Birmanie : Un mois après le cyclone, l’aide est insuffisante

La zone de Bogaley particulièrement dévastée par le cyclone
La zone de Bogaley, particulièrement dévastée par le cyclone ©MSF

Médecins Sans Frontières a été une des premières organisations de secours à apporter une aide aux victimes du cyclone Nargis, en Birmanie. Un mois après, les équipes arrivent encore sur des sites où les survivants n’ont pas ou très peu reçu d’aide. L’augmentation des activités d’autres acteurs est nécessaire pour répondre aux besoins.

La première équipe MSF est arrivée dans le delta deux jours après la catastrophe, le 5 mai. Progressivement, les équipes ont gagné la partie sud centrale du delta. La situation est différente d’un endroit à l’autre, certains villages isolés attendent encore les secours. Accessibles uniquement à pied ou en bateau, des villages ont été quasiment rayés de la carte et les personnes encore en vie vivent dans des conditions incroyablement difficiles.

Nous espérons sincèrement que les Nations unies et d’autres organisations internationales vont maintenant pouvoir rapidement et très nettement augmenter le niveau d’aide alimentaire et matérielle apportée

Arjan Hehenkamp, directeur des opérations MSF.

Emmanuel Goue, responsable terrain MSF, revient de Setsan, un village situé à cinq heures de bateau au sud de Bogaley. Il décrit une dévastation totale : « Une énorme vague, durant le cyclone, a tout aplati. 90% des maisons ont été détruites. La population est d’environ 21 000 personnes, dont de nombreux enfants et personnes âgées. Ils vivent au milieu de nulle part, dans la vase. Tout a été détruit et ils n’ont reçu aucune aide pendant un mois.»

La réponse est insuffisante La nourriture, les abris et l’eau constituent encore les besoins principaux des sinistrés. L’acheminement d’aliments a été largement insuffisant car les agences spécialisées dans les distributions alimentaires à grande échelle n’ont pas pu mettre en place de système d’approvisionnement adéquat. Les employés birmans MSF ont pu apporté de l’aide à environ 300 000 personnes selon les estimations, ce qui représente une opération importante mais beaucoup reste à faire. « Nous espérons sincèrement que les Nations unies et d’autres organisations internationales vont maintenant pouvoir rapidement et très nettement augmenter le niveau d’aide alimentaire et matérielle apportée. Des dizaines de milliers de personnes ont besoin d’assistance, surtout dans les zones isolées du sud du delta » indique Arjan Hehenkamp, directeur des opérations MSF.

17 000 consultations en un mois Les 36 équipes médicales MSF présentes dans le delta mènent en moyenne 500 consultations par jour. Elles n’ont constaté ni épidémies ni taux alarmants de malnutrition. Durant les deux premières semaines, la moitié des consultations médicales étaient liée au cyclone mais ensuite les équipes ont surtout traité des maladies liées au manque d’aide après le cyclone. Les infections respiratoires et des diarrhées peuvent être causées par l’absence d’abris, lors que de fortes pluies sont tombées en mai, et par le manque d’accès à l’eau potable. Alors que la distribution d’aide se poursuit, MSF va également débuter de nouvelles activités de soins psychologiques. « Dans de nombreux endroits, surtout là où les décès ont été très nombreux, nous constatons que de plus en plus de survivants souffrent de problèmes psychologiques. Certains ne peuvent plus parler, d’autres sont profondément déprimés» explique Alena Koscalova, coordinatrice médicale.

- 300 000 personnes sinistrées ont reçu de l’aide des équipes MSF
- 36 équipes médicales dans le delta de l’Irrawaddy (250 employés birmans, une vingtaine de personnel international)
- 17 000 consultations médicales durant le mois de mai
- 500 tonnes de matériel de secours MSF acheminées en Birmanie
- Composition des rations alimentaires MSF par famille et par jour : 2 kilos de riz, 500 grammes de légumes secs, de l’huile pour cuisiner, du sel.

- Distributions effectuées du 5 mai à début juin par les équipes MSF :
o 1250 tonnes de riz
o 410 tonnes de haricots
o 190 000 litre d’huile de cuisine
o 70 tonnes de poisson en conserve
o 1400 kilos de sel
o 125 000 rations de biscuits énergétiques et d’aliments thérapeutiques
o 120 000 bâches plastiques
o 20 000 moustiquaires
o 48 000 récipients pour l’eau
o 3000 couvertures
o 16 500 savons

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