide, mais d'autres n'arrivent pas à imaginer comment faire face à la nouvelle situation. "Ma rencontre avec une femme qui ne trouvait plus la volonté de manger ne m'a donné qu'un léger aperçu de la souffrance de milliers de gens dans les zones les plus touchées." raconte Kaz de Jong, spécialiste à MSF de la santé mentale qui revient d'une évaluation dans le delta d'Irrawaddy. "Elle expliquait qu'elle nous remerciait pour la nourriture qui était distribuée mais elle demandait également si nous pouvions aussi lui donner l'envie de manger."

Autre rencontre marquante, celle avec une grand-mère serrant dans ses bras un enfant: "Je suis redevenue mère - toute ma famille a disparu – il n'en reste que deux, ce bébé et moi." a-t-elle expliqué. Les moins touchés utilisent leurs mécanismes d'adaptation naturels; ils s'efforcent de se regrouper pour s'entraider et organiser la communauté. Ceux qui vivent dans les zones qui ont été les plus lourdement touchées vous fixent le regard vide, leurs mécanismes d'adaptation naturels anéantis, dans des communautés éclatées.

"Elle nous remerciait pour la nourriture qui était distribuée mais elle demandait également si nous pouvions aussi lui donner l'envie de manger"
Kaz de Jong, spécialiste à MSF de la santé mentale

La perte de nombreux proches, la destruction de villages entiers, mais aussi la nécessité de retourner sur les lieux de la catastrophe ou encore la vue des cadavres qui remontent à la surface de l’eau sont autant de facteurs de troubles psychologiques. Ils s'expriment sous la forme de léthargie, tristesse ou dépression profonde, anxiété, insomnie, hypertension, palpitations... MSF a intégré un programme psychosocial dans la réponse d'urgence dans les régions de Labutta et Hangyi. Une équipe de professionnels de la santé est chargée de sensibiliser les communautés et de détecter ceux qui ont besoin d'assistance psychologique. Des psychologues birmans (ayant suivi une formation supplémentaire dans le traitement des traumatismes), qui travaillent pour MSF depuis longtemps, se rendent dans le delta.

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