Contexte

Qu’elles cherchent à échapper aux conflits – nouveaux ou anciens – ou qu’elles soient en quête d’une vie meilleure que celle qui les attend dans leur propre pays, plus d’1 million de personnes ont traversé la mer pour gagner l’Europe en 2015. La plupart ont traversé la mer Égée : plus de 850000 personnes ont rejoint les îles grecques et 805 ont péri.

Sur la même période, la traversée de la Méditerranée entre la Libye et l’Italie reste la frontière la plus dangereuse du monde. En 2015, au moins 2 892 personnes ont péri dans les eaux qui séparent l’Italie de la Libye tandis que plus de 150 000 autres ont gagné le sol italien. Les politiques européennes ont considérablement aggravé la crise des réfugiés : avec la fermeture des frontières terrestres, les réfugiés se retrouvent aux mains des passeurs et embarqués sur les mers Égée et Méditerranée à bord de bateaux surpeuplés qui prennent l’eau. Pour l’heure, les capacités d’accueil et d’aide restent largement insuffisantes le long des itinéraires empruntés.

Les principaux problèmes de santé des populations de migrants sont :

  • Les infections virales saisonnières et blessures ou traumatismes liés aux conditions de voyage éprouvantes.
  • Les maladies chroniques, notamment au sein de la population du Moyen-Orient : hypertension, diabète, maladies cardiovasculaires et asthme.
  • De légers risques de maladies infectieuses, mais la vaccination de routine peut ne pas être disponible dans certains pays en raison de systèmes de protection vaccinale (PEV) insuffisants ou d’interruption due aux conflits.
  • Des invalidités temporaires ou handicaps durables, parfois liés à la guerre ou aux violences dans les pays d’origine, mais pas systématiquement.
  • Un besoin criant de soutien psychologique.
     

Début 2016, la situation peut être résumée par la volonté de :

  • Maintenir les réfugiés syriens dans les 3 pays voisins (Turquie/Liban/Jordanie) par le biais de financements destinés à améliorer/accroître la capacité des camps de réfugiés.
  • Maintenir les réfugiés qui entrent en Europe aux frontières externes (Italie/Grèce) par la mise en place de «hot-spots », où tous les réfugiés/migrants sont identifiés, enregistrés et autorisés ou non à poursuivre leur voyage conformément aux quotas définis par les différents pays européens.
  • Décourager les populations d’entrer au Royaume-Uni, destination pour nombre de réfugiés/migrants, et démanteler la plupart des campements de réfugiés/migrants.
     

Le 18 mars 2016, la Commission européenne a signé un accord avec la Turquie, supposé protéger les frontières externes de l’Union européenne, endiguer les flux, réduire les migrations illégales et protéger l’intégrité de l’espace Schengen, en organisant la réinstallation des réfugiés syriens venant de Turquie sur la base d’un réfugié accepté en Europe (sur une capacité d’accueil totale de 72 000) pour un réfugié renvoyé en Turquie parmi ceux qui ne répondent pas aux critères de demande d’asile. Après le 20 mars, tous les hot-spots de Grèce sont devenus de facto des sites fermés aux nouveaux arrivants. Les États membres ont également été invités à accélérer la relocalisation des demandeurs d’asile de Grèce et d’Italie, selon les décisions du Conseil de septembre 2015. L’avenir pour 2016 est plus qu’incertain et assurément défavorable.

Projets

PROJET CALAIS

À Calais, « la Jungle » est le terme utilisé pour désigner les camps de migrants et de réfugiés installés depuis début 2000 à Calais, Coquelles et Sangatte, à proximité de la zone portuaire et du Tunnel sous la Manche qui relie la France au Royaume-Uni. Depuis plusieurs années, les migrants cherchent à rejoindre le Royaume-Uni à bord des camions qui empruntent le Tunnel.

Au début de l'année 2016, environ 6 000 réfugiés et migrants vivent à Calais sur le site de la Jungle, dans des conditions désespérées, en dépit des efforts des organisations caritatives et des initiatives d’aide locales.

Depuis octobre 2015, l’équipe médicale de MSF dispense des consultations médicales, psychologiques et des sessions de physiothérapie dans une clinique mise en place par MSF sur le site. En moyenne, 110 actes médicaux sont effectués chaque jour.

Les équipes de MSF ont également augmenté le nombre de toilettes, de douches et mis en place un système de gestion des déchets dans les principales zones du camp (en moyenne 120 tonnes évacuées par semaine). Elles ont en outre pris en charge la production et l’installation de 150 abris en bois permettant d’offrir de meilleures conditions de vie aux populations les plus vulnérables pendant l’hiver.

PROJET GRANDE SYNTHE

En décembre 2015, l’équipe de MSF a été contactée par le maire de Grande-Synthe (près de Dunkerque) pour proposer une solution de transfert du camp de Basroch qui avait vu sa population multipliée par 25 en quelques semaines seulement, à la suite du renforcement des restrictions de sécurité pour mettre fin aux passages illicites vers le Royaume-Uni.

Ce camp a symbolisé en quelque sorte les conséquences désastreuses de la politique gouvernementale à l’égard des migrants et des réfugiés. MSF  s’est engagée à mettre en place un nouveau camp afin d’améliorer les conditions de vie et de procurer des abris pour les familles, de plus en plus nombreuses sur le site. En 2015, 800 consultations médicales ont été effectuées sur le camp de Grande-Synthe.

En 2016, MSF poursuit ses  activités  médicales  avec des consultations médicales, des consultations de santé mentale, la vaccination contre la rougeole et le suivi des violences. Les activités relatives aux abris, à l’eau et à l’assainissement se poursuivront conformément aux besoins et à l’évolution de la population des différents camps.

Une attention spécifique doit être apportée aux actions juridiques et à la protection, notamment pour les mineurs isolés.