En bref

Face aux difficultés de trouver à Paris des soins psychologiques pour certains patients demandeurs d'asile, MSF y a créé, début 2007, le Centre d'Ecoute et de Soins. Ce programme propose des soins médico-psychologiques ainsi qu'un accompagnement social pour les plus précarisés, principalement des personnes sans titre de séjour, non francophones et souvent sans domicile fixe.

Plus généralement, la « Mission France » reste en alerte face aux difficultés d'accès aux soins que peuvent rencontrer les personnes en situation irrégulière et autres catégories de personnes exclues du système de santé en France. Des projets ont été ouverts dans ce sens à Mayotte et à Paris.

Dépenses 2010 : 1 329 000 €
Financements : 100 % privés
Équipe : 17 internationaux

Contexte

La situation pour les migrants - notamment pour les demandeurs d'asile en France comme en Europe - ne cesse de se dégrader. La précarité de ces populations s'accentue en raison de la détérioration des conditions d'accueil. De nombreux demandeurs d'asile n'obtiennent pas de titre de séjour en raison de l'application du règlement Dublin II (la demande d'asile devant être faite dans le premier pays européen traversé), ou parce qu'ils sont déboutés de leur demande d'asile. Cette absence de statut administratif et ses conséquences sociales - pas de résidence, pas d'accès à certains droits sociaux - génèrent de véritables difficultés pour accéder aux soins, surtout aux services d'aide psychologique français, saturés et insuffisants.

Par ailleurs, une réforme de l'Aide Médicale d'Etat fin 2010 ainsi qu'une modification du droit au séjour pour étrangers malades début 2011 restreignent considérablement la possibilité pour les étrangers malades de se faire soigner en France. La remise en cause de ces deux dispositifs est un véritable enjeu politique en 2011.

Projets

 Le Centre d'écoute et de soins à Paris

L'équipe du centre accueille, oriente et prend en charge sur le plan médico-psychologique des personnes en souffrance, venues chercher asile et protection en France. La plupart ont fui une zone de conflit ou des violences politiques. Parmi la population - Afghans, Tchétchènes, Guinéens, etc.- communément appelé « réfugiée », le programme cible plus particulièrement les personnes sans titre de séjour et non francophones. Les patients cumulent une histoire personnelle éprouvante, faite le plus souvent de traumatismes répétés, dont ceux de l'exil. Le niveau d'anxiété est extrêmement élevé, 40% des patients évoquant des idées suicidaires lors de leur admission dans le programme.

Consultations médicales pour les exilés à Paris

Depuis fin 2009, MSF a ouvert une consultation médicale principalement destinée à la population des exilés du 10ème arrondissement. 1 781 consultations ont été effectuées pour environ 400 patients différents (plus de 90% d'Afghans). Parmi eux, 18% étaient mineurs. La très grande majorité des patients reçus dans les consultations médicales dort dans la rue ou dans des hébergements précaires.

MSF a également mis en place une permanence médicale dans des lieux d'hébergement temporaire d'urgence d'Emmaüs. Suite à des évaluations effectuées en septembre et octobre 2010 dans trois grandes villes françaises, MSF a mis en place une équipe médicale mobile sur Paris à disposition des acteurs de l'hébergement d'urgence, comme Emmaüs.

Mayotte

En mai 2009, MSF a ouvert un centre de santé dans le quartier de Kaweni, bidonville de la ville de Mamoudzou, chef lieu de Mayotte, afin d'apporter des soins gratuits à une population précaire, sans titre de séjour ou en attente de régularisation. Si les obstacles pour se faire soigner existent, le problème principal à Mayotte est un problème d'accès aux droits, raison pour laquelle MSF a finalement décidé de mettre un terme à ce programme.

Durant les 16 mois d'activité, deux obstacles à l'accès aux soins ont été observés. Le premier est la peur d'aller se faire soigner par crainte de se faire arrêter et expulser. Pourtant, parmi nos 7.500 patients, beaucoup sont nés sur l'île (46%) ou y vivent depuis plus de 10 ans (30 %) mais doivent le prouver. Le second obstacle est financier. Les personnes sans couverture médicale (92% des patients reçus) doivent payer un minimum de 10 euros pour une consultation dans un centre de santé ou à l'hôpital.