Des migrants blottis sous des couvertures près de la Halle Pajol, dans le 18ème arrondissement de Paris, le 10 janvier 2017.
Des migrants blottis sous des couvertures près de la Halle Pajol, dans le 18ème arrondissement de Paris, le 10 janvier 2017. © Armelle Loiseau/MSF

Depuis septembre 2015, MSF a rouvert des activités dans le nord de la France pour venir en aide aux réfugiés bloqués à Calais, à Grande-Synthe et sur d'autres sites. MSF a fermé son dernier projet dans le nord après le démantellement de Calais, en octobre 2016, mais contine de surveiller la situation, en appui aux associations locales.
En janvier, des équipes MSF ont traité huit cas proches de l'hypothermie à Paris. Le 7 janvier 2017, MSF a dénoncé les pratiques brutales de la police qui rendent les conditions des migrants et des réfugiés endormis dans le froid encore plus misérables.

 

CALAIS

Le démantèlement de la Jungle – « plus grand bidonville d’Europe » – s'est déroulé entre le 24 et le 27 octobre 2016. 1250 policiers supplémentaires ont été mobilisés, s’ajoutant à une présence policière déjà massive sur le Calaisis. Si à Calais l’afflux de migrants souhaitant se rendre en Grande-Bretagne et construisant des abris temporaires est continu depuis la fin des années 90, l’existence de l’actuelle Jungle remonte à début 2015, lorsque la mairie décide de regrouper les habitants des squats éparpillés sur Calais dans un site unique, en périphérie de la ville. L’objectif de cette dernière action était de démanteler complètement la Jungle et ne plus laisser de camps de migrants se réinstaller. Les pouvoirs publics n'imaginaient probablement pas à l'époque que la Jungle de Calais accueillerait jusqu'à 11 000 personnes en octobre 2016, dont plus de 1000 mineurs isolés.

Le plan du gouvernement, à partir de fin août, est donc d’envoyer les migrants présents sur la Jungle – sur la base du volontariat – vers les CAO (Centres d’Accueil et d’Orientations) répartis sur l'ensemble du territoire national. Ils y seront alors incités à déposer une demande d’asile. Les migrants qui refuseront de partir en CAO et continueront d’errer dans le Calaisis, risqueront rapidement l’expulsion vers le pays d’origine ou le premier pays d’Europe par lequel ils ont transité.

Une équipe MSF était présente à Calais depuis septembre 2015 sur le site de "la Jungle", où vivaient, dans des conditions misérables, des exilés qui ont fui notamment le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan, l'Erythrée. Face au besoin en abris devenu urgent avec l’hiver, MSF a construit et distribué plus de 300 abris en bois.

Malgré le démantèlement de près de la moitié du camp de réfugiés en février 2016, ils étaient encore entre 6000 et 8000 à vivre désormais sur la moitié de la surface du site d'origine. Lors de la destruction et de l'évacuation de la partie sud du camp, le 29 février, MSF avait installé un dispensaire afin de prendre en charge les blessés. Le 1er mars, MSF avait transféré ses activités médicales à l'hôpital de Calais.

Entre novembre 2015 et février 2016 : 8 416 consultations ont été dispensées, dont 25% pour des infections respiratoires et 20% pour des cas de gale. Beaucoup de nos patients étaient âgés de 15-18 ans. 54 consultations pour des cas de "violence non-accidentelle" avaient par ailleurs été assurées.

Au sein de la Jungle, MSF avait intensifié ses actions d’assistance auprès des groupes les plus vulnérables : les femmes, les mineurs non accompagnés et les migrants montrant des signes de troubles psychologiques. Notre intervention se concentrait sur des activités de sensibilisation et des activités de santé mentale grâce au soutien d'un psychologue et d’un psychiatre présents dans le centre médical de la Jungle.  

MSF avait également ouvert un centre d'accueil pour mineurs isolés, en partenariat avec d’autres organisations présentes dans la Jungle, afin d’offrir aux mineurs un soutien psychologique, un accès à des informations d’ordre juridique et des activités éducatives. Selon le dernier recensement, publié le 12 octobre 2016 par France Terre D’Asile, 1291 mineurs étaient présents sur le site.

Le 25 octobre 2016, lors de l'opération de démantèlement complet, nos équipes ont constaté que le tri entre mineurs et majeurs effectué par les services d’état était réalisé de manière expéditive, exclusivement de visu. Les impératifs de gestion des flux ont ainsi pris le pas sur l’attention et la protection individuelle qui devaient être accordées aux mineurs présents sur la jungle.


La Jungle de Calais photographiée le 30 septembre 2015

La Jungle de Calais photographiée le 30 septembre 2015. © Aurélie Baumel/MSF

 

GRANDE-SYNTHE

Le camp du Basroch à Grande-Synthe, près de Dunkerque, comptait en octobre 2015 environ 800 réfugiés. Début janvier 2016, ils étaient 2500 et parmi eux, beaucoup de familles avec de jeunes enfants. Les conditions de vie y étaient indécentes, les réfugiés vivaient dans la boue.

Ce camp ressemblait à la jungle de Calais en pire. Les équipes MSF y ont déployé des activités similaires : remise en état des installations sanitaires, pose de 20 toilettes chimiques supplémentaires, ramassage des ordures.
 

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Les sanitaires du camp du Basroch, à Grande-Synthe, photographiés le 8 janvier 2016, avant que MSF ne construise un camp où les réfugiés peuvent vivre dans des conditions décentes. © Stéphane Roques/MSF


Face à l’inaction des pouvoirs publics, le maire de Grande-Synthe avait sollicité MSF en décembre 2015 pour répondre à l’afflux de migrants et de réfugiés dans sa commune. MSF avait répondu à cette situation d’urgence en apportant des améliorations aux infrastructures sanitaires et en dispensant des soins médicaux dans le camp du Basroch. 

En janvier 2016, les équipes logistiques de MSF ont lancé les travaux d’aménagement d’un nouveau site pour les réfugiés, travaux entièrement pris en charge par MSF. Le déménagement vers ce nouveau site dit de "la Linière" a eu lieu en mars, mené conjointement avec la municipalité qui visait à mettre les réfugiés à l’abri et au sec et à leur offrir des conditions de vie plus acceptables. Dès son ouverture, les activités associatives sur ce nouveau camp étaient coordonnées par l’association UTOPIA 56, mandatée par la mairie.

Le gouvernement français a ensuite accepté de financer le fonctionnement du camp de Grande Synthe et promis 3,9 millions d’euros. La mairie a choisi l’AFEJI (Association des Flandres pour l'Enfance, la Jeunesse et l'Insertion) pour prendre la direction du camp, remplaçant ainsi l’organisation UTOPIA 56. Malgré le financement du camp de Grande Synthe par le gouvernement, MSF continue de surveiller la situation et le changement de direction en cours.
 

MSF espérait que la gestion du camp continuerait de se faire dans le respect des principes convenus avec le maire lorsqu’il a été construit : donner aux gens un espace de vie propre et sec, un accès gratuit aux soins et aux besoins de base tels que l’eau potable, la nourriture et les produits d’hygiène, et créer un environnement sûr et sécurisé tout en permettant aux gens d’y entrer et d’en sortir librement. Malheureusement les restrictions s'accumulent, et les pressions répétées de l'État pour limiter les accès au camp provoquent de fortes tensions et laisse présager d'une volonté d'en finir avec cette initiative locale.

En octobre 2016, la population du camp était d'environ 850 personnes. Elle est passée à plus de 1250 suite au démantèlement de la jungle de Calais. MSF n'y travaille plus depuis septembre dernier mais continue de garder le lien avec la Mairie et les associations locales.

PARIS

En janvier, nos cliniques mobiles ont traité huit cas proches de l'hypothermie liés à l'hiver glacial à Paris. Le 7 janvier 2017, MSF a dénoncé les pratiques brutales de la police qui rendent les conditions des migrants et des réfugiés endormis dans le froid encore plus misérables.

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Une clinique mobile MSF près de la Chapelle, à Paris, le 10 janvier 2017. © Armelle Loiseau/MSF

AUTRES SITES

Suite au démantèlement de la jungle de Calais en octobre 2016, MSF a fermé son dernier projet dans le nord. Nous continuons néanmoins de monitorer la situation et restons en appui pour aider les associations qui œuvrent au quotidien dans l'accueil des réfugiés, comme à Dieppe, Paris, Caen, Roscoff ainsi que sur les mini-sites du Calaisis encore en activité.

Que fait MSF pour les réfugiés en Europe et autour de la Méditerranée ?

Chaque année, la violence et le désespoir poussent des milliers de personnes à risquer leur vie dans un voyage dangereux à travers la mer Méditerranée et au sein de l’Union Européenne. L’ensemble des équipes MSF sont mobilisées pour leur apporter soins et secours en mer, ainsi qu’en Grèce, en Italie, en Serbie, en Slovénie, et en France, et sur l’ensemble des points d’étapes de leur parcours.

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