La Jungle de Calais, photographiée le 30 septembre 2015.
La Jungle de Calais, photographiée le 30 septembre 2015. © Aurélie Baumel/MSF

Depuis septembre 2015, MSF a rouvert des activités dans le nord de la France pour venir en aide aux réfugiés bloqués à Calais et à Grande-Synthe, près de Dunkerque.

CALAIS

Une équipe MSF est présente à Calais depuis le 10 septembre sur le site de "la Jungle", où vivent des exilés qui ont fui notamment le Soudan, la Syrie, l’Afghanistan, l'Erythrée, dans des conditions misérables. Face au besoin en abris devenu urgent avec l’hiver, MSF a commencé en novembre à construire des abris en bois. Plus de 100 abris ont été fournis.

Malgré l'expulsion de près de la moitié du camp de réfugiés en février 2016, ils sont encore environ 5 000 à vivre sur la moitié de la surface du site d'origine. Les autorités françaises ont installé un Centre d'accueil temporaire de 1 500 places dans des conteneurs d'expédition. Mais ce site, cerné par de hautes clôtures, des scanners d'empreintes digitales et des portes métalliques aux entrées et sorties, est très controversé. Familles et enfants peuvent rejoindre le Centre Jules Ferry ; d'autres peuvent rejoindre des centres d'accueil, ailleurs en France, où ils peuvent demander l'asile.

Lors de la destruction et de l'évacuation de la partie sud du camp, le 29 février, MSF a installé un dispensaire afin de prendre en charge les blessés. Le 1er mars, MSF a transféré ses activités médicales à l'hôpital de Calais.
Entre novembre 2015 et février 2016 : 8 416 consultations ont été dispensées, dont 25% pour des infections respiratoires et 20% pour des cas de gale. Beaucoup de nos patients étaient âgés de 15-18 ans. 54 consultations pour des cas de "violence non-accidentelle" ont par ailleurs été assurées.


La Jungle de Calais photographiée le 30 septembre 2015

La Jungle de Calais photographiée le 30 septembre 2015. © Aurélie Baumel/MSF

 

GRANDE-SYNTHE

Le camp du Basroch à Grande-Synthe, près de Dunkerque, comptait en octobre environ 800 réfugiés. Début janvier ils étaient 2500 et parmi eux, beaucoup de familles avec de jeunes enfants. Les conditions de vie y étaient indécentes, les réfugiés vivaient dans la boue.

Ce camp ressemblait à la jungle de Calais en pire. Les équipes MSF y ont déployé des activités similaires : remise en état des installations sanitaires, pose de 20 toilettes chimiques supplémentaires, ramassage des ordures.

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Les sanitaires du camp du Basroch, à Grande-Synthe, photographiés le 8 janvier 2016, avant que MSF ne construise un camp où les réfugiés pourront vivre dans des conditions décentes. © Stéphane Roques/MSF

Face à l’inaction des pouvoirs publics, le maire de Grande-Synthe a sollicité MSF en décembre pour répondre à l’afflux de migrants et de réfugiés dans sa commune. MSF a répondu à cette situation d’urgence en apportant des améliorations aux infrastructures sanitaires et en dispensant des soins médicaux dans le camp du Basroch. 

En janvier, les équipes logistiques de MSF ont lancé les travaux d’aménagement d’un nouveau site pour les réfugiés, travaux entièrement pris en charge par MSF. Le déménagement vers ce nouveau site dit de "la Linière" a commencé le lundi 7 mars et s'est terminé le 9 mars. Cette opération menée conjointement avec la municipalité visait à mettre les réfugiés à l’abri et au sec et à leur offrir des conditions de vie plus acceptables.

Ce camp n'est pas géré par MSF mais par l’association UTOPIA 56, mandatée par la mairie. Les associations locales et internationales qui ont fourni pendant des mois aide et assistance sur le camp de Basroch continuent à intervenir sur le nouveau site (distribution de nourriture, biens essentiels etc.). Elles participent en outre à l’amélioration de son aménagement, via la construction de structures communautaires (écoles, cuisines etc.).
MSF se concentre désormais sur les activités médicales et le suivi des personnes vulnérables. Sur ce nouveau site, MSF donne des consultations, des soins infirmiers et des soins de santé mentale dans des salles aménagées dans un bâtiment dédié, en partenariat avec Médecins Du Monde, Gynécologues Sans Frontières et la Croix Rouge Française.

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