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Associés pour combattre l'inertie

Les 11 et 12 janvier derniers, MSF a organisé à New York un colloque
sur la tuberculose. « No time to wait » (Plus le temps d'attendre), tel
était l'intitulé de cette manifestation qui a réuni une centaine de
spécialistes du monde entier, dans le but de stimuler la recherche et
le développement (R&D) de nouveaux médicaments efficaces,
essentiels pour contrer cette maladie.

Alors que la tuberculose tue chaque année près de deux millions de personnes, que neuf millions de nouveaux cas sont reportés et que les résistances aux traitements disponibles augmentent de manière alarmante, les outils diagnostiques et les médicaments actuels sont totalement inappropriés pour combattre la tuberculose.

Les traitements utilisés sont trop longs, souvent toxiques, et pas suffisamment efficaces. Selon le Dr Tido Von Shoen-Angerer, directeur de la Campagne d'accès aux médicaments essentiels menée par MSF, « la situation ne fait qu'empirer avec l'augmentation de cas de tuberculose multi et ultra-résistante (respectivement MDR et XDR TB), notamment dans les contextes de forte prévalence du sida ».

Tandis que la tuberculose reste la principale cause de mortalité des patients infectés par le VIH, la récente apparition de centaines de cas de tuberculose ultra-résistante - extrêmement difficile voire parfois impossible à traiter - ajoute en effet à l'urgence de la situation.
La menace de la tuberculose multirésistante
On estime à 450.000, chaque année, le nombre de nouveaux cas de tuberculose multirésistante, particulièrement difficile à soigner.

© Alexander Glyadelov, Géorgie, mars 2006

Face à cette catastrophe sanitaire, les participants à cette conférence ont appelé les Etats, les agences intergouvernementales, les membres de la communauté scientifique, les concepteurs d'outils diagnostiques et thérapeutiques ou encore les organisations non gouvernementales à se mobiliser, en insistant sur un certain nombre de priorités :

Accélérer la recherche de nouveaux médicaments : celle-ci ne pourra se faire sans un accès aux bibliothèques de molécules de l'industrie pharmaceutique. Concrètement, les laboratoires qui ont mis au point des molécules, utilisées pour soigner d'autres pathologies ou bien jamais utilisées, doivent permettre que leur efficacité pour traiter la tuberculose soit étudiée.

Accroître et accélérer la possibilité de mener des essais cliniques : il est urgent d'allouer plus d'argent à ces essais et d'en raccourcir les délais, notamment pour les médicaments destinés à lutter contre les différentes formes de résistance. En ce sens, l'OMS et les organismes de régulation doivent fixer des critères d'usage compassionnel de médicaments en cours de développement (c'est-à-dire leur utilisation pour des patients chez qui tous les traitements déjà disponibles sur le marché ont échoué).

Soutenir de nouvelles approches en termes de R&D : face à la faillite du système actuel, il est impératif d'établir un nouveau cadre global pour la recherche. L'Organisation mondiale de la Santé doit s'impliquer dans la définition des priorités et s'efforcer d'améliorer la collaboration entre scientifiques, industrie pharmaceutique, soignants et communautés de patients.

Augmenter considérablement les financements dans la recherche et le développement de nouveaux médicaments : alors qu'on estime à 900 millions de dollars les investissements nécessaires au développement de nouveaux outils pour combattre la tuberculose, seuls 206 millions de dollars y ont été consacrés en 2005. L'Organisation mondiale de la Santé doit encourager la mise en place de mécanismes de financement.

« Des progrès notables ne pourront s'accomplir sans une augmentation substantielle des financements et sans une réelle volonté politique », a martelé Tido Von Shoen-Angerer. Pour lui, comme pour tous les participants à ce colloque, une stratégie collective est impérative, parce qu'il est urgent d'agir.

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